‹ L'Afrique chrétienneChapitre 180 sur 280 · Acta s. Cypriani · texte numérisé non relu

Acta s. Cypriani

Immédiatement après le supplice le corps avait été transporté de VAger Sexti ^ dans une maison du voisinage pour le soustraire à la curiosité des païens ; ce fut pendant la nuit suivante que le cortège funèbre porta les restes « aux areae de Macrobius Candidianus, le procurateur, qui sont situées sur la Via Mappalensis, près des Piscines ^ ». Tous ces lieux ont pu être identifiés aujourd'hui avec une précision suffisante ^ et les areae de Macrobius Candidianus nous ont donné quelques-unes des plus anciennes tombes chrétiennes de Carthage. En ce lieu, comme à VAger Sexti '', se tinrent des réunions liturgiques ^ dont nous parle saint Augustin. Les Carthaginois avaient pris peu à peu l'habitude d'aller, le soir, danser et chanter autour du tombeau de saint Cyprien. C'était pour les vrais fidèles un sujet de scandale et de tristesse. Pour venir à bout de détruire cet usage, l'évêque de Carthage, Aurelius, imagina l'institution de vigiliae, de « veillées », c'est-à-dire d'une sorte de garde d'honneur nocturne autour du tombeau, dont la présence gênerait les danseurs et les contraindrait à chercher abri ailleurs ; ce qui arriva. Depuis ce temps, disait saint Augustin, on a célébré les vigiles en ce lieu ^ qui, « il y a quelques années, avait été envahi par

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