‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 2 sur 149 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le problème de l’eau revêt en Syrie un caractère vital pour le développement de l’agriculture et de toute l'activité économique du pays. Depuis une dizaine d'années, l'étude des ressources hydrauliques a retenu, d’une manière spéciale, l'attention des pouvoirs publics‘: des’ observations hydrométriques ont été organisées sug l'ensemble du réseau ‘fluvial ; des prospections d'eaux souterraines, entreprises en diverses régions ; et l’expérimentation agricole, dans les centres trrigués, a conduit à introduire des cultures nouvelles, lucratives. Ces diverses recherches, complétées par l'établissement de la carte géologique, ont permis d'apprécier l'importance et la variété des ressources naturelles disponibles, de reconnaître les conditions d’une meilleure utilisation, et d'éclairer d'un jour nouveau, certains problèmes de l’Hydrologie.

Parmi les études que j'ai ainsi poursuivies, dans le cadre de mes fonctions au Service Hydraulique de l'Etat de Syrie, il m'a paru utile de présenter celles relatives à la vallée de l'Afrine, pour essayer d’en dégager un aperçu d’ensemble sur le régime de cette rivière, les causes qui le déterminent et les posstbilités qu’elle offre au profit de l'agriculture et de l’industrie.

Issu des hauteurs du Sof Dagh, en Turquie, l’'Afrine s'écoule en Syrie au pied des montagnes du Kurd Dagh et du Djébel Semän ; et, après un parcours de près de 150 km... ses eaux torrentielles vont s’étaler dans les plaines marécageuses de lAmouk, dont elles aggravent l’inondation ; réunies ensuite dans le lac d'Antioche, elles sont évacuées par l'exutoire de ce dernier (le Kutchuk Assi) vers l'Oronte.

En l'état actuel, aucun profit sensible n’est retiré de cette rivière, par suite de l'irrégularité de ses débits ; l'arrosage d’une étroite bande de cultures qui longe ses rives, le fonctionnement de quelques moulins actionnés par ses eaux, résument toute son utilisation.

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Cependant l'aménagement de la vallée de l'Ajrine est riche en perspectives d'avenir : les plaines voisines, susceptibles d’être irriguées, sont des plus fertiles et se prêtent à des cultures variées ; la main-d'œuvre y est abondante et active ; et elles se trouvent à proximité de centres importants d'échange et de consommation (Alep, Antioche, Alexandrette). Leur mise en valeur nécessite la régularisation des débits de la rivière, par la création de barrages de retenue, destinés à emmagasiner les crues, ce qui permettra d'étendre le périmètre des surfaces irriguées, de développer la production de l'énergie hydraulique, et de soustraire aux inondations, une partie importante des plaines de l Amouk.

De tels avantages justifient l'intérêt pratique d’une étude de l'Afrine. Son intérêt théorique n'en est pas moins réel, car elle nous conduit à analyser les différentes phases de la vie hydrologique de cette rivière, à déterminer le régime de son alimentation et de son écoulement, à rechercher les facteurs géographiques ou météorologiques qui influent sur la variation de ses débits, à observer la genèse et l’évolution de ses crues, à apprécier l'importance des réserves souterraines qui l'entretiennent en étiage, le pouvoir d’érosion de ses eaux, les dangers de colmatage qui menacent ses bassins de retenue, et à définir enfin le rôle qu'elle joue dans l’évolution du relief de la région.

L'étude que nous présentons constitue une synthèse des recherches et observations, que nous avons poursuivies de 1930 à 1938. Malgré ses imperfections, inhérentes à la difficulté même du sujet que nous sommes le premier à aborder, et pour lesquelles nous demandons la plus large indulgence, elle aura, à déjaut d'autre mérite, du moins nous l’espérons, celui d'ouvrir la voie aux investigations futures de l’'hydrologie en Syrie, et de contribuer à mieux faire connaître, pour mieux exploiter, les ressources hydrauliques de ce pays.

En cette tâche ardue, nous avons rencontré des concours précieux auxquels nous sommes heureux de rendre un juste hommazge.

Qu'il me soit permis, d'abord, d'exprimer ma respectueuse gratitude à S. E. le Ministre de l'Economie Nationale de la République Syrienne, dont l'appui bienveillant nous a permis d'organiser et de poursuivre, malgré de nombreuses vicissitudes, des recherches hydrologiques dont l'intérêt immédiat pouvait échapper, mais qui s'avèrent à la base d’une amélioration des conditions économiques du pays.

A M. Léon Lutaud, Projesseur de Géographie Physique et de Géologie Dynamique à la Faculté des Sciences de Paris, s'adresse ma plus vive gratitude, pour l'accueil si cordial qu'il m'a réservé au Laboratoire, où j'ai pu achever, sous sa direction bienveillante et avec ses conseils les plus éclairés, la mise au point définitive de ce travail.

Je suis heureux d'exprimer mon admiration et ma profonde reconnaissance à M. H. Labrouste, Professeur à la Faculté des Sciences de Paris, ainsi qu’à Mme Labrouste, dont la science s'allie à une extrême bienveillance, et dont

la méthode d'analyse harmonique m'a orienté vers des recherches nouvelles d'un très vif intérêt.

Mes remerciements les plus sincères s'adressent à M. Jacques Bourcart, Professeur à la Faculté des Sciences de Paris, pour toute la sollicitude qu'il m'a témoignée, et les conseils et critiques avisées qu'il m'a prodigués. Je dois lui dire aussi combien je suis sensible à l'hospitalité qui m'a été ofjerte dans la Revue de Géographie Physique et de Géologie Dynamique, et m'a soulage des charges qu'imposait la publication de cette étude.

A M. Frolow, ancien Ingénieur en Chef du Service des Etudes Hydrauliques de l'Etat de Syrie, qui est resté pour mot, à la fois, un maître et un ami, je tiens à exprimer mes remerciements les plus chaleureux, pour ses directives, ses encouragements et la part active qu'il a prise à ce travail.

Enfin, je ne saurais oublier tout ce que je dois à mes Professeurs de l Ecole Française d'Ingénieurs de Beyrouth, dont l'enseignement éclairé reste à la base de ma formation scientifique et technique : ils m'ont inspiré l'amour de la recherche avec le désir d’une activité productrice ; et si Je parvenais, au cours de ma carrière, à bien m'acquitter de ma tâche, c’est à eux en grande partie qu'il jaudrait en reporter le mérite.

Je remercie, en terminant, tous mes collaborateurs du Service Hydraulique. dont le zèle et le dévouement ont été, pour mot, le témoignage d’une sincère affection et m'ont aidé à triompher de difficultés matérielles, parfois conside-

rables.

Que tous ceux qui m'ont aidé de leur autorité, leurs conseils ou leur collaboration, soient assurés de ma profonde reconnaissance.

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