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INDICATIONS GÉNÉRALES SUR LES ARTICLES IMPORTÉS EN AFRIQUE DU SUD

Armes. — Indépendamment des canons, fusils et munitions importés par les gouvernements, les armes de guerre ne sont pas admises à l’importation, sauf cas spéciaux. Les fusils de chasse employés sont tous d’origine anglaise ou allemande. On se sert aussi beaucoup de carabines Winchester et américaines. Les revolvers sont de provenance américaine. Peu à faire pour la France.

Allumettes. — Rien à faire pour la France. On emploie exclusivement les allumettes suédoises, et leur bon marché est tel qu’elles sont distribuées gratuitement chez tous les marchands de tabac et de liqueurs.

Bois brut. — S’importe directement de Suède, de Californie et d’Australie. On emploie une grande quantité de poutrelles pour les mines.

Bonbons et sucreries. — La France devrait exporter davantage dans cet article. L’emballage doit être excessivement soigné , en petits caissons zinc de peu de poids, à cause des chaleurs des tropiques et des transbordements en chemin de fer.

Bougies. — Rien à faire pour la France. On ne vend guère que des bougies en paraffine et l’on n’en fabrique de ce genre qu’en Angleterre, Allemagne et Hollande. Les bougies chères en stéarine sont d’un petit emploi.

Brosserie et tabletterie. — Vient surtout d’Allemagne, article peu important.

Bicyclettes. — Grand article pour l’Afrique du Sud. Une maison française établie à Johannesburg en vend des quantités. On pourrait avoir de bons résultats avec cet article. Les marques anglaises sont peu à peu détrônées par les machines américaines, et les bicyclettes bon marché viennent d’Allemagne. On en reçoit de bonne qualité à 175 francs.

Bestiaux. — Les bœufs et les vaches sont importés sur une grande échelle de notre colonie de Madagascar. Il y a, pour ces animaux, un grand débouché assuré au Transvaal. On importe maintenant de la viande de bœuf conservée dans de la glàce depuis la Nouvelle Zélande; cette viande revient à i'1 la livre à Johannesburg.

Beurre conservé. — Grand article d'importation. La France en fournit une partie insuffisante. S’importe surtout en boites de 1 livre, de 7 livres et de 14 livres anglaises. Le beurre doit être blanc, salé, et sans odeur. On importe de grandes quantités de beurre du Danemark, et maintenant la Suisse commence à fabriquer le beurre conservé dans de très bonnes conditions. En France, les bons beurres sont trop cher; les beurres bon marché ne supportent pas le voyage et sont invendables à l’arrivée.

Bière. — Rien à faire avec les bières françaises :

trop cher de plus de 50 p. 100. On importe spécialement des bières de Munich fabriquées à Hambourg. On consomme beaucoup de bière de Pilsen et également les bières en bouteilles de Allsopp’s Pale Ale, Guines’s Stout. Mais l’importation de ces bières se ralentira à cause des nombreuses brasseries installées un peu partout dans l’Afrique du Sud.

Bijouterie or et argent. — Peu à faire pour la France qui fabrique des articles de trop bon goût pour la clientèle sud-africaine. Les montres viennent toutes d’Angleterre on de Suisse.

Les montres argent viennent d’Allemagne et de Suisse.

Bijouterie fausse. — Se vend en assez grande quantité pour les indigènes, spécialement dans la colonie du Cap où l’élément métis a pris rapidement les modes européennes; on vend surtout des bagues, des boutons de manchettes, bracelets, colliers, boucles d’oreilles, etc. Il y aurait à faire pour la France dans cet article dont les échantillons devraient être remis aux maisons d’exportation de Londres ou de Hambourg.

Café. — S’importe en grande quantité et la vente augmente régulièrement. Aient directement du Brésil ou des États-Unis. Les États-Unis l’expédient aussi tout torréfié et tout moulu, dans des boîtes fer-blanc de 1/2 livre et de 1 livre.

Voitures. — Les voitures de maître françaises devraient se vendre à Johannesburg : elles sont supérieures comme construction aux voitures anglaises, et les riches financiers ne regarderaient pas au prix.

Rien à faire pour les charrettes, chariots, etc., qui se fabriquent dans de très bonnes conditions sur place;

par contro, une grande demande pour wagons de chemins de for, de tramways, qui sont presque tous fournis par Birmingham et par Hambourg.

Céréales. — Grand débouché en l’Afrique du Sud. Viennent directement des Etats-Unis, de Buenos-Ayres et d’Australie.

Chapellerie. — On fait une grande consommation de chapeaux mous à larges bords gris et marrons. Ces chapeaux sont fabriqués en Italie et en Autriche; les fabriques françaises pourraient fournir cet article, sinon tout à fait au même prix, du moins dans de bonnes conditions et supérieurs comme qualité. Peu à faire pour les chapeaux de dames.

Ciment. — Grand article, de consommation importante pour les mines : la France en fournit une partie et pourrait en vendre bien davantage; on demande des ciments à prise rapide pour les travaux dans les galeries de mines où il règne toujours une grande humidité.

Confitures et fruits confits. — Article d’un bon débouché, mais tous les fabricants français sont beaucoup plus cher que ceux d’Angleterre, à cause, sans doute, du prix très bas du sucre en Angleterre. Pour l’exportation les confitures anglaises coûtent, à qualité équivalente, environ 1/3 de moins que les confitures françaises.

Coutellerie. — Grand débouché; mais peu à faire pour les fabriques françaises qui n’ont pas les formes et les modèles usités en Afrique du Sud.

Chaussures. — Article très important et que la France pourrait fournir dans de très bonnes conditions, surtout pour les chaussures fines d’hommes et

de dames. L’article ordinaire est importé de Wolverhampton, de Northampton et de Suisse. La chaussure fine est expédiée d’Autriche ; c’est un article de grande consommation et qu’on devrait pouvoir exporter de nos fabriques de Lille, Rouen, Paris, etc., etc.

Sellerie et harnachement. — Les articles sont presque tous fournis par Birmingham et un peu par les États-Unis. On emploie des modèles spéciaux à cause de la petite taille des chevaux. Article intéressant pour la France.

Lait condensé. — S’importe en très garnie quantité. La marque la plus connue est le Nestlé Mille et le lait des Alpes Bernoises. L’article français pourrait lutter, mais il faudrait dépenser beaucoup d’argent en réclames.

Conserves alimentaires. — Article de grande consommation, fourni auparavant par la France, mais actuellement les articles américains, anglais, allemands et portugais tendent à remplacer les produits français, qui sont trop chers, et les maisons de gros anglaises n’aiment pas les importer, parce que les prix de ces produits ont été avilis par la concurrence française. On importe surtout des petits pois reverdis, des haricots verts, des asperges et autres légumes fins ; les sardines viennent du Portugal. Les conserves de fruits viennent toutes de San Francisco, à moitié moins cher que celles de Bordeaux. Les articles italiens, introduits depuis peu sur place, prennent une grande extension : ils sont très bien fabriqués, très avantageux. De même poulies conserves de viande, l’article courant et de grande consommation vient de Chicago. La France fournit seulement les pâtés de foie gras, les terrines de gibier

et les articles fins, mais lus produits anglais onl dos débouchés beaucoup plus importants.

Tissus de coton. — Rien à faire pour la Franco. Viennent en plus grande partie de Manchester ; les Klats-Unis expédient aussi des qualités spéciales: Rombav exporte, dans des conditions rendant impossible toute concurrence, les grosses cotonnades ordinaires que les négociants hindous vendent aux indigènes.

Étoffes de laine et autres. Soieries. — La

France fournit indirectement une grande partie de ces articles, qui sont achetés et réexpédiés par les maisons de gros de Londres. On emploie beaucoup d’étoffes genre cheviotte , dos diagonales, des Jacquard, des façonnés, etc. Peu do draperies; comme soieries, on vend surtout dos articles légers de taffetas, des unis, surahs, gazes, mousseline de soie, etc., etc.; l'article ordinaire vient de Zurich et des Indes anglaises.

Couvertures coton et laine. — Article de grande consommation pour les indigènes, et où la France pourrait sans aucun doute lutter avantageusement avec ses articles de Cours, Orléans, etc. Les couvertures coton sont surtout en faveur : elles sont en général de couleur éclatante, à grands dessins de fleurs, d'animaux ou autres fantaisies; elles viennent toutes d’Allemagne ou de Manchester.

Tôle galvanisée. — Article do consommation immense, venant presque en totalité d’Angleterre et un peu de Belgique et d’Allemagne. Rien à faire pour la France.

Outils divers. — Les fabriques françaises trouveraient de bons débouchés dans ces articles en Afrique

du Sud. On demande, pour tous les travaux de mines ou autres, des outils de première qualité que la France produit dans de bonnes conditions. On vend surtout actuellement l’article de Birmingham, les outils de New-York, les haches de Collines, etc., etc.

Ustensiles de ménage. — Viennent d’Angleterre et de Westphalie. L’article français de Japy et C° est trop cher.

Fromages. — Sont exportés de Suisse et un peu de France. On vend beaucoup de fromages en boîtes de verre. Le fromage de Gruyère s’expédie en grande quantité, par petites meules de 20 à 30 kilogrammes.

Graines et semences. — S’expédient d’Angleterre, des États-Unis et d’Australie. La France devrait en fournir une partie.

Huile comestible. — Vient en petite quantité de Marseille et de Nice, et en grande quantité du Portugal et d’Italie. Les indigènes demandent une huile très ordinaire qui leur est livrée en grande partie par des maisons anglaises qui importent de Marseille et font leurs mélanges en Angleterre.

Instruments de musique. — Débouché encore peu important , mais qui tend à s’augmenter. Les fabriques françaises d’instruments de cuivre pourraient sans doute faire des affaires.

Machines électriques , à vapeur , concasseuses ou broyeuses, industrielles, chaudières, etc. — Toutes ces machines d’un commerce immense pour l’Afrique du Sud entière , viennent d’Angleterre, des États-Unis et maintenant de Hambourg. Bien que fabriquant ces machines dans d’excellentes conditions, les Français ont peu de chances

d(‘ fournir ces articles, à moins d’avoir une place prépondérante dans 1ns conseils d’administration des mines ou autres entreprises. La presque totalité des pilons en usage dans les mines d'or du Rand vient de la maison Fraser et Chalmers de Chicago.

Matériel de chemin de fer, locomotives, wagons, rails, etc. — Tous ces articles sont fournis par l’Angleterre, et par l’Allemagne qui livre tout le matériel de la Compagnie Néerlandaise de chemins de fer. ltien ou peu à faire pour la France.

Produits chimiques. — Viennent presque tous de l’Allemagne qui les produit dans des conditions très avantageuses. Grand débouché que la France devrait fournir pour une partie.

Meubles et ameublements. — L’article ordinaire vient en grande quantité des Etats-Unis, il est expédié tout démonté et est remonté sur place. Les articles plus tins viennent d’Angleterre et d’Allemagne. Il y aurait de bons débouchés dans cet article pour la France, surtout à Johannesburg où les gens riches aiment à acheter des meubles français. Il faudrait que les tapissiers aient sur place un agent possédant tous échantillons, devis et plans, pour prendre les commandes.

Tissus d’ameublement. — Viennent d’Angleterre, d’Allemagne et de Belgique. Les fabriques de Roubaix et de Lyon pourraient lutter avantageusement.

Œufs. — Les chargements d’œufs sont expédiés d’Italie. On fait actuellement des essais pour envoyer des œufs de Buenos-Ayres au Cap.

Papier à écrire, à imprimer, etc. — Viennent d’Angleterre, d’Allemagne et d’Autriche. La France

devrait pouvoir livrer ees articles. On demande des poids et des qualités spéciaux.

Papier de tentures. — Vient d’Angleterre et d’Allemagne. Grand article que la France pourrait fournir dans de bonnes conditions.

Savon. — L’article ordinaire vient d’Angleterre. Les savons de Marseille ne sont pas appréciés sur place, les formes et les qualités ne plaisent pas. En fabriquant l’article demandé en Afrique du Sud, les maisons de Marseille pourraient se créer des débouchés importants.

Spiritueux. — Les marques anglaises sont surtout appréciées, les whiskys d’Irlande et d’Écosse. Les marques principales qui se vendent en Afrique sont : les Dewars, Buchanan’s, Crown, etc. Les gins viennent de Hollande et d’Allemagne. Les alcools ordinaires viennent d’Allemagne. La France fournit principalement les cognacs fins, et les marques demandées sont : le Martell ; le Henessy * * * ; le cognac A. et F. Fouquet et C,c ; Pelisson père et Cie, ★★★et*****, etc. Les autres liqueurs française ont également un bon débouché, mais il est très difficile de faire prendre une marque.

Vins de Champagne. — Les vins de Champagne sont consommés en grande quantité.' Marques principales : Moët et Chandon, Heidsieck, Yve Cliquot, De Venoge, etc., etc. Même observation que pour les cognacs pour la difficulté de faire prendre les marques. Les marques ordinaires ne sont pas achetées, il est peu avantageux d’en importer à cause des frais qui sont les mêmes que pour les marques connues.

Vins de Bordeaux et de Bourgogne. — Aupa-

vavant, du temps du boom sur les mines d’or, les grands vins de Bordeaux avaient un grand débouché en Afrique du Sud; actuellement ils ne se vendent plus, à aucun prix. Les gens riches ne boivent que du Champagne. On importe de grandes quantités devins de' Bordeaux et de Bourgogne, et en général on perd de l’argent sur ces produits, à cause de l’avilissement des prix. On reçoit également beaucoup de vins d’Espagne, de Portugal et d’Italie ; en outre les vins de la colonie du Cap font une grande concurrence aux vins européens. Récemment on a importé des vins d’Australie qui ont donné d’assez bons résultats. Les vins allemands du Rhin et de la Moselle sont très demandés, par suite du grand nombre de commerçants allemands en Afrique.

Sucre. — Peu à faire pour les raffineries françaises, qui malgré les primes d’exportation, luttent difficilement avec les maisons de Hambourg ou de Rotterdam. O11 importe beaucoup de sucre de canne de l’ile Maurice et de l'ile Bourbon.

Parfumerie. — La parfumerie tine vient de France et d’Angleterre ; elle est vendue par les pharmaciens. L’article ordinaire vient d’Allemagne. Bon article pour la France, et il est certain que la consommation augmentera au fur et à mesure des progrès de la civilisation, les indigènes étant, comme dans les Antilles, très coquets et aimant la toilette, les parfums, etc., etc.

Vêtements et confections. — Ces articles ont un grand débouché en Afrique du Sud, ils sont fournis presque exclusivement par l’Angleterre et par l’Allemagne. Les fabriques françaises de Paris, Lille et

Armentières auraient de bons débouchés pour articles d’hommes ; quant à la confection pour dames, elle est vendue par des maisons anglaises, qui achètent maintenant ces articles à Berlin, au lieu de les acheter à Paris, comme autrefois.

Lingerie, bonneterie, modes, etc. — Une bonne partie de ces articles vient indirectement de France.

Verrerie, porcelaine et faïence. — Viennent d’Angleterre, d’Allemagne et de Bohême. La France pourrait fournir une partie de ces articles, surtout dans les qualités supérieures. L’article ordinaire est trop cher en France.

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