‹ L'Afrique sauvageChapitre 144 sur 196 · DÉSIGNATION · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION

Circonférence horizontale du cràne D'un conduit auditif à l’autre par-dessus le sommet de la

| Longueur du diamètre du cräne, en dehors..............

Le plus grand diamètre transversal en dehors

Depuis le bord antérieur du grand trou jusqu’au bord de l’alvéolaire prémaxillaire

Depuis le bord antérieur du grand trou jusqu’à la partie postérieure de l’occiput

| Longueur du crâne depuis le bord de l’alvéolaire prémaxil-

laire jusqu’à une ligne descendante de la partie posté-

rieure de l’occiput Largeur de la mâchoire inférieure, avec les angles......... Diamètre longitudinal du crâne, en dedans...............

Diamètre transversal du crâne, en dedans ...............

im

Hauteur'du crane, én dedans... rs.

Longueur du grand trou

= à LE Ke Or © =] 25 CT TE Re

| Largeur du grand trou

Longueur de l’alisphénoïde en droite ligne, à partir du | trou ovale Largeur de l’alisphénoïde, au bord supérieur Largeur entre les arcades zygomatiques.................. Diamètre transversal de l'orbite Diamètre vertical de l'orbite

Se ©

Espace inter-orbital

Longueur des os nasaux, en droite ligne | Diamètre transversal, au milieu 0. 3 4/2

SO 2 On = à © ND . .

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| Diamètre transversal, en bas ........................... 0. 5 1/2 Hauteur de la symphyse de la mâchoire inférieure, les

| dents non comprises

Suivent les dimensions des quatre-vingt-treize cràänes du Fernand-Vaz et de l’intérieur.

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En tenant compte de la distinction des sexes — car les crànes qui n'excèdent pas en longueur sept pouces et huit lignes sont, pour la plupart, sans aucun doute, des crânes de femmes — nous voyons que l'échelle de différences est beaucoup moindre ici que ne le serait celle qu’on appliquerait aux Européens, dans une région aussi étendue que les pays dont M. du Chaillu a tiré sa collection.

Cette conformité générale paraît dépendre de la manière de vivre uniforme, du peu de besoins, et du cercle borné des idées et des travaux des Africains de l'équateur. Leurs aliments, leur façon de se les procurer, leur action physique, leurs exercices de corps, leur application morale et la direction que leurs pensées impriment à leurs actes, tout diffère à peine de peuple à peuple, dans les contrées que M. du Chaillu à visitées. Les mœurs cannibales des Fans tranchent seules sur le reste, et se trouvent généralement associées à un plus large développement du crâne. Mais, au total, un état social misérable, un cercle étroit d'idées, le peu de variété des actes par lesquels la vie se manifeste, depuis l'enfance jusqu’à la vieillesse, condition commune à toutes les sociétés humaines placées au même échelon que les

Ashiras etles Fans, tout concourt à maintenir l’organisation des crânes des.

uns et des autres au même niveau d’abaissement.

Dans mon ouvrage sur l’architype du squelette, je remarque, entre autres caractères de l’analogie comparée qui régit les os de la tête humaine, les degrés de variabilité auxquels les divers éléments vertébraux sont respectivement soumis !.

Les centres et les névrapophyses des vertèbres cervicales se maintiennent avec une grande inflexibilité, au moins les épines névrales, dans la colonne vertébrale des mammifères, comme dans la région cràniale de toutes les variétés de la race humaine. Les arcades hœæmales et leurs dépendances divergentes sont les vrais siéges des degrés de variation intermédiaires.

En conséquence, entre les types les plus abaïissés des crànes africains et australiens, et les types les plus élevés des crânes européens, la différence de dimensions et de forme est minime dans les sphénoïdes basi-occipitaux, les ex-occipitaux, les alisphénoïdes et les orbito-sphénoïdes. Elle est plus grande, au contraire, dans le super-occipital, les os pariétaux, les frontaux et les nasaux. L’os maxillaire et la mâchoire viennent ensuite dans l’ordre des degrés de variabilité, surtout à la partie terminale antérieure qui représente l’épine hœmale, et qui est le siége des caractères que l’ethnologie appelle prognatisme, orthognatisme, et opistognatisme. Dans les arcades hœæmales, comme

1. Sur l'architype et les analogies du squelette vertébré, 8 vol., 1848.

dans les névrales, chaque partie devient susceptible de variabilité, à mesure qu’elle s'éloigne plus du centre. Les os palatins (pleurapophyses) montrent la plus grande inflexibilité; puis viennent les maxillaires (hæmapophyses) ; et enfin, les prémaxillaires (épines hœmales) en montrent le moins '.

Ainsi, par rapport aux centres eux-mêmes, un os terminal est plus variable que ceux qui le précèdent.

Le tympan (pleurapophysis) offre aux ethnologistes aussi peu de signes distinctifs que la voûte palatine. Les os maxillaires et les arcades zygomatiques, qui divergent comme dépendances de l’arcade maxillaire, sont les siéges d’une variabilité seulement moindre que celle des épines névrales. Les apophyses ptérigoïdes sont presque, sinon tout à fait, aussi variables que les os malaires.

En conséquence, la variabilité, ou l’évaluation au point de vue ethnologique, dépend des éléments vertébraux ou de l’analogie générale des parties soumises à l'examen. La longueur du crâne est plus constante que celle de la boîte vsseuse chez toutes les séries de la race humaine, par la raison qu’il comprend les centres vertébraux, tandis que l’autre ne comprend que les épines névrales. En outre, les parties qui font surtout varier la longueur du crâne sont celles qui se trouvent derrière le grand trou et devant les os palatins.

La dimension depuis le bord antérieur du grand trou jusqu’à la partie antérieure du présphénoïde ou à la suture palato-maxillaire est peut-être, en tenant compte du sexe, aussi constante qu'aucune autre. La partie postérieure des centres cräniaux est affectée surtout par le super-occipital, et la partie antérieure par le prémaxillaire, L’extrême hauteur, largeur et longueur de la boîte osseuse, avec les courbures et les contours de la voûte, fournit à l’ethnologiste tout un ordre de différences qu'il lui plaît d'exprimer par les termes suivants : brachycéphalique, brassocéphalique, brachistocéphalique, subbrachycéphalique, mésocéphalique, mécocéphalique, mécistocéphalique, dolichocéphalique, dolichistocéphalique, pyramidocéphalique, ooidocéphalique, cymbocéphalique, sténocéphalique, eurycéphalique, cylindrocéphalique , hypsicéphalique, orthocéphalique, phoxocéphalique, sphénocéphalique, platycéphalique, sphærocéphalique,. cubicéphalique, etc., avec des variétés de terminaisons, par exemple, brachycéphalous et brachycépha/y, auxquels on

1. L'ordre de variété à établir dans cet élément vertébral peut être déterminé par analogie avec les caractères qui décident du rang des différentes classes d'oiseaux, suivant la conformation de leur bec; caractères tirés des modifications de l'os prémaxillaire et de l’os de la mâchoire antérieure.

peut ajouter : phœænozigous, cryptozigous, suivant que la voûte crâniale montre ou cache les arcades zygomatiques, comme aussi: dolichorhinous, brachyrhinous, platychinous ou platyrhina/, etc., etc., et ainsi de suite pour tous les degrés de diversité de épines névrales de la première vertèbre.

I n’y a pas grand mal dans cette classification ou cette extension des termes de l’art, sauf le cas où leur signification, au lieu de désigner seulement les divers degrés de variation de la forme du cràne, serait appliquée au caractère constant d'une race, d'une nation, d’une famille ou d’une époque, surtout lorsque nous manquons d’une suite d'observations assez approfondies pour établir ou infirmer une règle constante. Dans la nombreuse série de crânes appartenant à des indigènes d’une portion limitée du nord de la péninsule de l'Hindostan, on a observé des variétés de formes de crânes qui pouvaient être exprimées par une demi-douzaine au moins des mots grecs polysyllabiques cités plus haut. On a même trouvé quelques-unes de ces variétés poussées à l'extrême, non-seulement dans la masse générale de ces crànes du Népaul, mais même dans la collection particulière d’une tribu ou d’un village . Le sagace et laborieux ethnologiste, le docteur Aitken Meigs, est arrivé à des résultats analogues par l'examen des crânes des Indiens aborigvnes de l'Amérique *.

En premier lieu, ce savant à reconnu que, dans la collection générale des crànes des aborigènes américains, il y a une échelle de proportions de la voûte cräniale qui sert de base, aux yeux des ethnologistes, à la classification de ces crânes en trois groupes : 4° Les Dolichocéphaliques, 2 les Mésocéphaliques, 3° les Brachycéphaliques. Mais ces groupes ne coïncident pas avec telle ou telle zone, telle ou telle époque. Aucun d’eux ne s'applique particulièrement à une famille, à une race, ou à une nation distincte, où à quelque autre groupe déterminé par le lieu ou le temps. Ainsi les crànes des Indiens Crecks peuvent bien être, en général, eurycéphaliques, c’est-à-dire, plus courts et d’un ovale plus large que ceux des Assinaboins, et ceux-ci, à leur tour, peuvent présenter les mêmes caractères vis-à-vis des cranes des Otavias; mais parmi les Crecks, il y aun spécimen (le n° 441) qui est brachycéphalique, et le crâne d’un des Indiens Oacotas tient le milieu entre ceux des Assinaboins et des Crecks (p. 37). Parmi les Osages du haut Missouri, il'y a une tête un peu allongée, se rapprochant du type suédois, qui occupe une position intermédiaire entre les têtes courtes et les têtes longues (p. 20). Une troisième (n° 54) a la région coronale

1. Rapport sur une collection de cranes de diverses tribus du Népaul, dans le Recueil des rapports de l'Association Britannique pour les progrès de la science, pour 1850. 2. Procès-verbaux de l’Académie des sciences naturelles de Philadelphie. Mai 1866.

presque ronde, comme une vraie tête allemande (p. 19). Un autre spécimen (n° 54) appartient au type gothique des têtes anguleuses ou carrées (p. 19). D’autres encore sont brachycéphaliques. Chez les Indiens aux pieds noirs se trouvent quelques crànes décidément dolichocéphaliques (p. 17); mais le n° 1227, celui d’un chef (dont le cerveau probablement avait un plus grand développement latéral), occupe une place intermédiaire entre les têtes longues et les têtes courtes (p. 17). Le crâne d’un Mohican offre la même particularité, en se rapprochant du type Mongol (p. 20). Les Ottavas du Michigan peuvent se rattacher en partie au type arqué (n° 22). Mais le n° 1007 est brachycéphalique (ibid). D’autres crânes de cette tribu, les n°% 1006, 1008, 1009, s’éloignent de cette forme pour se rapprocher du type Suédois. En conséquence je les ai placés dans la division dolichocéphalique (p.22). L'État de Michigan cependant était autrefois occupé ou parcouru par d’autres tribus aborigènes, les Ménominées, dont les crànes, recueillis comme spécimens, diffèrent beaucoup les uns les autres (p. 22).

Les détails de ces différences sont très-curieux à étudier quant à la valeur des termes qui servent à classer les groupes des diverses formes de crànes, au point de vue ethnologique. Ainsi, après avoir indiqué ceux qui se rapprochent des brachycéphales ou qui rentrent dans ce type, le docteur Meigs écrit : « Parmi les Miamis indiens, nous rencontrons encore le type dolichocéphalique (p. 22). » Mais tout de suite il ajoute que « le cràne d’un chef (n° 542) est, sous beaucoup de rapports, pareil aux têtes germaniques de la collection, spécialement à celles de Rubingue, de Francfort, de Berlin; il a l’occiput suédois (ibid.). Le n° 1055 se rapproche de la forme anguleuse gothique (ibid.). Dans d’autres, le contour de la couronne forme un ovale plus ou moins arrondi (ibid.). Le n° 106 se rapproche du type arqué. Les spécimens de la collection des Séminoles varient beaucoup entre eux (p. 25). » Après beaucoup de détails descriptifs, le docteur Meigs conclut ainsi : « On peut s’assurer que dans ce groupe, il y a au moins deux, si ce n'est trois, types bien distincts. »

On a envie bien souvent de demander à l’auteur ee qu’il entend au juste par le mot type ! appliqué à la configuration du crâne. Les degrés sont si nombreux et les nuances de transition si délicates, que le choix de tel ou tel point d'arrêt, pour servir de terme de comparaison, risque toujours d’être arbitraire.

En ce qui concerne les aborigènes américains, l’ethnologiste peut les classer suivant leurs tribus, leurs noms de famille, ou leur autonomie, ou la région

qu'ils habitent, ou même le caractère général de leurs crânes; mais il est surabondamment démontré par le docteur Meigs, comme on peut l’inférer d'ailleurs des crânes américains de Moreton, que si l’on érige arbitrairement en type un certain rapport de proportions, de dimensions, etc., la classification crâniale différera complétement de la répartition par tribus, par nations, par territoires ou par époques.

Ce qui constitue souverainement le type dolichocéphalique, pour emprunter le langage de l’ethnologie, par application aux têtes nègres qui sont le sujet de ces observations, ce n’est pas, comme le terme semblerait l'impliquer, un crâne plus allongé que ceux des Indiens et des Européens, qui pourrait être appelé brachycéphalique ou hypsicéphalique, mais seulement un moins grand développement de l'enveloppe du cerveau par expansion latérale ou verticale. Sa dimension de longueur est plus invariable que celle de largeur ou de profondeur dans les hémisphères cérébraux de la tête humaine.

Si les naturels de l'Afrique équatoriale de l'Ouest, découverts et visités par M. Du Chaillu, et représentés à nos yeux par les crânes qu’il a recueillis et envoyés, étaient des chasseurs aussi persévérants, aussi ardents et aussi adroits que les Indiens du nord de l’Amérique, on pourrait s'attendre à voir s'élever çà et là parmi eux quelque individu doué de qualités exceptionnelles et supérieures dans leur genre, qui lui permettrait de diriger ou de dominer la masse de ses semblables; et suivant les développements particuliers des dimensions du cerveau d’un tel chef, nous devrions naturellement le faire passer du type long (dolichocéphalique) au type large (brachycéphalique), ou au type élevé (hypsicéphalique) ou au type globulaire (sphærocéphalique) ; autant de modifications diverses de la configuration du crâne.

Dans tous les crànes de nègres que comprend la présente collection, comme dans ceux des Boschismen, des Mincopies, des Australiens et de toutes les autres variétés de l'espèce humaine déjà soumises à mes observations, les caractères essentiels de la sous-classification archencéphalique, qui constituent le genre et l’espèce, sont aussi nettement marqués que dans ies crànes des races blanches les plus élevées.

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