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LA DÉFENSE DU PLAT PAYS

Ainsi, trois grandes rangées de forteresses à peu près parallèles Tune à Tautre s'échelonnaient à partir de la frontière pour constituer le système défensif. C'étaient d'abord les postes du limes, Gabès, Capsa, Théveste, Ammaedera, Mascula, Bagai, Thamugadi, Guessès, Lambèse, Tubunae, Zabi Justiniana, Tbamalla, Sétif; c'était la seconde ligne qui, partant du littoral s'appuyait aux revers méridionaux du massif central tunisien, et par Laribus et Sicca Veneria allait rejoindre les postes échelonnés sur la lisière septentrionale du haut plateau numide ; c'était enfin la série des places qui occupaient les vallées de la Medjerda, de la Seybouse et du Rummel, depuis Carthage jusqu'à Sétif : et on a vu comment ces ouvrages militaires étaient merveilleusement disposés pour barrer tous les passages de la frontière et fermer vers l'intérieur les grandes voies d'invasion. Mais entre ces différentes lignes, les zones intermédiaires ne demeuraient pas entièrement dépourvues de protection : à la vérité, on ne rencontrait plus dans ces régions de grandes forteresses impériales^ occupées d'une façon permanente par les troupes byzantines, mais de simpies ouvrages de fortification, construits pour les besoins et le plus souvent par l'initiative des populations. 11 est vrai aussi que beaucoup de ces réduits datent incontestablement d'une époque postérieure au milieu du vi"" siècle. Quand, avec la dé-

cadence de l'autorité byzantine, les citadelles de Justiniea devinrent insuffisantes à protéger le pays, quand à travers leur réseau trop lâche passèrent les razzias des tribus berbères et plus tard les courses des conquérants arabes, les populations durent elles-mêmes songer à leur sécurité. Alors elles élevèrent, sans aucune entente des dispositions stratégiques, ces fortins que Ton rencontre auprès de chaque groupe de ruines; chaque ville, chaque village, chaque centre d'exploitation agricole eut ainsi son ksar destiné à servir de refuge. Énumérer tous ces ouvrages serait nommer presque tous les centres de population de T Afrique byzantine : et la tâche risquerait d'être aussi fastidieuse qu'inutile, puisque, sauf quelques rares exceptions, ces redoutes ne jouent aucun rôle dans le système général de la défense. Il suffira doac« par un certain nombre d'indications, qui ne prétendent nullement à être complètes, de faire sentir la masse vraiment incroyable des travaux de cette sorte, et la manière dont ils se répartissent à travers toute la région : ce tableau achèvera l'étude de Toccupation territoriale de l'Afrique à l'époque byzantine.

Dans la région des hauts plateaux intermédiaires entre le limes et la seconde ligne de défense, dans ce pays où les grandes villes sont assez rares, mais où apparaissent à chaque pas les traces d'une remarquable colonisation agricole*, chaque ruine montre à peu près un fortin construit à la hâte. Voici, à Test de Thélepte, un kasr à Henchir-Khamor*, et plus loin, accolée à la petite ville si intéressante de Haoach- Khima-mta-Darrouia, une grande redoute curieusement conservée»; un peu plus loin, au sud de TOued-el-Hatob, voici un fortin à Henchir-Mzira*, et en continuant vers Test, sur la rive droite de l'Oued-Fekka, en voici d'autres à Henchir-

1. Cagoat, Arch. des Missions^ XU, p. 107-108; Saladin, 1, p. 219-220.

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