‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 394 sur 539 · P. L., LXIX · texte numérisé non relu

P. L., LXIX

contre la condamnation *. Facundus, de Aon côté, publiait son grand traité qu'il avait eu le loisir d'achever *, et ce livre hardi et décisif faisait dans le monde chrétien un bruit prodigieux. L'évêque dllermiane ne craignait point d'y prendre à partie Justinien lui-même, et distinguant nettement les cas où le souverain doit « employer les pouvoirs du prince », et ceux où il doit « montrer l'obéissance du chrétien », il déclarait que l'empereur doit ce exécuter les canons de TÉglise, non point les fixer ou les transgresser » '. Tout l'Occident n'avait que mépris pour '< ces évoques grecs titulaires de riches et opulentes églises, incapables de supporter une suspension de deux mois, et toujours prêts, en conséquence, à obéir à toutes les volontés du prince, à accorder sans résister tout ce qu'on leur demandait » ^. La Dalmatie, rillyricum protestaient comme l'Afrique; en Orient, les patriarches d'Alexandrie et de Jérusalem se prononçaient contre Vigile, et à Constantinopie, malgré Texcommunication, Tabbé Félix continuait à s'agiter'. « Il devenait clair que la prétendue pacification n'avait rien pacifié du tout; qu'au lieu de ramener les acéphales, on avait froissé les catholiques et jeté d'illustres églises dans les voies du schisme. C'était un beau résultat ^ »

L'empereur ne désespéra point pourtant de venir à bout de ces résistances, de même qu'il avait triomphé de celles de Vigile; et comme le pape, effrayé, demandait maintenant la convocation d'un concile œcuménique, Justinien profita de ce biais pour mander à Constantinopie les chefs de l'épiscopat africain : Reparatus, évoque de Carthage; Firmus, évêque de

1. Vict. ToDD., a. 550. Lettre des clercs italiens {Mon. Germ. hisL^ Epist, Hf, p. 438-442).

Page 1