ASPECT DU GRAND LAC
resplendissante d'un sable jaune, bordée (aniôl par des joncs épais et tantôt frappée par les vagues claires et brillantes. Plus loin, en face, s'étend la vaste nappe d'eau, d'un bleu doux et lumineux quiin léger vent du sud-est frise d'une écume couleur de neige. A l'arrière-plan se dessine un mur haut et droit de montagnes à teintes d'acier, éclairés par places de vifs reflets et découpant ailleurs sur une atmosphère d'azur ses échancrures rudes et sévères. A l'opposé, du côté du sud, sur un terrain bas, le Malagarazi court avec violence et décharge dans le lac ses eaux saturées d'une argile rougeâlre. Là, s'allongent les pointes et le cap d'Uguhha, et, si la vue plonge au delà, elle entrevoit un groupe d'iles, tachant le lointain horizon des flots. Les villages, les terres cultivées, les nombreux canots des pêcheurs, le bruissement éloigné des vagues battant la plage, tout cela donne à ce magnifique paysage le mouvement, la variété, la vie. Enfin les mosquées, les kiosques, les palais, les villas, les jardins, les vergers qui se dressent en plusieurs endroits, complètent, par leur contraste avec la magnificence et les profusions de la nature, ce merveilleux spectacle. «Quel charme! s'écrie M. Burlon, que l'aspect des riants rivages de cette puissante crevasse que l'on appelle Tanganyika, après les baies silencieuses de l'Afrique orientale, avec leurs palétuviers semblables à des spectres, après la monotone traversée du désert, les jungles, les rocs sombres, les plaines brûlées du soleil, les noirs marécages, couverts de grandes herbes plates,