L'affreux réveil
Vous ne l’aviez que trop prévu, monsieur j «GUS touchons au-moment de notre ruine , si le« ■gardes nationaux ne rentrent enfin en eux-mêmes, pour se souvenir qu’iis sont citoyens , et si le peuple ne retrouve son. énergie du 14 juillet.
Les ennemis dè'îa 'révolution ont levé le masque., ils se croient sûrs de leur triomphe , ils parlent en vainqueurs. .Jugez-en A ce discours ténmhiér soir à une tablé où quelques royalistes , éili^agésj faisoient qci^ttôr une insolente joie. Je tefuserois de le croire, si' je ne l’a vois oui de Aies deux oreilles' r u Grâces au ciel , les choses vont rentrer dàns rordre , ou lé sang coulera à grands flots. Maismous sommes bons, nous ovoulons l’épargner. S’il y a moyen ; nous ca*- >> pitulerons : voici notre plan Nous offrons
'àé pâyêr toutes les dettes de l’état. Les fonds ^ de deux milliards soni: faits en Hollande et en ^Anglètèrre ; ceux dé deux autres milliards cinqqehî^riiillions ., seront faits sous six mois. Nous ^dèhiahdons en retour , que les choses soient re- ‘inikes sur le pied où elles étoient à l’ouverture 'des états générauxl II' ne seraplu.s question d’as* seriiblée nationale roi , chef absolu de la
InîfidnV' èn sera le législateur suprême: la no- Jilesse sera réintégrée dans ses privilèges IC clergé' rentre ra dans ses biems , les parleniens baerorit rapellés , la finance sera maintenue , k
gotivertî^merir <sôrngera les abuf , et le peuple a^sembiéac provÎMciaîss.
Une amnistie pléniere sera publiée d^s tout le royaume , mais orn tioiis iivrcfa six têtes du côté gauche, et t«us les écrivains incendiaires, V.orlà , messieurs , la médaille : en voici, le revers. Si vous refusez, trois cents mille hommçss prêtâàentrer en campagne' ^ nous feront raison de vous : ils vous asserviront et riveront vos fers ^ c’est le droit de la guère. , c’est le droit du vaini|ueui% S.ignéiUn membre du club des Jacobins,
^ A l’Auteur. ^
i Du 31 Août 1790,
J’étois assis hier soir aux Thuilleries ,, fbit proches de deux nouvellistes qui s’entretenoienc 'des mènées atroces des ofliciers de la garnison de Nanci , de 'raÆeuse démence du comité militaire^ de l’aveugle fureur de l’assemblée nationale ,• et j’entendis très-distinctement l’un d’eux X\ui. ékoit : Mon ami î La fusée est prête à q sedevider ; vous entendrez dire sous quinze jours , que Necker et la .Tour-du-Pin , cej f> deux coquins .fieifés , out pris la fuite pour o'alier à Metz , où Souillé Içs attend. — Cela Ÿi estr)i croyable ? Üh î très- croyable , et je puis, vous dire e-ntre nous que je tiens cette >) nouvelle du général » Un grouppe qui se formoir k quelques pas , attira mes nouvellistes , et je restai sur ma ohaisc' à réfléchir tristement sur notre cruelle position. J>e me appellerai ay ;c douleur qu’il y a Ipngtemp que vous nous annoncez cet événement çornm-e inévitable , de jïîênis que tn fugue de la famille royale. Je le éens trop, monsieur , nos ministres nouséchâp-
peront : l’orage teirible qui le prépare en Lop» raine , doit amener leur chute nécessairement: ruais je ne saurois me fi|^urer , que le général j futé et dissimulé comme d l’est, pu f^^ire cettç confidence et commettre une pareille indisçref tioa ; car Ü n’ignore pas qu’il nous 'répon-c droit sur sà tête et de la fuite de la famille royale et de celle des ministres. Dieu le préserve de nous trahir, la garde nationale peut bien somemillerjencorq quelques momen'*, quoiqu’un^ très-grande partie ait déjà commencé à se réveiller. Mais à l’instant où elle ouvrira les yeux ^ c’en est fait de lui , à moins qu’il n’eut déjà cherché son salut dans la fuite.
Quoiqu’il en soit : le tbn affirmatif avec le-^ quel cette nouvelle fut donnée , m’impo.sa, l’qblition de* vous la faire passer : je croiroîs mériter de sanglans reproches si j’âvois négligé uneseulie fois d’engager les citoyens à se tenir sur leur garde.
Signe A. B. .s Citoyens district des Préniontrés. i '
Ces nouvelles n’étoient que les 'avans^cptiiù reurs de l’horribles catastrophés : en voici le, prélude. - y
•Dans la séance d’hier on a donné de
eetre lettre du ministre de la gqerte.
Je crois n*avoir rien k ajouter à la lettre de M. de.Bouiî'lë, sur les^- circorîsfanccs malheureureupcs de la rébclHon la çarmr.on de Nanç)^; j.e desîre pour le saUît de la patrie J Je bî’^ÎTé^rœiix poUrque l’arseOTblé veuille adopté! les dtwosition de çe commandant^ liQ Tartufie î
TslI i’iionneur de vons informer que îe régiment de Château-yieux persiste dans «on insufe-ordination ; qu’il s’est porté aux derniers excès ; que les réginiens du poi et de Mestre-de-Canlp se sont réunis à lui.
' Une partie des gardes nationales et du peuple s’y est jpinte, l’autre partie des citoyens est menacée des plus cruelles catastrophes.' La municipaiité et le directoire se
trouvent dans la p us triste rituation ; leshabitans courent }3 cam::agne et portent '’a arme par- tout; hier la garnison a pris les les ^ armes; M. de Maiseigne apris |a .fuite, ii a été |'our-uivi par cent cavaliers, de Mestrede-Camp ; ^es c?*rablpiers de Lunéville sont venus à son secours , le combat s’est engagé , un grand nombre a été tue, le. reste est dans es prisops d^ Lunéville M. de ‘Noue , commandant de (a place a é^é -aiâ par les rebelles et jvtté dans mn caciîot; un aide-de-camp de M. de la Fayette a ?ubi le même sort. Demain toutes les gardes nationales et les forces du département seront rassem- .blées au nombre de quinfe mill« honîmer- , 28 pièces de canons ; Remploierai tous les moyens possibles pour rctab ir le calme et la tranquilité, épargner îe sang. Je .crains que la municipalité de Nancy ne sc refuse à ses dispositions ; je croirois qu’il serait à propos que je fusse accompagné de deux dé^ utés de l’assemblée.
'Extrait du procès-verbal des officiers muni-
Du dimanche 29, quatre heures du matin*
Nous sommes dans la position la plus cruelle : nous n’ignorons poiat lès dangers qui menacent nos têtes ; mais semblables aux vieillards du capitole nous sommes
ppé^iplus de rérir dans nos chaires curialesXîans ce moment toute la garnison de Nancy, au nombre de plus de trois
La lecture de ces pièces' a'ëté Faite par'lé sieur ’Ëmery,
qui a conclu par un projet de décret tendant’’ à appfê^vêr
3a conduite du sieur Bouille , à s’en rapporter aux mesures qu’i! a prises , et à supplier le roi de donner de nouveaux ordres pour le jassembleinent des forces et la réduction des rcgiuiéns rebelles.
Un députe a fait un long discours pour disculper la municipalité de Nancy.
Riquetti faine a observe que f opinant s’écartoît e-ntîerement de la question ; qiie cette municipalité n’avoit point été inculpée, et qu’il faîioit revenir à la motion qui avoit été faite - d’entendre les députés de la garde nationale de Nancy.
L’opinion mise aux voix a été adoptée unanînsement; ils ont été entendus. Ils exposent dans leurs discours toutes les menées sonrdes ; toutes ïcs trames que fon a ourdies pour soulever les soldats , la sévérité avec laquelle on les a traités, les fauy rapports qui ont été présentés à l’assemblée pour suspendre le décret rigoureux rendu contre la garnison. La eonduîts dure et impérieuse de foffiieer général qui, aulieu d’employer les V-oies de" de conciliation , n*a use que de plüs grande sévérité traitant les soldats de brigands ; ils ont conclu enfin que la douceur et la modération pourroient encore rétablir la tranquillité et la paix. . ;
Le comité militaire , sur fexposàdes faits , a proposé lô projet suivant :
» L’assemblée nationale, après avoir entendu la lecture de la lettre de M, Bouilié , et le rapport de son comité militaire , déclare que sa confiance est eritiere dans la sagesse des mesures prises par le roi , pour réduire la garnisou de Nanci.
Qu’elle approüvera la conduite de M. de Bouille , dans tout ce qui sera fait conformément aux décrets du 6 et du *i 6 août.
Que toutes personnes qui se joindront aux rebellf "' , se- ;ront poursuivies comme eux par le mini; tere publie et la force réduits par.
Que le roi sera supplié d’ordonner aux corps administratifs de concourir, avec Mvde- Bouilié, àu rétabîisseaientde 1 ordre public ».
Le projet a été combattu par MM. Biauzat, Gouttes., ^oberspierre et Barnavç ; iisont proposé d’empioyer les .voies dojiçeur; ayant de recourir à la force ; et il a été décrété, « Qu’il 'séroit dressé une ptocîamation , laquelle » portée par deux commissaires , ser.oit publiée aux régi-.
î» mens rcbrltês, et s'I’ s persisto’-'nt., aVfS le gen/raî dé- » pioicroit contre eux toutes f rccs de la nation »,
Adresse aux François.
La vailà donc arrivée cette horrible catastrophe que je vous ai présagée depuis fi longtemps, suite inévitable de votre imprévoyance et de^otre aveugle sécurité; les voilà donc ces ennemis atroces de votre liberté , votre repos, votre bonheur ^ parveni^s , à force de ruses, de mensonges , dbmpostures , de. perfidies , d’atrocités, à soulever les citoyens contre les citoyens ,, à mettre aox prises^ entr’eu^, les soldats de la patrie, et pousser ses enfans à s’entregorger.
Où courez - vous téméraires , réprimez vot transports insensés, et jettez un instant- les yeux sur Tabyme que vos infidèles mandataires ont creusé sous vos pas, J’abyme où ils vont vous précipiter; barbares, ces hommes que vous allez massacrer sont vos freres , ils sont innocens , ils sont opprimés. Ce que vous avez fait le juillet, ils Tefontaujourd'hui ,r1ss*opp(SCntàleurs oppresseurs; les punirez vous de suivre voire •exemple , et de repousser leurs tyrans.
Non', rien n’égale les forfaits de la municipalité, du commandant, et des officiers de la l^arnisoB de -Nanci, si çe n’est l’aveuglè fureut du comité militaire , qui a fabriqué les horribles décrets , et la légèreté de l’assemblée nationale qui les a lancés , sur la parole de quelques ^délateurs flétris , -sans vouloir écouter les plaintes des naalheureux opprimés , sahs songer à véri-' lier les faits ; actes multipliés de démence qui les ont mis sous le fer des assasins ; des acte>? de démence ? Ahî dites 'plutôt des actes de, scélcrares'se , dignes du dernier supplice, puis- ^uuls ne peuvent pas être punis; des petites
(?) .. . , .maisons; car^ les réclamations de ees infortunés ont été adressées au iégisiateur. Quelques fideies omteuis les ont fait entendre, et les députés de ÎN^anci ne viennent-iîs pas de dévoiler a ses yc.^x les honteuses trames ourdies par les ofhciers , pour soulever le^ soldats; la dûreté avec laquelle les a traités le commandant, les injustices qu’îb ©nt souffertes , le^ faux rapports qui ont été feits et aux comités et à rassemblée', pour en arracher les funestes décrets i mais aulieu de revenir sur ses pas, de recônnoître son erreur, de révoquer ses arrêts, et de poursuivre le châtiment des chefs indignes de commander, elle abandonne barbareraent lés subalternes au pouvoir exécutifs, et se déclare approbatrice de tous les assassinats des satellites affidés de la cour.
Juste ciel î tous mes sens se révoltent, ét Tindignation serre mon cœur. Lâches citoyens 1 v,errez“VOus dorx en ?silence accabler vos frerès ? Resterez-vous donc immobiles , quand des légions d’assassins vont les égorger. Oui , les soldats de fa garnison de Nancî sont innocens ; ils sont Opprimés, ils résistent à la tyrannie; ils en ont le droit, leurs chefs sont seuls. coupables, c’est sureuxqué doivent tomber vos coupç : l’assemblée natîcmale elle-même, par le vice de sa composition , par la . dépravation de la piü^ grande partie de ses membres, paf les décrets injustes^ v'exatoires et tyranniques qu’on lui arrache journellement , ne mérite piùs Votre confiance.
Citoyens trop confians ! Apprenez donc' enfin â connoîtxe ces prétendus peres de la patrie, devant lesquels vous fléchissez le genouil , et que vos égards soient réglés surieur démérite. Voici ieur^ comités dé constitution,' des finances, dés
rapports * des reçkerclies ; leurs, comités militaire et diplomatique se prostituer au prince , et lui vendre les droits et les intérêts de la nation , la liberté, l’honneur et la vie 'même des citoyens.
Et l’auguste assemblée ( a une qi)inz, aine de patriotes près , et à une centaine d’hommes honnêtes. ) qu’est-elle , qu’un assemblage hideux d’hommes de boue , de prélats hypocrites et irhpudiquesjdè courtisans menteurs , dissipateurs^ ^ insolens et rampans^, de jugèurs ignares , iniques et assassins ; de praticiens vils etfrippons? Qu’es-t elle , qu’une bande d’etiaemis de la révoiiitioh , de conjurés, de traîtres et conspirateurs ? Ce sont tes misérables ennemis de la liberté, par état,jpa'r principes , que vous avez la s’tupidité de regarder comme les représentans de la nation dont ils sont des mortels ennemis. Ce sont ces hommes qüé vous regardez comme le législateur, et dont vous .avez la folie de respecter les décrets.
. Ah] Foulez , foulez aux pieds ceux qu’ils vieh-^ tient de lancer pour allumer la guerre civile : invitez, sans délai , les provinces à nommer d’autçes députes ^ qu’ils soient dignes de leur , confiance'; instariez-Ies d'ans le sénat , et cîiâssez-en avec ignominie ceux qui en. s.ouîlleht âctuctîem<înt les sièges. Mais ayant iout'é Volez ' au seêdür's de vos freres ; dessillez les yeux aux jsdîdâts cîtbyens^;
rimprimerie de Marat,