ACTE QUATRIEME
LONGECOURT
Tout ce qu'une amoureuse peut écrire à un camarade qu'elle aime bien. Elle ne me demandait pas de mes nouvelles, naturellement... mais m'en donnait des vôtres et ne parlait que de son Maurice. Elle m'affirmait même avoir découvert en vous des qualités que vous n'avez certainement pas.
MAURICE
Eh bien! Mais vous êtes aimable.
LONGECOURT
JNon. Je plaisante. La vérité est que sa lettre respirait le bonheur et la joie de vivre. Et comme elle est notre grande amie à tous, je vous avoue que cela m'a fait plaisir.
MAURICE
Vous êtes tout à fait gentil. Mais dites-moi? Et vous? et les femmes?
LONGECOCIlï
Ah I mon ami, il ne faut plus m'en parler.
Il me semble que vous m'avez déjà répondu cela quelquefois.
L0.N(ilX0LlH
Aujourd'hui, c'est sérieux.., non, non, ne croyez pas que je plaisante.
230 LAGE DATMER
MAURICE
Taisez-vous donc! Au fond, la vie que vous menez est très amusante, pleine d'imprévus...
LONGECOURT
D'imprévus est exquis.
MAUHICE
... Et vous ne vous ennuyez pas.
iXiNGECOURT
Vous me dites cela comme quelqu'un qui envie mon sort. Je vous jure bien cependant que j'en ai, oh ! que j'en ai par-dessus h iôte. Cet été, pour moi, a été déplorable !
MAURICE
Quel type vous êtes !
LONGECOURT
Aussi, j'en suis arrivé à me dire ceci : c'est que je ferais bien de suivre, h mon tour, les conseils que je vous ai donnés. Et sur ce, je me sauve.
MAURICE
Vous n'attendez pas Geneviève?
Je dîne avec vous, si vous voulez... mais vous ne m'empocherez jamais d'aller avant six heures...
MAURICE
Chez votre notaire, probablement?