‹ L'âge d'aimer, comédie en quatre actesChapitre 47 sur 143 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MAURICE

Il y a longtemps qu'elle est chez vous, Annette?

GENEVIÈVE

Vous me l'avez déjà demandé : quinze ans!

MAURICE

Je n'ai pas de mémoire, décidément.

GENKVIÈVE

Je vous l'écrirai.

■Je suis ennuyeux.

GENEVIÈVE

Oui.

MAURICE

Vous m'en voulez?

GENEVIÈVE

Non.

MAURICE

Alors, je vais boire.

GENEVIÈVE

(Un silence.

C'est cela. .

MAURICE

A quoi songez- vous?

GENEVIÈVE

Je songe que nous eussions pu rester de très bons amis.

MAURICE

Ah ! cela devait arriver.

r.ENEVIÈVE

Qu'est-ce qui devait arriver?

MALRICE

Quand je suis revenu sur mes pas, tout à l'heure, vous vous ôtes certainement dit et vous vous dites encore : « Voilà un bon jeune homme qui va me jouer la grande scène d'amour si je ne le congédie à temps ! »

GENEVIÈVE

Du tout.

MAURICE

Pardon, pardon, votre : « Que nous eussions pu rester de très bons amis » était net, précis, et exprimait clairement le fond de votre pensée. Eh! bien, ma chère amie, permettez-moi de vous répondre ceci : « Je ne suis pas du tout, oh! mais, pas du tout, le personnage que vous croyez. J'ai horreur de jouer les amoureux. C'est une idée qui ne m'est jamais venue, et qui ne me viendra probablement jamais. Que j'aie flirté avec vous, mon Dieu, quoi de plus naturel? Je suis galant, je l'espère du moins, et vous, vous êtes une femme charmante dans toute l'acception du mot.

GENEVIÈVE

Merci.

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