Lydiis, De magUtr., III
que^ les circonstances devaient être souvent plus fortes que la volonté impériale : en fait, les nécessités de la situation^ les périls de la province modifièrent bien vite l'organisation administrative restaurée par Justinien.
Dès le l**" janvier 535, la préfecture du prétoire d'Afrique se trouve entre les mains de Solomon ^ ; or, ce personnage était en même temps le commandant en chef de Tarmée : trois mois après la date où l'administration civile devait entrer en vigueur, elle avait, à sa tête, un magister militum réunissant entre ses mains tous les pouvoirs*. Lorsque, en 536, à Solomon succéda dans le gouvernement général le patrice Germanos, sans doute il amena avec lui un préfet ; mais ce personnage, qui parait avoir été particulièrement chargé de l'administration des finances, fut hiérarchiquement soumis au prince, neveu de l'empereur, investi de pouvoirs extraordinaires pour pacifier TAfrique*. Quand, en 539, Solomon revint dans la province, de nouveau il réunit les fonctions de préfet du prétoire à celles de commandant suprême de Tarmée ^ : et ainsi, pendant dix ans de suite, bien que les Novelles continuent à parler gravement du « très glorieux préfet d'Afrique »', et bien qu'en théorie cette haute dignité civile continuât d'exister^ en fait elle fut parfois subordonnée, plus souvent encore unie à l'autorité militaire. II en alla à peu près de même durant tout le règne de Justinien : le patrice Sergius, qui remplaça Solomon, est nommé tout à la fois dux belli et moderaior provinciae ^ ; le préfet Athanase, qui en 546 accompagna en Afrique le magister militum Aréobinde, semble bien être hiérarchiquement inférieur à ce haut personnage, parent de l'empereur \ Ce sont là des faits significatifs ; et il
i.Nov, 36-37.