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ment de tète ! J'étais presque impressionné. Au bout d'un quart d'heure environ, les deux fils du chef arrivèrent et vinrent se placer à mes cdtés. C'étaient mes parrains. Ils me présentèrent et firent ma demande d'affiliation. On me demanda mes noms, titres et qualités, que je déclinai de mon mieux. On me dit ensuite que tous, chez les Ânnia, étaient décidés à vivre et à mourir libres, et l'on me demanda si je ne venais pas dans le pays pour travailler à le soumettre. U me fut facile de répondre que je n'étais pas un honmie de gouvernement, etc. a C'est bien, » dir^trils. On me demanda enfin si je désirais des troupeaux. Alors eut lieu un petit débat. On ne comprenait pas mon désintéressement. Cependant nous fintmes par nous entendre. Puis le Boku me dit : « Pierre, tu es fils de Dalali. » Le Dori répéta la même formule, et tous répondirent en chœur : « Qu'il en soit ainsi. » Ensuite vint la proclamation de membre de la tribu ; le tout avec beaucoup de gravité. On m'avait fait lever et appuyer les mains sur les épaules de « mes frères » ; le « vieux chef )) me dit : a Désormais tu es nôtre, tu peux aller et venir partout en pays annia ; même conduit par une jeune fiUe, personne ne te dira rien. Va maintenant. y> Je crus devoir donner, gravement aussi, des poignées de main à tous mes nouveaux « frères, » et embrasser mon nouveau « père. » Cette adoption a fait sensation dans la contrée, et j'espère que tout continuera à bien aller. On vient me voir de tous côtés. Ce qui intrigue surtout les gens, c'est ma montre. Ils la prennent, la mettent à leur oreille ; le tic-tac les déconcerte. Ils ne sont pas éloignés de croire qu'il y a quelque dieu ou déesse caché dans la boite. Pour terminer la fête, le jour de mon adoption, j'offris à mon « père », en cadeau, un*gros bouc. U me demanda si l'animal serait tué chez moi ou chez lui. Connaissant son goût et tenant à lui faire plaisir, je déclinai l'honneur de tuer la bête. De plus, je prétextai la fatigue pour ne pas assister au festin, ce qui plut encore davantage, car c'était pour eux une part de plus. A six heures on tuait le bouc, et à huit heures U n'en restait plus que la peau. Le sang avait été bu, et la chair, mangée presque crue. Les Annia son) forts et braves ; ils ont une certaine loyauté. La peur de toute domination étrangère fait qu'ils s'abstiennent de toute culture. Je m'occupe À faire bâtir une cabane qui me manque. En attendant je suis logé dans une chétive masure appartenant à « mon père, » oii, la nuit, tout ronfle pêle-mêle, hommes, chevaux, ânes, etc., pendant que je sms dévoré par la vermine. Mais ai-je le droit de me montrer difficile, quand je vois les princesses, a mes sœurs, » balayer la cour de leurs propres mains? Dans quelques semaines j'irai à Harrar, prendre un ou deux missionnaires pour commencer la mission des Annia. »
L'expédition préparée par le IF de Hardeipuper et le D' Pau-
litochke doit quitter l'Europe à la fin de décembre, pour se rendre à Zella, et explorer le territoire habité par les Somali et les Galla au sud du golfe d'Aden, au point de vue de la géographie, de l'ethnographie et de l'histoire naturelle. Au sud, à l'est et à l'ouest de Harrar, s'étend un pays jusqu'à aujourd'hui inconnu au delà d'un rayon de quelques kilomètres autour de cette ville, de laquelle dépendent les relations commerciales avec les pays situés au nord des grands lacs de l'équateur. Toute la région habitée par les tribus des Isa et des Gadiboursi Somali, et par les Noli, Abaddo, Ittou et Annia-Galla, est encore inexplorée. Le D* de Hardegger se propose de l'étudier en détail, et d'y faire des collections. Il part muni des meilleurs instruments : chronomètres, baromètres, hygromètres, boussoles, microscopes, appareil photographique, etc. Il emporte de plus une forte provision d'écus à l'effigie de Marie-Thérèse, au millésime de 1780, la monnaie courante des pays de cette partie de l'Afrique. Il aura avec lui, comme serviteurs, deux robustes jeunes gens de Tran^lvanie. Le D' Schweinfurth emploiera ses bons offices à aplanir la voie des explorateurs en Egypte ; le nouveau résident britannique à Zeïla et Berbera, le major Hunter, leur réserve aussi son bon vouloir. Si l'expédition atteint heureusement Harrar, qu'elle puisse y séjourner quelques mois, et faire des excursions au sud et à l'est de la ville, il en résultera des découvertes utiles pour la géographie et l'histoire naturelle. Mais elle devra se hâter, car ce n'est que de novembre à avril que les pluies équatoriales cessent dans cette partie de l'Afrique orientale, et que les explorateurs pourront faire les observations astronomiques nécessaires pour déterminer la topographie du pays.
Le consul anglais de {Mozambique, M. O'Neill, a adressé aux Proceedings de la Société de géographie de Londres, des renseignements sur l'expédition portugaise confiée au major Serpa Pinto. Nous en extrayons ce qui suit : Partie de Mozambique, elle suivra d'abord la route prise par M. O'Neill lui-même, en 1883, pour se rendre au lac Kiloua, puis elle se dirigera au nord, vers le Tanganyika et le cours supérieur du Congo. Il est probable que ses travaux se combineront avec ceux de l'expédition, également portugaise, commandée par le major Garvalho, qui a remonté la Quanza, et doit s'avancer vers les États du Mouata Yamvo, pour traverser ensuite le continent dans la direction de Mozambique. « Celle du major Serpa Pinto, » dit M. O'Neill, « est organisée sur une grande échelle. J'ai rarement vu une expédition plus parfaitement équipée partir pour l'intérieur de l'Afrique. Son escorte se
compose de 104 Zouloos, du jiays à Touest d'Inhambané, tous aimés de carabines à répétition; ses porteurs, au nombre de 200, ont pour la plupart des fiisils Sniders, fournis par le gouvernement local. Serpa Pinte a pris avec lui deux Européens, le lieutenant Cardoso, de la marine portugaise, et un Anglais, M. Mapp, son secrétaire privé, chargé spécialement de faire des photographies. On n'a ^pai^né aucun frais pour pouiv voir l'expédition des instruments les meilleurs, chronomètres, télescopes, sextants, baromètres, thermomètres, etc. Toutes les provisions sont enfermées dans des bottes de même grandeur, chaque colis pesant 20 kilogrammes. Quatre tentes, munies de tous les meubles et tapis nécessaires, sont à la disposition des voyageurs. Le chef de Texpédition a pris en outre avec lui deux chevaux, et quatre pu cinq chiens. Le cheval qu'il monte lui a été donné par M. Kruger, ex-vice-président de la République du Transvaal; c'est, comme on dit dans les colonies de l'Afrique australe, un cheval saUed, c'est-à-dire inaccessible aux attaques de la tsétsé. Serpa Pinto est chargé spécialement des observations astronomiques et des collections botaniques. Le lieutenant Cardoso, qui lui aidera pour les observations, devra s'occuper surtout des collections d'oiseaux, de papillons et autres spécimens d'histoire naturelle. »
Quant à M. O'Neill lui-même, il est revenu de son excursion à Blantyre, par une route en partie nouvelle, à Quilimane. Un des buts qu'il avait en vue dans ce voyage était de relever le cours du Rao» que les Portugais envisagent comme la limite naturelle de leur territoire. Gr&ce aux observations prises auparavant sur sa rive gauche, à Manasomba Hill, puis à Choumbaza, près de sa source, et enfin à son confluent avec le Chiré, par M. Rankin, secrétaire privé de feu M. le consul Foot, M. O'Neill a pu tracer le cours à peu près complet de cette rivière. Son itinéraire l'a conduit au sud du montMilangi ; cette route, de Blantyre à la côte, est plus directe que celle du Rév. Johnson. C'est une des principales voies commerciales ; elle sera très utile toutes les fois qu'il y aura quelque empêchement dans les conmiunications fluviales avec le lacNyassa.
Pour le moment la voie du Chiré est rouverte, quoiqu'il y ait encore chez les Ma-Chingiri une grande irritation contre les Portugais. Le vapeur de la Compagnie des lacs a pu remonter le fleuve et le redescendre sans opposition.
Les missionnaires de Blantyi-e ont choisi un emplacement pour une nouvelle station à Domasi, à l'angle N.-E. du mont Zomba, Le nom de Domasi est aussi celui d'une belle rivière de montagnes qui, après
avoir franchi la gorge de Zomba, traversé la plaine dans la direction du N.-E., pour aller se jeter dans le lac Chiroua. De Domasi la vue est très belle sur le lac et les ties, et dans le lointain s'élèvent les monts du pays de WarNgourou. Ce qui a décidé les missionuaires dans le chtHx de cet emplacement, c'est une invitation du chef Malemia à venir chez lui pour instruire son peuple. En outre, c'est te centre d'une région dont la population est très dense, k peu de distance de la grande route de Quilbnane & l'intérieur. Les indigènes sont familiers avec les noms du Bangouéolo, (la Louapoula, etc. a A peu de distance, ■ écrit un des missionnaires au Missionnary Record de l'Église d'Ecosse, n il y a ua grand dépôt d'esclaves et d'ivoire; Ik se forment de grandes caravanes pour la côte, n
M. Scott, missionnaire de la station de Blantyi'e, a fait, avec sa fenune et le D*' Peden, une excuision chez les Att^oni. Muni par Kasisi, chef qui a rendu de grands services dans les troubles amenés par le meurtre de Chipitoula, d'uae recommandation pour Cklkonsé, le chef des Angoni, qui exerc« un pouvoir très étendu, il passa par les villages qui bordent les rapides Murchison, du Chiré; puis, après avoir traversé une vast^ plaine de quatre journées de large, il atteignit les montagnes qui entourent, comme un rempart, le plateau des Angoni. Il en fit l'ascension, redescendit le versant opposé, campa trois jours sur un plateau désert et arriva enfin aux villages des Angoni. Les habitants reçurent les missionnaires avec beaucoup de respect ; cependant ceux du chef-lieu demeurèrent froids, par suite de l'opposition faite k deux caravanes de Cbikousé, conduites par des Arabes, dont deux avaient été tués. Les voyageurs durent s'établir en dehors du village de Cbikousé, qui vint leur faire visite, en grand appareil, et accompagné d'un cortège imposant de tous ses principaux chefs. Ses gens se disaient entre eux : a Nous mourrons, car nous avons vu les blancs, u Toutefois leur terreur se dissipa, et de nombreux groupes se pressèrent bientôt autour des missionnaires ; M" Scott surtout était pour eux un sujet de profond étonnement. Cbikousé s'entretint avec les étrangers, sans cérémonie, accepta leurs présents, du sel et des couvertures, et conclut amitié avec eux en leur donnant une chèvre en retour. On se sépara dans les meilleurs termes, et les missionnaires rentrèrent k Blantyre sans accidents ni maladies. Cette visite avait été faite au bon moment, car peu après leur retour, tout le pays autour de leur station devenait le théfltre d'im vaste embrasement, causé par une incursion des Angoni dans les territoires de Koumtaja et de Kapeni. Le 22 août, k 3 heures du matin, le
signal d'alarme fut donné ; des gens en foule traversaient Blantyre, ou passaient auprès pour se réfugier dans les bois. Le lendemain des colonnes de fumée annonçaient au loin que les villages brûlaient les uns après les autres. Les habitants s'enfuyaient vers les montagnes. Des centaines de fournies et d'enfants vinrent demander un abri & Blantyre et à Mandata, oU toutes les places disponibles furent transformées eu dortoirs. Tous les sentiers conduisant à la station étaient occupés par des hommes armés d'arcs, de flèches, et de fusils à pierre. Le pays tout autour était rempli d'Angoni pillant et capturant fenmies et enfants, pour les réduire en esclavage. Cependant ils s'abstinrent de toucher à ce qui appartenait à la mission. Les gens d'un des missionnaires, qui revenait de voyage, étant tombés entre les mains des Angoni, ceux-d, quand ils surent qu'ils étaient attachés à la mission, les traitèrent avec bonté, et les renvoyèrent en sécurité à Zomba. M. Scott résolut de se rendre au camp des Ângoni pour arrêter si possible la dévastation. Accompagné d'un de ses collègues et de deux natifs courageux, il se mit en route, et, après une marche pénible, il se trouva en présence de l'ennemi. Celui-ci le reçut bien ; les deux chefs furent très amicaux, quoiqu'ils eussent parfaitement conscience de leur force. Cette visite eut une certaine efficacité, car peu de jours après, les Angoni se retirèrent, sans avoir commis aucune déprédation, dans les montagnes de Dirandi et de Soché.
Une lettre de M. le missionnaire Jàcottet, dont nous publions plus loin le voyage d'exploration dans le bassin du Haut-Orange (p. 24), nous permet de compléter ce que nous avons dit du Le-Souto, dans nos deux articles sur la question des spiritueux. « Je suis à même, » nous écrit M. Jàcottet, a de vous donner un ou deux renseignements à propos de l'alcoolisme. La loi qui interdit absolument l'entrée des spiritueux au Le-Souto (pour les blancs comme pour les noirs), existe toujours. Depuis la guerre elle n'était plus observée, mais le colonel Clarke, n'entendra pas plaisanterie à cet égard. Sauf dans le district de Masoupa, toujours rebelle, il n'entre plus guère d'eau-de-vie. Les chefe boivent tous, mais à part cela, je n'ai vu que peu d'ivrognes. Chez Masoupa, il existait encore quelques cantines; l'autre jour il en a fait disparaître dix-sept. Je ne sais s'il en reste beaucoup maintenant. Dès que le résident britannique se sentira assez fort, il fera observer la loi. Nous n'avons pas d'association contre l'eau-de-vie ; jusqu'ici cela n'était pas nécessaire, vu la sévérité de la législation; j'espère qu'à l'avenir, la nécessité ne s'en fera pas sentir non plus. Dans l'Église, jusqu'à ces
derniers temps, il était défeadu, du moins en théorie, de boire de- l'eaude-vie, soit européenne, soit indigène. Je ne sais si la loi existe encore, en tout cas elle n'est plus strictement appliquée, et les buveurs de yoaUi (eau-de-vie indigène), ne sont plus mis sous discipline, sauf en cas d'ivresse, bien entendu. Je ne sais quelles sont les lois coloniales ou boers ; vraisemblablement elles sont moins strictes que celles du Le- Souto. »
La Société de géographie de Paris a reçu communication des progrès de l'expédition du D' Holub, qui était le 14 juillet à Growley, district de Fauresmith, dans l'État-Libre de l'Orange. «Nous sommes en hiver, » écrivaitl'explorateur, « nousn'avons pas de neige il est vrai, mais l'herbe est rare et sèche, et j'ai déjà perdu trois bêtes de trait. C'est pour moi une grosse perte ; j'ai dû recourir h l'aide de mes amis d'Autriche ; chaque dépense inutile, chaque perte, diminue la somme dont je dispose. Mon personnel se compose de douze individus ; mon parc de voyage, de quatre chariots, un bateau en fer, et 59 bêtes de somme, dont 57 bœufs. A Cape-Town, où des diflBcultés avec la douane m'ont obligé de m' arrêter, j'ai utilisé mon séjour forcé à explorer les environs ; j'ai envoyé chez moi dix-huit caisses contenant les résultats de mon travail. De Cape-Town j'ai expédié mon parc de voyage par le chemin de fer, à Colesberg. Là j'ai subi encore un retard d'un mois, mais j'ai rempli trois caisses de collections. Le mois prochain l'herbe commencera à pousser. Pour ne pas fatiguer mes animaux, je voyage très lentement, ce qui entraîne de fortes dépenses, quoique, tant que je suis parmi les Européens, on me traite de la manière la plus amicale et que je sois l'objet de beaucoup de prévenances. Le président de l'État-Libre de l'Orange m'a invité à aller à Bloerafontein, la capitale, mais cela m'écarterait trop de ma route. Je toe rends par Boshof vers le Transvaal, et, de Waterberg, je couperai droit à l'ouest sur Shoshong. Comme la saison avancée ne me permet plus de songer à traverser le Zambèze cette année-ci, surtout à cause de mon personnel, la fièvre intermittente conunençant à sévir à la fin d'octobre, je passerai deux ou trois mois sur le Limpopo, ou dans le bassin des lacs salés des Ba-Mangwato. Dans toutes les stations où nous nous arrêtons quelques jours, je procède à des déterminations astronomiques de la position du lieu, opérations pour lesquelles le gouvernement autrichien a mis à ma disposition les instruments nécessaires: un excellent théodolite, trois chronomètres, deux baromètres anéroïdes, etc. Plus tard, quand mes compagnons me paraîtront mieux accoutumés au parc de voyage et à leurs travaux,
et qu*ils pourront me servir d'aides, nous ferons les observations astronomiques, même dans les stations plus courtes. Je ne calcule pas les observations moi-même ; mais je les envoie à Tlnstitut militaire géograr phique de Vienne, où se font les calculs. Depuis mon départ de Cape- Town, nous faisons chaque jour, deux ou trois fois, des observations météorologiques qui paraissent donner des résultats intéressants, surtout là oïl nous nous arrêtons plusieurs jours. Pour les différentes branches des sciences naturelles, je tiens des journaux spéciaux, dans lesquels je consigne, jour par jour, les résultats constatés et la description des collections faites. Le gouvernement de la Eépublique du Transvaal m'a fait savoir que je pouvais faire passer sur son territoire tous mes équipages sans payer de droits de douane, tandis que celui de la Colonie du Cap a taxé mon équipement comme marchandises importées. »
Le Saint'Helena Otiardian annonce savoir, de source autorisée, que les steamers de la New-Zealand Shipping Company, qui touchent au Cap, n'aiment pas ce mouillage, et ne s'y arrêtent que parce qu'ils y sont forcés ; ils l'échangeraient volontiers contre Sainte-Hélène, s'ils pouvaient faire ici leur charbon. L'océan et les vents ne permettent pas aux navires d'entrer dans le port de Cape-Town ni d'en sortir en toute saison, tandis que l'ancrage du port de JameehTown, à Sainte-Hélène, est toujours sûr ; à quelque époque de l'année que ce soit, les vaisseaux peuvent y entrer et en sortir en toute sécurité, y faire de l'eau, et y prendre des provisions toujours abondantes. Placé sur la route des steamers des colonies de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, ce mouillage leur offrirait toute facilité pour faire leur charbon et réparer leurs machines sans aucune perte de temps.
Le Mouvement géographique nous apporte d'utiles renseignements sur les oulturea entreprises à Léopoldvllle et h Boma par M. Tensoh, agent allemand de l'Association internationale du Congo, qui vient de rentrer en Europe après trois ans de séjour dans les stations du Congo, n a planté autour de celle de Léopoldville 8000 bananiers qui, au bout de dix mois, avaient atteint une hauteur de trois mètres et donnaient déjà des fruits abondants. Il a également planté dans le potager 90 pommes de terre qu'il avait apportées de la côte. Au bout de quatre mois, il avait une première récolte, qu'il a employée intégralement à de nouvelles plantations. Il a renouvelé l'opération une troisième fois, et la station possède aujourd'hui une centaine de kilogrammes de pommes de terre qui fourniront de quoi ensemencer tout un hectare. L'expérience
lui a prouvé que la culture de la pomme de terre exige que Ton se contente de deux récoltes par an. On pourrait cependant en avoir trois, tant la terre est fertile autour de Stanley-Pool. U a semé aussi des choux, des salades, des carottes; le tout a par&itement réussi. Le manioc a donné d^excellents résultats, de même que le sorgho. Les plantations de cannes À sucre couvrent actuellement deux acres. Il né faut que huit à neuf mois pour récolter le sucre. Au bout d'une année la station de Léopoldville en a obtenu d'excellent. Plus de 300 plants de caféier poussent avec un plein succès, mais il faut trois ans pour obtenir une première récolte. Lidépendamment de ces cultures, les jardins de Léopoldville ont reçu des plants de Saueraap, fruit qui se rapproche beaucoup de Tananas, des pruniers, des ponmiiers, des poiriers, des cerisiers, des vanilliers, des cacaotiers, des orangers, des figuiers. De tous ces plants ont été tirés un nombre considérable de rejetons, dont T ensemble constitue déjà, autour de la station, une véritable forêt. La station possède trois mules et trois ftnes. L'arrivée de ces animaux dans cette contrée, oh jamais cheval ni mule n'avaient pénétré, a été un véritable événement, qui remplit encore d'étonnement, et même d'effroi, ses naïfs habitants. — En redescendant à la côte, M. Teusch s'est arrêté trois mois à Boma, où il a créé également un potager et un jardin. Il y a planté entre autres des eucalyptus qui constitueront un excellent fébrifuge.
Le journal le Heidenbote^ publié par la Société des missions de Bftle, renferme, sur le Volta, des renseignements nouveaux, extraits du rapport de M. Gottfiried Zimmermann, qui faisait partie de l'expédition missionnaire envoyée à Salaga. Â vingt milles à l'ouest de Salaga se trouvent les sources des deux bras du fleuve qui, en amont de Jeguy, se réunissent pour former le Volta. Le bassin de ses sources est très étendu. Dès la jonction de ces deux bras, il forme déjà un véritable fleuve, car il a à peu près la même largeur qu'il conserve jusqu'à son embouchure, en^ron 400 à 500 mètres ; en revanche, sa profondeur est faible. De Jeguy à Baguiemsou, il forme de nombreux méandres, puis prend une direction sud jusqu'à Kpong, et sur ce parcours de 45 milles se trouvent quinze rapides plus ou moins forts. Son lit est tantôt pai'semé de rochers, tantôt sablonneux ; sur une faible longueur seulement, il est navigable. De Kpong à Âda il coule dans une direction E.-S.-E., puis à Ada, à un mille de la mer, il forme un delta, semé de bancs de sable, et en quelques endroits, de rochers. Conmie les eaux montent de juillet en octobre, de dix à quinze mètres au-dessus de leur niveau ordinaire, tandis que la hauteur des rochers et des bancs de sable
ne dépasse pas quinze mètres aa-dessus du fond, on peut, avec quelque précaution, le remonter avec des embarcations tirant deux mètres d'eau^ tandis qu'aux eaux basses, un bateau tirant quinze centimètres d^eau s'ensablerait infailliblement. Aussi ne peut-on pas songer à établir des communications par la voie du fleuve, entre la côte et Salaga. Les cnfes énormes qu'il subit, et qui en font par moments un fleuve de 650 mètres de large, empêchent les habitants d'établir leurs villages sur ses bords.
NOUVELLES GOMPIiÉMENTAIREB
M'' Sogaro, vicaire apostolique de P Afrique centrale, actuellement au Caire, » envoyé le P. Vincentini au Mahdi, pour lui demander la mise en liberté des religieuses et des missionnaires, prisonniers à £l-Obéid depuis vingt-sept mois. Qr&ce aux facilités que lui a accordées le général Wolseley, le P. Vincentini a atteint Dongola, d'où il a télégraphié qu'il espérait beaucoup pouvoir arriver jusqu'au Mahdi.
Le comte Auguste Boutourline qui, malgré sa jeunesse, a déjà fait ses preuve» comme explorateur, est parti d'Assab pour se rendre au Choa, en suivant la route ouverte par Antonelli.
M. J. James, connu par ses expéditions de chasse au Soudan, se propose depénétrer, pendant l'hiver, de Berbera à Webbi, avec un de ses compatriotes^ M. Phillips.
De retour du Choa, M. Soleillet a formé le projet, plus ou moins fantastique,, de faciliter les communications de ce pays avec la cftte, en détournant dans l'Haonasch, l'Abai, partie supérieure du Nil-Bleu. Aujourd'hui l'Haouasch se perd dans les lacs Aoussa; augmenté par l'apport des eaux de l'Abai, U se fraierait, croit M. Soleillet, un lit jusqu'à la baie de Tadijoura (?), et fournirait ainsi une voie fluviale navigable jusqu'au Choa.
D'après une lettre de M. Ledoulx, consul de France à 2^nzibar, la station missionnaire de Mrogoro a été incendiée, ce qui retardera la création d'un nouveau poste projeté pour la fin de l'année. La malveillance est étrangère à cet incendie, car les indigènes aiment beaucoup les missionnaires; la reine Simba Mouéni leur est toute dévouée ; elle s'oppose, autant qu'elle le peut, aux sacrifices humains.
Le capitaine Bloyet a écrit de Oondoa que la guerre règne entre les chefs du pays ; Mahouinga, sultan de l'Ou-Héhé, se disposait à attaquer Condoa, dont les habitants faisaient des préparatifs de défense. M. Bloyet se proposait d'envoyer sa femme à la station de Mrogoro, dès que les hostilités deviendraient imminentes.
L'expédition commerciale portugaise commandée par le capitaine Pàlva d'Andrada poursuit sans obstacle sa marche vers Manica. Elle passera l'hiver à Oo* rongozo.
Jusqu'ici c'était surtout dans le district de Lydenbourg que l'on avait constaté, au TransTaal, l'existence de gisements aurifères exploitables. On en a découvert récemment près de Palalaberg, dans le district de Waterberg, d'aussi riches, parait-il, que les premiers.
Le Border News d'Aliwal North annonce la découverte d'une nouvelle mine de houille, à 5 kilom. de Burghersdorf, près de Molteno, et à 50™ de la voie ferrée. Des experts ont rapporté que la qualité en est supérieure à celle de la mine de Cyphergat. "
Les comités de VAfrieander Bondj dans le Transvaal et dans l'Êtat-Libre de l'Orange, ont convoqué à Potchefstroom, pour le 24 décembre, un Congrès, afin de délibérer sur la question d'une union politique plus intime entre les deux républiques sud-africaines.
Le gouvernement de l'empire d'Allemagne a nommé le D' Bieber consul général pour l'Afrique australe.
Le SUvertùum, navire de 5,000 tonnes, construit spécialement pour la pose des câbles sous-marins, a quitté la Tamise emportant la seconde section du câble qui doit relier les colonies anglaises de la c6te occidentale d'Afrique à l'Angleterre et à la Colonie du Cap.
Il existait déjà ^e petits journaux dans les langues indigènes, par exemple le Kafir Express^ mais ils étaient tous plus ou moins les organes d'institutions ou de sociétés missionnaires. La fin de l'année 1884 en a vu paraître, à King-William's Town, un nouveau^ indépendant, le Imvo ZahanUundu^ ou V Opinion indigène. Il est imprimé en partie en cafre, en partie en anglais. L'éditeur en est un natif, auquel il servira d'organe pour plaider la cause des intérêts des indigènes, dans leurs rapports avec les colons.
La Société des missions baptistes d^ Angleterre se propose d'étendre son champ d'activité vers le Congo supérieur, et de tenter l'exploration d'une route dans la direction de l'Albert-Nyanza et du Mouta-Nzigué de Stanley. M. Arthington a donné pour cela une somme de 50,000 fr.
La maison Jant/en et Thormalen, de Hambourg, a constitué une société au capital de 625,000 fr. pour explorer le Niger et le Bénoué. L'expédition, à la tète de laquelle se trouve M. Robert Flegel, se mettra en route au printemps prochain.
M. Yiard, ancien compagnon de M. de Semelé, après avoir, en 1881 et 1882, exploré le royaume du Nupé dépendant de celui de Sokoto, prépare une nouvelle expédition qui remontera le Bénoué.
D'après le Calwer Missiombîatt, le trafic de l'eau-de-vie à la côte de Guinée y fait d'affreux ravages. Il a été débarqué récemment, à l'embouchure du Niger, pour deux factoreries seulement, 2500 caisses de rhum et d'eau-de-vie de genièvre. Et un journal de Boston écrivait, le 28 aotit de cette année : < Le plus fort chargement de rhum de la Nouvelle-Angleterre qui ait jamais été fait aux États-Unis, vient de partir pour la c6te occidentale d'Afrique; il était de 8500 tonnes. >
La Société des missions de l'Église presbytérienne unie d'Ecosse a décidé de fonder une nouvelle station au Yieux-Calabar, à Ikorana, ville de la tribu des
Oumon, à une grande distance d'Ikorofiong, jusqu'ici le poste le plus aTancé de cette Société. Ce sera un centre d'activité d'où les missionnaires poorront atteindre Biakpan, ville de 3000 habitants, et plusieurs villages et fermes du voisinage.
Le Comité des missions de Paris a également l'intention de créer un nouveau poste à Eerbala, village bambara, à 8 kilom. de Dagana. M. le missionnaire Jacques, aide de M. Taylor à S^Louis, y a fait une reconnaissance, et a choisi l'emplacement de la future station.
Un env(»yé du grand chef de Tombouctou a fait annoncer son arrivée à Saint- Louis. Chargé d'établir des rapports directs avec la colonie du Sénégal, il est venu en France par un paquebot de Bordeaux. Un professeur d'arabe l'accompagne comme interprète. Il devra conduire à Timbouctou les personnes que le gouvernement français voudra y envoyer avec lui, et répondra sur sa tète de leur retour à S^-Louis.
La pose du câble sous-marin destiné à relier le Sénégal avec l'Europe par la voie de Ténériffe-Cadix est terminée.
Deux compagnies de pèche et de colonisation des Canaries ont établi des comptoirs entre le cap Blanc et le cap Bojador. Sur cet espace de 500 kilom., il y a six baies et plusieurs rades. Des missionnaires et des colons ont déjà quitté les Canaries pour s'établir sur les points occupés par les compagnies.