‹ L'Afrique du SudChapitre 107 sur 234 · C.oldfields · texte numérisé non relu

C.oldfields

Long’s — — 15 —

Langham — — 15 —

Odeon — — 10 —

Ferreira — — 10 —

lleight’s — — 10 —

La Société internationale des wagons-lits fait bâtir maintenant un grand hôtel, qui sera situé près de la gare, et qui promet d’ètre magnifique. Il s’appellera, dit-on, Hôtel de l’Europe. On va construire également un magnifique hôtel qui comprendra : hôtel, bains turcs, salle de théâtre, etc., etc.

Restaurants. — Celui du Rand Club, supérieurement tenu et administré par M. Héritier, mais il faut faire partie du club pour y aller, et la cotisation est de £ 100. Tous les jours on y sert trois ou quatre cents déjeuners à la française, et ce à très bon marché. C’est le seul endroit de Johannesburg où l’on puisse manger de la bonne cuisine ; le Continental Restaurant, récemment ouvert.

Clubs. — Le principal est le Rand Club, où se réunissent tous les messieurs de Johannesburg occupant une situation, soit dans les mines, soit dans les affaires. Le club est très prospère et compte environ 2.000 membres. Le nombre des nouveaux élus tend à diminuer, par suite de deux partis qui gouvernent le club : le parti anglais et le parti allemand qui protège plutôt les idées boers. Des rivalités se présentent à l’élection de chaque nouveau membre, et rarement la majorité requise pour être reçu est atteinte.

Pour les étrangers qui veulent faire un court séjour à Johannesburg, il est très agréable de se faire admettre pour un mois au club. La cotisation est de 2 guinées, et il faut se faire présenter par deux parrains, membres du club.

Le club est très bien organisé et ne le cède en rien aux cercles anglais. Bonne cuisine, bars anglais et américain, nombreuses salles de lecture, de billard, bibliothèque, etc.

Les autres clubs de la ville sont : le Turf Club, le Wanderer’s Club, consacrés aux sports, et de nombreux clubs de foot bail. Un nouveau club vient de se former sous le nom de City Club.

Voitures. — Les voitures sont bon marché : à la

RÉPUBLIQUE SUD-AFRICAINE (TRANSVAAL) i»2!»

course lsh par personne, à l’heure elles coûtent 7sl,,6d (9fr,r»0). La course comprend un rayon de 3 milles ; le nulle en plus est tari fié l8h.

La nuit, le tarif est augmenté de moitié.

Les landaus ou les charrettes légères sont au même prix. Les dernières vont plus vite mais on y est excessivement secoué.

Les landaus pour faire une promenade sont hors de prix. O11 demande facilement 50 francs pour une promenade de 1 heure à 4 heures.

Jinrincshairs. — Ou appelle ainsi de petites voitures légères fabriquées à Durban et ressemblent aux pousse-pousse de l’exposition. Elles sont traînées par d’agiles nègres, qui courent facilement vingt minutes sans s’arrêter. On n’y est pas très bien, mais on est moins secoué que dans les voitures de place.

Tramways. — La compagnie de tramways de Johannesburg, qui a le monopole du gouvernement, a installé de nombreuses voies qui sillonnent la ville en tous sens. Les places sont à 3 pence par fraction de parcours; pour lsh on peut traverser la ville de bout en bout. Le soir le prix des places est doublé.

Diligences. — Il n’y en a plus maintenant au départ de Johannesburg, depuis que le chemin de fer relie cette ville à toutes les directions. Le départ de la diligence pour le Transvaal a lieu maintenant de Prétoria.

Églises. — H y a naturellement beaucoup d’églises protestantes, tant pour les Boers que pour les Anglais. Les catholiques peuvent entendre la messe à la chapelle des sœurs françaises qui ont une école fréquentée par 300 enfants.

Les israélites ont fait édifier également une synagogue.

Journaux. — On compte quatre ou cinq journaux quotidiens : le Star, le Standard , Digger s news, Johannesburg Times, etc., etc. Ils publient trois éditions par jour et se vendent 3 pence, ce qui est du reste la plus petite monnaie du pays, car les pièces de bronze y sont totalement inconnues.

En outre, plusieurs journaux font une édition hebdomadaire pour le départ du courrier d’Europe et relatent tout ce qui s’est passé dans la semaine.

Plusieurs journaux spéciaux de modes, de sport ou commerciaux sont également publiés à Johannesburg.

Tous les journaux politiques, comme partout d’ailleurs ont contribué fortement à irriter les Anglais contre les Boers, et la loi qui a été récemment votée concernant la presse, était absolument nécessaire pour donner au gouvernement le droit d’empêcher les attaques odieuses et fausses qui lui étaient journellement adressées. Il faut par contre espérer que le gouvernement ne fera pas un usage trop rigoureux de cette nouvelle loi et que, d'un coup de plume, il ne supprimera pas comme il l’a déjà fait, un journal un peu agressif.

Les rapports toujours si tendus entre Anglais et Boers, ces derniers soutenus par les Allemands, ne peuvent s’améliorer sans concessions réciproques. La presse est l’instrument le plus actif pour améliorer ou pour aigrir ces relations ; les attaques journalières et répétées finissent par agacer les plus conciliants et à leur inspirer des mesures beaucoup plus sévères qu’il ne serait souvenl nécessaire.

Mœurs et coutumes. — L’Anglais on Afrique est resté Anglais comme partout. Cependant, à Johannesburg principalement, il s’est démocratisé, ce qui tient certainement à l’origine de la ville. Quand, en 1880, les premiers pionniers arrivèrent pour fonder la ville, ce furent tous des hommes de Ivimberley ayant déjà fait leurs preuves, habitant l’Afrique du Sud depuis longtemps et que la vie dure des camps avait rendus rudes de façons. Ils étaient en effet tous fils de leurs œuvres et avaient fait leur affaire au milieu des difficultés des pays nouveaux. Habitués à coucher sous la tente, à habiter des maisons en carrés de fer blanc, ces hommes prirent peu à peu des manières brusques et sans façons qu’ils ont apportées avec eux et transmises aux nouveaux venus. Aussi, tous les habitants de Johannesburg ont-ils un petit air rude, mais au fond ils sont très bons vivants et d’agréables relations. Seulement il ne faut pas attendre d’eux une honnêteté aussi grande que celle des Européens ; ils sont en effet allés en Afrique pour gagner de l’argent, bien vite, employant à cet effet leur intelligence et leur peine, mais ne reculant devant aucun moyen pour atteindre leur but.

Toutes les grosses affaires sont entre les mains de chefs anglais ou allemands ; presque toutes les affaires commerciales importantes sont également dirigées par des Allemands. Les Boers ne s’occupent pas d’affaires minières, ou du moins très peu. Comme exception on peut citer MM. Lewis Mark qui possèdent, dit-on, la plus grosse fortune immobilière du Transvaal. Les Boers sont en général dans l’administration, ils préfèrent le farniente bureaucratique aux aléas des affaires,

cela cadre mieux avec leurs habitudes flegmatiques. La qualité de fonctionnaire ne leur enlève pas le désir d’augmenter leurs appointements par de nombreux pots de vin qui sont pour ainsi dire obligatoires et reconnus dans le Transvaal.

Les Boers et les Anglais forment deux classes bien distinctes de population. Les Anglais se suffisent à eux-mêmes, se reçoivent entre uux, admettant cependant dans leur intimité les nombreux ingénieurs américains qui sont venus prendre la direction des mines de Johannesburg. Il faut en effet remarquer que, dans ce pays où presque tous les capitaux ont été fournis à l’origine par des Anglais, presque tous les ingénieurs des mines sont américains et quelques uns sont français ; ces derniers ont même, jusqu’à présent, réussi parfaitement au Transvaal, et il est probable que peu à peu de nombreuses mines seront dirigées par des ingénieurs français.

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