‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 121 sur 149 · Nivellement local, supra p · texte numérisé non relu

Nivellement local, supra p

Ingersoll M-3 (fig. 97). L’épaisseur des alluvions rencontrées dans le lit est très faible, de l’ordre de 1 m. ; sous cette couche de sable et de galets, le lit est formé par un calcaire crayeux miocène, compact dans sa masse, mais légèrement altéré et fissuré jusqu’à une dizaine de mètres de profondeur ; plus bas, cette roche est saine ; ses fissures pourraient être facilement colmatées par injection de lait de ciment. A partir de 25 m., le calcaire devient bitumineux et rend le bassin de retenue étanche à toute fuite.

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F1G. 98. — Coupe des sondages de l'Afrine à Bassout.

Les fondations du barrage devraient donc être descendues à 10 m. de profondeur, les fissures plus profondes devant être colmatées jusqu’au niveau bitumineux.

Barrage de Bassout.

Le deuxième bief reconnu s’étend entre le pont métallique et le village de Bassout ; c’est une vallée resserrée entre les derniers plateaux miocènes du Kurd Dagh et le massif éocène du Djebel Semâne (infra planche HT, 1). La création d’un barrage à la sortie de ce défilé permettrait de transformer la vallée en un bassin de retenue de 62 millions de m3, couvrant

Altitudes

une superficie de 945 ha. Le barrage aurait 32 m. de hauteur, son développement en crête, 240 m., et la limite du remous s’étendrait jusqu’au droit du pont, dont le tablier resterait à 7 m. 70 au-dessus du plan d’eau.

Les sondages effectués ont permis de reconnaître une épaisseur variable de 3 à 10 m. d’alluvions (sable et galets) recouvrant un calcaire crayeux blane, compact, avec des zones de fissuration entre 23 et 34 m. Les fondations de l'ouvrage devront descendre done à 10 ou 12 m. avec des injections de ciment allant jusqu’à 30 m., pour colmater toutes les fissures. Cependant, suivant l’avis de M. L. Dubertret, une prospection géologique complémentaire reste nécessaire ici pour déterminer la position exacte d’une ligne de faille, reconnue à la limite du miocène et de l’éocène et fixer la position définitive du barrage projeté.

DurÉE D'ENGRAVEMENT DES BASSINS DE RETENUE.

Les bassins de retenue, créés pour emmagasiner l’eau en hiver et la restituer lors des irrigations, constituent des lacs artificiels, susceptibles d’être comblés par les matériaux charriés (arrêt des galets roulés, décantation des sédiments suspendus). La plaine d’alluvions qui a remplacé la retenue du barragewle Kasr-el-Her, au voisinage de Palmyre (enfra, planche IV, 1, 2 et 3), indique le sort qui serait réservé de tels ouvrages s’ils ne sont pas méthodiquement entretenus.

Quelle sera leur durée d’engravement ?

La durée d’un réservoir est en général d'autant plus grande que sa carac-

AIM J téristique Ne) est plus grande,

J désignant sa capacité totale, XQ, le débit annuel de la rivière.

Or, à Midanki, on a J = 40 X 106m3, 2Q — 173 X 105m3, d’où : e —0251; et à Bassout, J — 62 X 106m8, °Q — 256 X 108m3, d’où: S — 10,242

Ces caractéristiques paraissent suffisantes et permettent déjà de prévoir une durée assez longue.

En désignant par s la quantité moyenne de limon en suspension, rap-

? e S À portée au débit annuel de l’Afrine : s — <= (teneur moyenne en sédiments) et par g la quantité moyenne des matériaux roulés par m? de débit :

g = 5Q (teneur moyenne en graviers),

le volume total des alluvions charriées en suspension ou par roulement sera représenté par M = Y (s + g) Q, et le temps nécessaire au remplissage du réservoir sera fourni par la relation

LE Ms QT

Or, si l’on rappelle les résultats obtenus dans l’étude du débit solide de l’Afrine (supra p. 187 et p. 201) :

— 88.400 m°, G — 23.800, à Midanki, — 90.000 m°, G — 25.700, à Bassout,

(Max SINGER)

Un n

et

on peut en déduire que la durée du réservoir de Midanki s’élèverait à T = 373 + E années (E — erreur commise), et celle de Bassout à T = 518+ E années.

Ces résultats restent approchés au même titre que les hypothèses ayant servi à les établir ; pour obtenir plus de précision, il faudrait poursuivre plus méthodiquement qu’on n’a pu le faire, l’étude longue et délicate du débit solide. Les déterminations de sédiments en suspension doivent être multiphées ; les transports de graviers, étudiés suivant la méthode du Laboratoire de Zurich, nécessitent l'examen de la granulométrie, dans de nombreux profils ; et les résultats obtenus méritent d’être confirmés par lobservation méthodique du delta de l’Afrine.

Cependant, même en réduisant de moitié les chiffres précédents, la durée des ouvrages projetés paraît suflisante pour encourager à leur création À,

Remarquons d’ailleurs que l’on pourrait ralentir cet engravement, en établissant, en amont des biefs de retenue et dans les ravins affluents, de petits barrages de colmatage où les eaux se décanteraient partiellement avant d'arriver aux réservoirs ; ou, mieux encore, en procédant à des chasses annuelles prolongées qui évacuent directement les premières crues, les plus chargées, et en constituant les réserves le plus tard possible (février, mars et avril) : les alluvions déposées chaque année resteront abondantes, mais les crues de l’année suivante les emporteront ; et ainsi, l’on arriverait peut-être finalement à un certain équilibre des fonds envasés, et en tous cas, on rendrait le comblement beaucoup plus tardif ?.

1. Le barrage de Quinson sur le Verdon, comblé en 5 ans (1869-1874), avait une caraetéristique égale à 0,002 (J — 31 millions de m%, Q — 18 m*/s.). Voir supra p. 195.

En Syrie, la caractéristique du nouveau barrage établi sur le lac de Homs est de 0,50 environ (J — 200 millions de m°, Q = 13 m/s.).

En Algérie, le grand-pouvoir charriant des cours d'eau a conduit à adopter, au barrage de l'Oued Fodda, une caractéristique assez élevée et égale à 3 environ.

2. Rappelons que M. Luceox estime à 120 ans la durée d'existence du réservoir de Génissiat, projeté sur le Rhône (50 millions de mi.

Sur l'Euphrate, la création d'une retenue de 1.450 millions de m, par un barrage de

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