‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 164 sur 539 · ItU, p · texte numérisé non relu

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d'employer le système complet et assez compliqué que Justinien avait pratiqué dans les grandes forteresses de TOrient ; et par surcroît, la qualité des adversaires auxquels ces châteaux devaient faire résistance n'exigeait point de telles précautions. D'une part, contre des ennemis fort inexpérimentés dans Tart des sièges', des moyens de défense simplifiés pouvaient être adoptés sans péril ; d'autre part, la nécessité pressante de couvrir de forteresses le plus promptement possible un pays récemment conquis et qu'on sentait fort menacé, interdisait les longues recherches et les travaux trop soigneusement conduits. On a donc tiré parti, et sans scrupule, de tout ce qui pouvait accélérer la besogne proposée : on a voulu faire vite, et on s'en aperçoit du reste en étudiant les détails des citadelles africaines. Au lieu de prendre la peine de demander aux carrières les matériaux dont ils avaient besoin, les constructeurs byzantins « ont puisé dans les ruines des cités qu'ils rencontraient, sans distinguer entre les différentes pierres qui leur tombaient sous la main, empruntant aux forums leurs bases honorifiques, avec les statues qui s'y élevaient, aux temples leurs architraves, leurs colonnes, leurs inscriptions votives, aux cimetières leurs tombes*. » Souvent ils ont fait mieux encore: pour se procurer rapidement les matériaux nécessaires à certaines portions particulièrement difficiles de la construction, ils ont démoli sans hésiter les édifices encore debout, démontant par exemple, vousaoir par voussoir^ les portes ou les arcades de ces monuments pour les transporter dans leurs forteresses'. D'ailleurs Tusage et même Ift loi autorisaient ces pratiques^: et Ton a vu Fauteur de la Tactique recommander comme un endroit spécialement désigné pour la construction d'un château, celui où se rencontrenten abondance des pierres déjà toutes taillées^ Aussi n'est-il point, en Afrique,

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