Tertullien, De fuga in persecutione
il s'occupe de la situation présente, il paraît donc tenu à observer quelque précision dans ses évaluations; en outre, si on le juge d'après ce qu'il a écrit sur l'expansion du christianisme dans les autres contrées de l'Empire, il semble avoir eu, en ces matières, quelque souci de l'exactitude ^ . Mais les monuments ne nous permettent pas d'en vérifier le degré. Nous ne savons d'après quelles données Miinter a cru pouvoir fixer pour l'Afrique romaine, au début duiii^ siècle, le chiffre de la population chrétienne à 100.000 âmes; aucun texte, à notre connaissance, n'appuie ou n'infirme ce calcuP que B. Aube croit un peu trop élevé ^.
Si la période préconstantinienne a fourni quelques épitaphes, elles sont en trop petit nombre pour présenter les éléments d'une statistique et nous croyons devoir nous abstenir d'attribuer à des sépultures chrétiennes, violées ou désaffectées, toute une catégorie de marbres funéraires d'où les formules païennes sont absentes. Nous ne pouvons songer à recueillir ici les épitaphes que leur formulaire place parmi les plus anciens monuments du christianisme en Afrique ' ;
1. Nous avons eu l'occasion de nous en expliquer dans Les Martyrs^ Recueil de pièces authentiques, in-S", Paris, 190'4, 1. 111, préf., p. Lxxxv. Cf. P. MuRY, Le nombre des chrétiens de yéron à Commode, dans la liev. des Quest. hist., 1877, t. XXII, p. 522.
2. F. MÛMER, Primordia Ecclesiac Africanae, in-4°, llafniae, 1829,
3. B. AUBÉ, L'Église d'Afrique et ses premières épreuves sous le règne de Septime-Sévère, dans la Bcvuc historique, 1879, t. XI, p. 246.
4. Il ne faudrait pas toutefois se confier absolument au laconisme des formules pour revendiquer une antiquité imaginaire à l'épitaphe. C'est ainsi que le nom d'une défunte suivi des seuls mots : in pace se rencontre jusqu'au v^ siècle, P. Gauckler, dans le Bull, du Comité, 1901, p. 140, n. 67; ce qui dépasse la mesure ordinaire du retard des provinces sur le formulaire de Rome, cf. C Bayet, De titulis Atticae christianis antiquissimis, iii-S", Luleliae, 1878; E. Le Bla\t, Manuel d'épigraphie
nous ferons exception pour deux d'entre elles qui nous révèlent les noms de deux chrétiennes. L'une est celle de Rasinia Secunda, morte à Tipasa en Fannée 238:
RASINIA
SECVNDA
REDD-XVI