PREMIÈRE PARTIE L'ADMINISTRATION CIVILE
Dès la fin de la guerre vandale, avant même qu'on sût à Gonstantinople la soumission de Gélimer, Justinien s'était hâté d'organiser sa conquête. Il voulait sans tarder faire sentir à ses nouveaux sujets tout ce qu^ils gagnaient à passer du dur joug des Barbares à la pleine liberté du « très prospère empire romain' », et pour cela il tenait à rétablir tout de suite en Afrique cet « ordre parfait »', qui lui semblait la marque de tout état vraiment civilisé. Désireux de montrer une faveur particulière à ces provinces dont il saluait avec tant de joie le retour à l'empire, non seulement il voulait leur rendre cette administration qu'elles avaient connue jadis et dont le rétablissement devait effacer jusqu'au souvenir de la « captivité vandale » '; mais pour leur mieux témoigner encore sa bienveillance, pour mieux marquer l'importance qu'il attachait à leur affranchissement, il voulut que, comme l'Orient, comme l'IUyricum, l'Afrique fût administrée, non point par un simple proconsul \ mais par un préfet du prétoire^ et