SCÈNE IV GENEVIÈVE, ISABELLE
Nous allons, je crois, avoir un beau coucher de soleil.
GENEVIÈVE, en se retournant.
Oui. Tu vois, j'admirais justement ce paysage dont je ne me lasse jamais. Je regardais ce ciel sans nuage, cet immense voile bleu, si bleu, si pàlo et si transparent ce soir!
ISABELLE
C'est une belle journ*'»^!
(.i;m:mkve Merveilleuse! Et quel calme! Ecoule. On n'entend rien. Pas le plus petit bruit. Il semble que toute la nature s'endort. De temps à autre, un oiseau passe, rapide, comme pressé d'arriver au logis. Et c'est tout.
ISABELLE
Oui, mais moi, j'aime mieux la mer.
GENEVIÈVE, en riant.
i/d n'a aucun rapport.
ISABELLE
JNon... Mais cettô Loire qui coule, qui coule...
166 \:\{,E DAIMKU
r.EJiEVIÈVE
Mon Dieu, que tu es amusante! Qu'est-co quo tu veux qu'elle fasse, la Loire?
Je sais bien qu'elle ne peut pas faire autre chose... mais enfin, elle me fatij^ue, à lu longue
GENGVIKVl
Tu naimes pas la campagne, Isabelle, voilà la vérito.
ISABELLE
Si . mais je n'éprouve pas le besoin de m'extasier devant un champ i]c cociuelicols, devant un arbre, devant une mare, devant une nialsonnctte plus ou moins bien située... J'aime la campagne en gros, pas en détail, voilà! Et puis, vous aveï tous une façon de vivre, ici !...
(JEMEVIÈVE
Parce que tout le monde est libre.' Jl faut (jue cela soit ainsi. Souviens-toi, l'an dernier, alors que nous étions les hôtes de Tavernay, tout s'est fort bien passé à cause de cela. Cette année vous êtes mes invités, aussi ai-je exigé que chacun agisse à sa guise. C'est le seul moyen de s'entendre, sois-en bien persuadée.
ISAr.KLLK
Eh bien, moi, je préférerais qu'on soit plus