FRANCHISE
Suivant la loi de 1882, pour devenir Burgher do l’État, il faut être né dans l’État et avoir atteint l’âge de
vingt et un ans. Après des actes de bravoure à la guerre, le titre de Burgher peut être concédé à quelques étrangers qui ont à payer pour obtenir leur lettre de naturalisation la somme de £ 25. Les étrangers peuvent aussi obtenir des lettres de naturalisation sur le certificat du Landdrost de leur district constatant qu’ils ont résidé dans le pays depuis cinq ans et ont toujours observé les lois. D’autres dispositions s’appliquent particulièrement aux Cafres, aux coolies, aux Arabes et aux Malais, qui, en aucun cas, ne peuvent devenir Burghers ni recevoir des licences pour exploiter des concessions minières ou faire commerce d’or et de pierres précieuses. Les restrictions de cette loi rendent presque impossible l’admission à la franchise et au droit de vote pour les étrangers. En faisant cette loi, les Boers ont eu évidemment pour but de protéger, autant que possible, leur patrimoine qui, sous la poussée considérable des immigrants européens, aurait vite fait de disparaître; les Européens acquérant petit à petit le droit de vote, se faisant élire , et finalement obtenant la majorité dans les assemblées législatives.
On se rappelle que cette question de droit de vote a été une des réformes demandées le plus vivement par le Reform Committee avant et au moment de l’invasion Jameson.
ARMÉE
Le Transvaal n’a pas d’armée régulière, tous les Burghers entre seize et soixante ans sont tenus de répondre à l’appel en temps de guerre. La première levée comprend les hommes de dix-huit à trente-quatre uns; la seconde, les hommes de trente-quatre à cin-
qualité ans, et, s’il était nécessaire, la troisième levée comprendrait les jeunes gens au-dessous de dix-huit ans et les hommes au-dessus de cinquante. Les Burgliers enrôlés en temps de guerre doivent fournir euxmêmes leurs vêtements, leurs armes et leur cheval. Ils doivent également emporter avec eux trente jours de vivres. Les Burghers exemptés de l’appel pour différentes causes doivent cependant contribuer aux dépenses de la guerre pour une somme ne pouvant dépasser £ 15; de même, les étrangers fixés au Transvaal sont tenus, en temps de guerre, de payer la même contribution. Il n’y a en temps de paix qu’un corps d’artillerie réparti sur différents points du territoire, mais dont la portion la plus importante est casernée à Prétoria. Depuis l’invasion Jameson, le Transvaal a dépensé une somme très considérable pour ses armements. On estime à 125.000.000 fr. les sommes ainsi employées depuis deux ans en achats de canons faits à l’usine du Crcusot, de fusils Mauscr, de carabines, de munitions de toutes sortes et en fortifications importantes construites aux environs de Prétoria. Ces dépenses considérables ont été prélevées naturellement sur le budget et sur l’excédent des recettes qui s’élevait en 1895 à plus de 30 millions et qui actuellement a complètement disparu. Quoi qu’il en soit , le Transvaal peut attendre de pied ferme une invasion étrangère. On a vu au moment de l’invasion Jameson qu’en deux jours plus de 3.000 Burghers s’étaient massés en avant de Johannesburg et avaient écrasé les troupes du flibustier anglais. Les Boers sont renommés pour leur grande habileté au tir, auquel ils s’exercent dès l’enfance; ils sont fort bons cavaliers,
supportent admirablement les fatigues des camps, et il paraît certain qu’à moins de déploiement de forces extraordinaires, ils arrêteraient encore facilement toute expédition destinée à aliéner leur indépendance.