‹ L'Afrique nouvelleChapitre 201 sur 265 · FOULE-POINTE · texte numérisé non relu

FOULE-POINTE

prenaient expirer au pied de la forêt. Après quelques jours de ce trajet, le voyageur déboucha sur un plateau d'où la vue s'étend au loin et domine de vastes espaces de la forêt et de la mer. Au bas du plateau, sur le rivage, s'étend Foule-Pointe ; naguère c'était un des ports ouverts par Radama au commerce européen, et ce point, comme tant d'autres sur cette côte, depuis la baie d'Antongil jusqu'au Fort-Dauphin, a retenti du nom de la France. C'est là qu'à la fln du dix-huitième siècle l'aventurier Benyovsky, prisonnier des Russes, voyageur en Chine, chef d'une expédition française, vint se présenter aux populations comme le descendant d'un de leurs chefs indigènes, et réussit à régner douze ans sur les tribus de Mahavelona. Des guerres intestines, les misères de la traite ont depuis désolé ce rivage, et ce fut en vain que M. Ellis chercha à évoquer dans la mémoire de ses habitants actuels le souvenir de l'aventurier polonais.

A Foule-Pointe, comme à Tamatave, le missionnaire reçut le meilleur accueil. Il poursuivit quelque peu encore son excursion, complétant sa moisson de plantes et de fleurs ; puis il reprit le chemin de Tamatave, d'où il gagna Maurice et le Cap. C'était seulement dans une troisième visite qu'il allait pouvoir pénétrer jusqu'à la capitale des Hovas, but de ses persévérants efforts.

Page 1