Vict. Tono., a
446 HlSrOlRE DE LA DOMINATION BYZANTINE EN AFRIQUE
dès avant la fin du concile, Firmus de Tipasa avait été renvoyé dans sa province, probablement pour lui arracher la soumission tant souhaitée ; mais il était mort misérablement pendant la traversée, et sa fin avait paru une punition du ciel à tous les défenseurs de TorthodoxieV Aussi les Africains s'entêtaient dans Topposition; soutenus par les exhortations que du fond de leurs retraites ou de leurs prisons leur adressaient les victimes du despotisme impérial, ils refusaient d'obéir au concile; le pape avait beau céder, et par un second Constitua tum (févr. 554) adhérer aux décisions de l'assemblée^ l'Afrique répondait à cette faiblesse en excommuniant solennellement « le prévaricateur »*. Primasius d'Hadrumèle, suivant l'exemple du pontife, avait beau fléchir à son tour, et, par ambition terrestre, accepter des mains de l'empereur la place, devenue vacante par la mort de Boethus, de primat de Byzacène, les évèques de sa province refusaient de le reconnaître, et dans un concile solennel condamnaient sa lâche capitulation*. La Proconsulaire^ la Numidie rompaient toute relation avec Primosus, Tévèque imposé de Carthage, et tant que Reparatus vivait, ne voyaient en son successeur qu'un usurpateur. Bref la province entière était profondément troublée ; et il semblait qu'on n'eût rétabli la paix sur les frontières que pour laisser plus libre cours aux discordes civiles*.
On se décida à agir énergiquement. Les châtiments corporels, la prison, l'exil, devinrent entre les mains des agents impériaux des moyens efficaces de persuasion'. En même temps, on négociait adroitement avec une partie des prélats, et deux évèques parvenaient, en justifiant la condamnation de
1. Vict. Tonn., a. 552. Son nom manqae dans les souscriptioas de Tacte final du concile.