LES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Dans le cadre défini par le relief et la géologie du bassin versant, les conditions météorologiques gouvernent le régime de l’Afrine ; la répartition pluviométrique saisonnière, l’'évaporation, les inégalités thermiques exercent une influence prédominante sur les débits ; leur étude présente à cet égard un intérêt particulier.
Cependant les observations météorologiques sont encore réduites, à l’intérieur du bassin de l’Afrine. Un seul pluviomètre est observé depuis 1930, à Azaz, sur la limite orientale du bassin ; un autre fonctionne depuis 1932 à Killis, en Turquie, et trois autres sont installés depuis 1935 à Midanki, à Afrine et à Hlarim. Les températures sont observées à Azaz, depuis 1930 aussi; mais lhumidité, l’évaporation, le régime des vents n’ont fait l’objet d'aucune mesure.
Aussi, à défaut d’une étude complète du climat, dans le bassin de l’Afrine, faut-il nous borner à rappeler les caractères généraux intéressant l’écoulement de la rivière.
La carte des climats de Syrie [79] place le bassin de l’Afrine, dans une zone de passage du climat méditerranéen au climat syrien. Le climat méditerranéen régit la vallée inférieure : il est caractérisé par une saison froide, relativement tempérée cependant, troublée par le passage des dépressions barométriques qui apportent les pluies ; et, par une saison chaude, marquée par un retard du maximum de la température de l’été, et dépourvue de précipitations. Le climat syrien prédomine dans le bassin supérieur : c’est une variété continentale, marquée par une forte amplitude thermique annuelle et une sécheresse absolue pendant quatre mois de l’année (Juin- Septembre).
La Pluie.
Le régime moyen des pluies, dans le bassin de l’Afrine, est commandé par deux facteurs principaux : l'influence de la mer et celle du relief. A la Médi-
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terranée est due l'humidité des vents dominants qui pénètrent par la trouée de l’Oronte, entre les massifs du Kosseir et du Kizil Dagh, et viennent se heurter, au Nord-Est, aux chaînes du Kurd Dagh et du Djébel Semän ; ces chaînes imposent aux courants aériens une ascension rapide et la détente consécutive engendre la pluie. Cependant les chaînes de l’Amanus, qui s'élèvent à l'Ouest, forment un premier écran condensateur qui abrite la vallée de l’Afrine et retient une partie importante de la vapeur d’eau charriée par les vents ; c’est pourquoi, le cycle annuel des pluies dans ce bassin reste tardif par rapport à celui du littoral [97] et la pluviosité y est bien
plus réduite.
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FrG. 12. Hauteurs moyennes Fic. 13. Hauteurs annuelles mensuelles de la pluie. de la pluie,
La moyenne annuelle y est voisine de 500 mm. (tableau V et fig. 12, 13 et 14); mais elle présente des écarts notables, d’année en année. La figure 16 relate les écarts extrèmes des hauteurs mensuelles observées à Azaz.
Les mois les plus pluvieux sont décembre, janvier et février : ils peuvent être caractérisés par une distribution saccadée des pluies (fig. 15) avee des averses violentes, provoquant des crues subites importantes. Le graphique des niveaux de l’Afrine reflète cette distributon.
Les précipitations neigeuses dans le bassin de l’Afrine sont plutôt réduites ; elles sont généralement localisées sur les crêtes périphériques, dont l'altitude atteint 1.500 m. environ ; mais les aires d’enneigement y sont de peu d’étendue, et les quantités d’eau mises en réserve sont libérées, dès les premières chaleurs du printemps. Ainsi peut-on admettre que l’année forme un cycle complet, toute l’eau tombée sous forme liquide ou solide, s’écoulant tôt ou tard, dans la mème période. Il eût été souhaitable cependant