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NOS DEVOIRS ENVERS L'AFRIQUE

des monstres qu'elle enfanta jadis dans ses convulsions, c'est dans cette zone inconnue, sous Téquateur africain, qu'il faut les aller chercher. C'est là qu'aujourd'hui se trouve la dernière grande lacune de nos cartes d'Afrique. Puis, quand le sentiment de curiosité qui nous promène à travers tous les recoins dé notre domaine terrestre aura obtenu, même en Afrique, une entière satisfaction, quand nous aurons délimité et inscrit toutes les divisions topographiques de ce continent, après Tœuvre géographique viendra celle non moins considérable qui est réservée au commerce et à la civihsation ; car, dans le vaste échange de services que les hommes sont appelés à se rendre en se mêlant d'une extrémité de la terre à l'autre, si l'Afrique promet à nos diverses industries des débouchés, et fournil, par la variété de ses produits, un aliment inépuisable à notre commerce, elle a droit en échange à ce que nous fassions de consciencieux efforts pour introduire au milieu des peuplades barbares qui l'habitent des éléments salutaires de morale et de civilisation. En Amérique et en Australie, les races européennes se sont établies dansâtes plus riches parties du sol après avoir anéanti ou refoulé les peuplades indigènes. Aujourd'hui il n'en ^saurait être de même, notre temps répugne à ces immolations d'une race à l'autre ; d'ailleurs, les populations sont trop serrées et trop compactes dans les régions fertiles de l'Afrique pour que, en s'établissant sur leur territoire, on ne soit pas obligé de compter avec elles.

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