Photii Bibliotheca , n
la prompte disparition de Johannes. L’Afrique connut alors trois années de grande tranquillité, pendant lesquelles les intrigues de Cour, celles d’Aétius principalement, travaillèrent à ruiner Boniface dans l’esprit de l’impératrice. On y parvint, semble-t-il, en faisant grand scandale d’un récent mariage contracté en Espagne, en 426, avec une arienne de sang royal ; et du baptême arien conféré à l’enfant qui était né de cette union. On parvint à décider Placidie à mander Boniface à la Cour, tandis qu’Aétius faisait savoir en secret à Boniface que cette invitation cachait un piège et qu’on voulait s’assurer de sa personne. Boniface fut indigné, il refusa de se rendre à Rome. Placidie, convaincue de la culpabilité du comte, envoya une armée en Afrique. Les trois commandants de l’expédition, Mavortius, Gallio et Sanoecis, étant morts misérablement, Boniface demeura maître de la situation. C’est à ce moment que saint Augustin lui écrivit 1 pour lui reprocher ses fautes, son mariage malgré le vœu de continence fait précédemment, le baptême arien de sa fille, les malheurs qui, par sa faute, assaillaient l’Afrique, invasions des tribus indigènes, guerre avec Rome.
Placidie envoya une nouvelle armée, composée de Goths ariens, sous le commandement de Sigisvultus (427-429) 2. Se sentant perdu, le comte Boniface fit appel aux Vandales d’Espagne. Peut-être croyait- il pouvoir se débarrasser d’eux après la victoire; c’est assez probable, mais les événements devaient démentir cruellement ses prévisions. Les années 427-428 semblent s’être passées en marches et contre-mar-