Be/L Vand., p. 512, 534; Bell. Goth., p
ruinées et les prêtres esclaves, les indigènes courant librement la Byzacène et venant jusqu'à la côte insulter les murailles des cités, le pays si désolé enfin qu'il est devenu incapable de rien produire, et, selon l'énergique expression du poète : « l'Afrique fumante s'ablmant dans les flammes » \
Il est également incontestable que le premier soin de Justinien fut de rétablir en Afrique les anciens impôts romains, etcomme les rôles antiques avaient disparu, des commissaires furent chargés de procéder aune répartition nouvelle '.Qu'au coursdecelte opération, plus d'une injustice ait été commise, il se peut : Procope parle du vif mécontentement que la mesure souleva dans la province '. Que plus tard, malgré les précautions prises par l'empereur, bien des exactions se soient produites dans la perception des taxes et dans le traitement fait aux sujets, cela encore est vraisemblable : Procope parle quelque part de la fortune scandaleuse que fit un certain Théodose, familier de Bélisaire et préposé à la garde des trésors trouvés au palais de Garthage^; et les recommandations mêmes prodiguées par Justinien à ses officiers civils et militaires^ le soin qu'il eut d'augmenter leurs appointements, l'insistance qu'il mit à leur prescrire une administration honnête et scrupuleuse ' permettent de croire que ces fonctionnaires durent plus d'une fois succomber à la tentation.
Est-ce à dire pourtant qu'il faille prendre à la lettre toutes les accusations de Y Histoire secrète ? Sans relever même l'exagération évidente de ce chiffre de cinq millions de morts, on
1. JoA., 1,28-47 ; H, 295-296, 331-332; IV, 277-279; I, 323-349; II, 1-3; VI, 248-249: surtout IV, 276-297 :
Jam nuUus arator Arva colit ; 6t I, 47 :
Pumans périt Africa flammis.
2. Evagrius, Bist. eccL, IV, 18 (Pair, gr., LXXXVl, p. 2736); Betl. Vand,, p. 444-145.