ACTE DEUXIEME 12o
LONGECOURT
Rue de la Paix?
JEANNE
Oui, rue de la Paix, chez Ernest.
LONGECOURT
C'est une bonne maison, paraît-il?
JEANNE
Oui, on voit du monde.
LONGECOURT
En somme, vous vous déshabillez toute la journée?
JEANNE
Toute la journée, non... mais bien vingt lois par jour... et quand ça n'est pas pour son plaisir, vous savez.
C'est dur?
JEANNE
Surtout qu'on a quelquefois affaire à des femmes...
LONGECOURT
Pas toujours commodes?
JEANNE
Ainsi, tenez, hier, par exemple, il y en a une qui m'a fait essayer dix toiloUes didéren les, ot tout cela pour ne- rien acheter.
126 I."A(;R ivaimer
longpxourt C'est effrayant.
JKAKNE
Elle était grosse comme ça! 80 de tour de taille !
LONGECOURT
Bigre !
JEANNE
Eh ! bien, h chaque robe nouvelle, elle s'écriait, en zézéyant, avec une petite voix d'enfant malade. (Limitant.) Oh! non, nou, je désirerais un corsage qui vous allonge plus!... Ce que j'avais envie de lui allonger autre chose !
LONGECOURT, en riant.
Je comprends cela.
Elle avait une poitrine! une poitrine bien à elle, je vous le jure. C'était indécent!
LONGECOURT
Pas comme la vôtre alors?
JEANNE, fiére.
Oh ! moi, je suis bien faite.
LONGECOLRT
Vous êtes mannequin.
JEANNE
Ça, ça ne prouve rien... on peut être manne-