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LES VILLES DU NIGER

mes noirs que Fexpédition dé M. Baikie rencontra successivement sur sa route, au début de sa laborieuse campagne. Tous ces royaumes se ressemblent;^ celui d'Igara donnera une idée des autres. Le souverain, entouré dune aristocratie de chefs puissants, les Abokos^ ne gouverne guère que de nom. Le pouvoir appartient aux khokos. La ville d*Idda, résidence du souverain d^Igara, était autrefois, assure-t-on^ une cité considérable^ mais elle est aujourd'hui sur le déclin de sa prospérité. Rien ne naît et ne meurt plus vite que ces villes africaines: parfois l'histoire de leur naissance semble rappeler les temps héroïques et présenter comme une vague analogie avec l'origine des villes de là Grèce primitive. Une des villes voisines du Niger, Âgbédamma, fut fondée par une émigration des gens de Idda à la suite de querelles intestines ; Izugbé, dans Tlgbo, fut fondé par un homme d'Âbo, qui, il y a vingt ans, ayant tué une de ses femmes, dut s'exiler de cette ville. Ne se croirait-on pas transporté au temps d'Inachus? Mais Âgbédamma et hugbé ne sont pas Argos ou Thèbes ; une invasion passagère, un débordement du fleuve, un incendie, suffisent pour faire disparaître ces villes de terre et de chaume ; les habitants relèvent plus loin leurs toits sauvages, et le voyageur s'étonne de ne plus rien trouver là où ses p^'édécesseurs avaient signalé un marché florissant.

Le royaume d'igara s'appelait primitivement ÂkpotOi Son nom actuel lui vient d'un conqticrant Yoruban^ et ti'a été imposé qu'à une partie du pays. Sous sa déno-

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