Capitolin, Gordianus
9. s. Augustin, Confessiones, I, \U ; Contra Peliiianum, I, 91 ; De Trinitate, III, 1. « Nous n'avons pas, nous autres Africains, assez d'habitude de
zantine réveillera dans les villes de l'Atlas les traditions helléniques, mais le Tell oriental et la côte maurétanienne seront seuls atteints; encore pourrait-on se demander si le byzantinisme du vi® siècle doit être considéré comme un prolongement de l'hellénisme. A cette dernière phase de son existence, le grec offre quelques productions parce que les Africains ne se déshabituèrent jamais complètement d'écrire. Les littérateurs, somme toute, sont seuls avec les membres des administrations venus de la métropole à savoir le grec et peut-être aie parler et à l'entendre ^. Il ne nous est demeuré aucun monument punique de la littérature chrétienne^, bien qu'il ne soit pas douteux que pendant toute sa durée l'Église d'Afrique ait eu à employer cette langue. C'était surtout, semble-t-il, dans les villes du littoral de la Proconsulaire, anciens comptoirs de Carthage, que le punique était répandu. La bourgeoisie y avait gardé sa langue, sa religion, ses coutumes^. Le peuple et la classe moyenne parlaient punique : on n'entendait
la langue grecque pour être capables de lire et d'entendre les livres que les Grecs ont écrits sur la Trinité. » Au contraire S. Fulgence de Ruspe et Facundus d'Hermiane savaient assez de grec pour suivre toutes les subtilités des théologiens grecs.
1. Voyez l'œuvre de Priscien deCésarée, de Junilius, de Victor de Tunis et surtout de Corippus.
2. HiLGENFELD a proposé une conjecture touchant un original punique des actes de sainte Félicité ; elle était inacceptable. Cf. L. Duchesne, En quelle langue ont été écrits les Actes de sainte Perpétue? dans les Comptes rendue de l'Acad. des inscr., 1891, p. Ul.
3. Les villes africaines avaient conservé quelque chose de leurs anciennes coutumes, par exemple, Carthage et plusieurs autres villes étaient gouvernées par des sufètes, C. I. £., n. 7, 10525; t. V, n. 4922; L. MiJLLER, Numismatique de l'ancienne Afrique, t. Il, p. 149; on trouve même des sufètes à Calama, C. I. L., n. 5306, 5369; à Thibiuca, à Avltta Bibba, C. I. Z., n. 765, 797. Il y aurait lieu de s'assurer que l'organisation ecclésiastique en Afrique ne s'est pas ressentie, elle aussi» pour quelque chose de ces vieux usages.
guère de latin qu'à l'école^. L'épigraphie témoigne à quel point le vieil idiome était répandu. A Maktar, à Masculula, à Thugga, à Smitthu, à Mididi ^ ont été retrouvées des épitaphes ; en Byzacène et en Tripolitaine et même à Tingis en Maurétanie, on a battu monnaie avec des légendes puniques jusqu'au temps de Tibère^. Nous savons par ailleurs que Septime- Sévère, né à Leptis, était fort disert en cette langue dont il avait gardé quelque chose de rauque dans la voix, afrum quiddam, et la sœur de cet empereur ayant continué d'habiter Leptis, ville de la Tripolitaine restée phénicienne, ne quitta sa cité pour Rome qu'après l'élévation de Sévère ; mais elle y parla un tel jargon qu'on fut contraint de la renvoyer à Leptis, au grand regret de la cour qui s'en amusait fort ^'. La prédication chrétienne a donc dû se faire souvent en punique. 11 n'y a pas lieu d'être surpris que nous ne possédions aucun monument technique de la liturgie en cette langue, car on sait que l'Afrique n'a livré jusqu'à ce jour aucun de ces anciens livres, même en langue latine ^ ; mais ceci n'enlève rien au fait principal et nous savons qu'au temps de saint Augustin, dans le diocèse d'Hippone, la connaissance du punique était indispensable aux prêtres de certaines localités ^. A la fin du v*' siècle et au vi% Arnobe le