PORT-LOUIS
milieu de la verdure. On ne compte pas moins de dix mille Indiens à Port-Louis, et ce n est, à ce qu il parait, que la huitième partie de ce que Tile entière en contient. Ces hommes sont industrieux, durs au travail, mais ils vivent à part sans se laisser pénétrer par les habitudes étrangères; les ministres anglicans n'obtiennent au milieu d'eux aucun succès, et c'est en vain qu'on a voulu plier leurs enfants à l'éducation anglaise.
La population de Port-Louis, qui ne s'élève pas à moins de soixante mille âmes, est une des plus bigarrées du monde entier. Les quais, les grands magasins, les quartiers populeux présentent dès l'aube un spectacle tout particulier de variété et d'animation. Là se mêlent et se pressent Arabes, Persans, Bengalis, Chinois, marchands de Mascate et de Bombay, de Tranquebar, de Pondichéry, de Madras, de Calcutta, de Canton, de Singapore, acheteurs et vendeurs anglais et français, miliciens anglais, po/icem^n Vêtus comme ceux de Londres, à l'exception d'une coiffe blanche qui protège leur tête contre les ardeurs du soleil, agents delà police indienne en turbans, en robes blanches serrées par des ceintures bleues. Des colporteurs arabes et indiens, des créoles noirs et jaunes portant sur leur tète de grandes corbeilles, des Chinois avec leurs marchandises, fruits, légumes et gibier, suspendues à une longue perche et se balançant en équilibre sur leurs épaules, sollicitent les acheteurs par des cris où toutes les intonations, tous les vocabulaires sont représentés, mais où cependant 'le