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sement cénomanien, formé de calcaires gris, compacts, semblables à ceux de l'Amanus, qui dégagent une odeur fétide à la cassure.
Plus au Sud, surgissent les collines peu élevées du Kurd Dagh, dont les formations, crayeuses ou marneuses (Sénonien}, sont couvertes de taches de forêts ; au milieu de ces collines bariolées, se détache le dôme sombre du Hawar Dagh (740 m.) dont les calcaires marneux, d’un gris verdâtre, appartiennent au Crétacé, et prolongent les calcaires noirs de l'Amanus-
Sur la rive gauche de l’Afrine, s'élèvent graduellement les plateaux miocènes d’Azaz ; formés de calcaires compacts, d’un blanc jaunâtre, alternés parfois avec des bancs d’argile, ils se raccordent au Sud, à un puissant massif calcaire éocène, au relief accusé : c’est le Djebel Semâne (870 m.) ; sa surface rocheuse et dénudée présente une fissuration profonde qui se prête à la percolation des eaux.
La nature géologique des bassins drainés par l’Afrine détermine, avec le climat, le régime de son alimentation. Les basaltes aux fissures colmatées, les gabbros et les serpentines se comportent comme des surfaces imperméables ; et bien que leurs surfaces prennent, par altération, une texture poreuse permettant à l’eau de pénétrer lentement à travers leurs faibles fissures, les chutes pluviales tombées sur ces surfaces ruissellent rapidement et provoquent des crues subites et de courte durée : ainsi le graphique des niveaux enregistrés à Midanki reproduit, en saison d’hiver, une série de crues dentelées, consécutives aux chutes de pluies. Tandis que les surfaces crayeuses du Kurd Dagh et du Hawar Dagh, tendres, altérées et couvertes de végétation, retiennent une plus grande partie des eaux par infiltration et en retardent l'écoulement. Les surfaces fissurées du Djebel Semâne les laissent percoler en protondeur et les restituent en sources abondantes, à l’affleurement des banes compacts inférieurs (source de Bassout). Enfin les alluvions quaternaires qui recouvrent le bassin inférieur formées d’un sol argilo-calcaire, sableux et parfois caillouteux, présentent une perméabilité qui leur permet de jouer un certain rôle régulateur dans la vie hydrologique de la rivière. Le graphique des niveaux influencés par ces surfaces est alors moins dentelé, et les ondes de crues, plus longues et plus régulières.
On reconnaît ainsi que la perméabilité offerte par le bassin de lAfrine relève tantôt de la porosité du sol (perméabilité directe ou en petit) 1, tantôt de la fissuration des roches (perméabilité indirecte ou en grand), et tantôt des deux simultanément.
Nous n’attachons pas cependant à cette division du bassin versant en terrains perméables et imperméables, selon leur faciès lithologique, une valeur
absolue. Les rapports de l’eau et du terrain varient, en effet, non seulement
1. Dr Ed. Imeraux, Essai d'Hydrogéologie. Paris, 1930, p. 22.
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en fonction du sol et de l’état de fissuration des roches, mais aussi avec le relief et le régime des précipitations : un terrain qui, à la lecture d’une carte géologique, semblerait devoir être plutôt imperméable, est en réalité susceptible de retenir une partie de l’eau pluviale, s’il est à faible pente, soumis à une pluie fine et prolongée et couvert de végétation.
Au contraire, un terrain, très perméable au début des pluies, peut perdre cette qualité, quand son point de saturation est atteint, à la suite de pluies persistantes, ou lorsqu’en raison d’une pente importante, l’eau n’a pas le temps de pénétrer dans le sol, et ruisselle en grande partie à sa surface.
C’est pourquoi, le régime de l’Afrine obéit aux fluctuations saisonnières des chutes pluviales, suivant une loi complexe, dépendant non seulement de la nature géologique et du relief de son bassin versant, mais aussi de l'intensité, de la répartition et de la durée des pluies.
Le Relief.
Le bassin d'alimentation de l’Afrine présente un relief accidenté qui caractérise la jeunesse de son évolution. Sa topographie peut être étudiée sur la carte de reconnaissance au 1/200.000€ du Service Géographique de l'Armée. Situé entre les parallèles 4022 et 41#3 de latitude Nord, et les méridiens 40:35 et 41#4 de longitude Est (Greenwich), il est délimité par une ligne de hauteurs, jalonnée par les crêtes périphériques ; les chaînes du Kurd Dagh à l'Ouest, le plateau d’Azaz à l'Est, et le Djébel Semâne au Sud, le séparent respectivement de la vallée du Kara Sou et du bassin du Kouek. Les thalwegs issus de ces différentes hauteurs dessinent en plan le réseau hydrographique.
L'orientation générale de la vallée est dirigée du Nord au Sud ; étroite et encaissée à son origine, elle s’élargit, à mesure que l’on descend le cours de l’Afrine, pour se raccorder avec les plaines de lAmouk.