‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 74 sur 539 · BelL Vand., p · texte numérisé non relu

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le principal de ses lieutenants est en hostilité ouverte avec lui*; et un complot formidable pourra se nouer contre sa vie, sans que, parmi les nombreux affiliés, il se rencontre — chose significative — une seule personne pour l'avertir*. Sous un tel chef, toutes les causes de mécontentement qui germaient sourdement devaient bien vite grandir : et en effet, pendant rhiver de 535-536, Tesprit d'indiscipline, qui depuis longtemps déjà travaillait Tarmée byzantine, s'accrut, dans Tinaction des camps, d'une manière inquiétante^ Les fatigues multipliées des précédentes campagnes, la perspective prochaine d'une nouvelle et pénible expédition donnaient au soldat le dégoût du service militaire*; les retards infinis apportés au paiement de la solde ^ augmentnient sa mauvaise volonté. Assurément ces retards n'étaient guère imputables à Solomon. Dans l'enthousiasme des premiers succès, Justinien avait décidé que les frais d'entretien des troupes et de l'administration impériale seraient pris sur les impôts de la province d'Afrique* : or ces impôts, rentraient fort mal et le trésor était à peu près vide ; mais le soldat ne s*en inquiétait guère et réclamait son dû. Enfin le butin considérable fait dans la campagne de 535 ne semble pas avoir été partagé d'une façon absolument équitable : du moins les hommes se plaignaient d*ètre lésés dans leurs droits, et d'avoir été spoliés de ces dépouilles, « dont la loi de la guerre, disaient-ils, afait la récompense des dangers courus dans les combats\ » D'autre part, les efforts mêmes de Solomon pour réorganiser la province conformément aux instructions impériales tournaient contre lui : la reprise des terres vandales par l'État ou par les anciens

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