Fallu de Lessert, op. cit., p
2. Ibîd., p. 253. Cf. J. ScuMiDT, Ein Beilrag znr Chronologie der Scliriflcn TerluUians und der Proconaulen von Africa, dans liheinisclies Muséum, 1891, p. 77 sq. ; C. L L., n. 11999; Bonwetsch, Die Schriften TerluUians nacli der Zeit ilirer Abfassung untersucht, in-S", Bonn, 1878; NoLDECHEN, Die Abfassungszeit der Schriften TerluUians, iii-8", Leipzig, 1888; K. J. Neumann, op. cit., 1890; C. A. H. Kellners, Chronologiae Tertullianeae supplementa, Donner Universilâls-Program. vom 3 Aiig. 1890.
3. Il convient de noter que l'opinion ancienne donnait au De Corona une date plus reculée, le pla»;anl en 198, cf. P. Allard, op. cit., t. H, p. ^1. La date de 211 est également proposée par M. Noeldechex, op. cil. 11 semble qu'on doive considérer cette date comme définitivement établie.
temps qui conduit facilement à 212; le martyre de Mavilus d'Hadrumète ^ que rappelle la Lettre à Scapula et qui est inscrit à la date du 11 mai dans les martyrologes, ne peut donc avoir eu lieu en 211, mais doit être reporté au 11 mai de Tannée suivante. Le libelle doit être de la seconde moitié de 212, d'où il résulte que les pouvoirs du proconsul prorogés s'étendent aussi à l'année 212-213. Tertullien parle en effet d'une éclipse de soleil qui se produisit pendant le cons^entus d'Utique (ce qui n'implique nullement qu'elle fut visible seulement dans cette ville) après le commencement de la persécution; l'auteur l'énumère parmi les signes de la colère divine ^ : ..... nam et sol ille in conventu Uticensl eœstincto paene lumine adeo portentum fuit ut non potuerit ex ordinario deliquo hoc pati, positus in suo hygromate et doinicilio. Il est possible que l'argument ait frappé quelques païens, mais il était imprudent d'en faire usage. Les ennemis du christia-
1. C'est incontestablement, dit J. Schmidt, op. c//., p. 83, le Maiulus de l'ancien Kalendarium Kartliaginense et du Martyrolog. hieronymianum.
2. Les nombreuses tentatives faites pour déterminer la date de cette éclipse ont donné des résultats contradictoires. J. Sciimidt, op. cit., p. 86 sq., s'est à son tour adressé à l'observatoire de Berlin. Les calculs qui lui ont été fournis et qu'il reproduit sont curieux. Deux éclipses totales de soleil auraient eu lieu, l'une le 2 mars 211, peu avant le coucher du soleil et, à Utique, les cinq douzièmes de l'astre parurent couverts; l'autre le 1^ août 212, le phénomène atteignait son maximum quarante-deux minutes après le lever du soleil à Utique et les onze douzièmes de celui-ci durent y paraître couverts. Si l'on tient compte conclut J. Schmidt, de ce que l'astre, au dire de Tertullien, fut presque complètement caché, extincto pacne lumine, et de ce fait que les audiences du convcntus se tenaient le matin au lever du soleil, il faut admettre que c'est à cette dernière éclipse que fait allusion l'apologiste chrétien et qu'il ne peut pas avoir écrit son libelle avant la seconde moitié de 212. Sur cette éclipse cf. Noeldechen, op. cit., p. 97, 163 sq. et Zeîtsclirift fUr ivisscnsch. Tlieoloyie, 1889, t. XXXII, p. ?i29.
nisme n'étaient que trop portés à leur imputer des maléfices, des influences désastreuses sur les êtres et même sur les éléments ; montrer la part que ceuxci prenaient aux violences exercées contre leurs évocateurs pouvait être une maladresse dont on aurait à subir un jour ou l'autre les conséquences.
Tertullien avait heureusement qualifié la persécution lorsqu'il l'appelait la théomachie \ car c'était bien en effet une lutte contre Dieu qu'avait inaugurée Sévère et que toutes les persécutions du iii*^ siècle allaient, marchant sa voie, continuer.
L'incident qui vint donner à la persécution légale le prétexte qu'elle cherchait peut-être sans que les chrétiens le lui eussent encore fourni, bientôt invenimé par la malignité publique et cette sorte d'irritation latente qu'on éprouvait à l'égard des chrétiens, prit une importance considérable. En face des païens haineux se trouvait chez les fidèles un parti intransigeant qui s'efforçait d'introduire dans la discipline des Églises des maximes de conduite en contradiction absolue avec la modération qui, de plus en plus, devenait la règle. Le représentant le plus autorisé — le seul que nous connaissions — des intransigeants en Afrique, était Tertullien. Tout excès, toute imprudence, toute provocation obtenait son approbation. Jl arriva qu'à l'occasion d'un événement politique qui ne nous est pas connu avec certitude, probablement l'avènement de Caracalla et Géta, on accorda une distribution extraordinaire à toutes les armées, c'était ce qu'on appelait alors un donatwum. Or voici ce qui se passa au camp de Lambèse, en Numidie. (f L'histoire est toute récente,