‹ L'age d'orChapitre 35 sur 48 · LE BAIN · texte numérisé non relu

LE BAIN

Qu'il est doux, quand le corps de travail est lassé, De s'asseoir, un moment, sur une chaude pierre Et de se dévêtir dans Tardente lumière, Avec la crainte et le désir du bain glacé.

Tout à coup plonge-toi dans la froide fontaine. Connais la volupté de voir ton corps brillant, Nu dans Teau fraîche et sur un sol de galets blancs, Près de la grotte où va vibrer ta voix sereine.

Les châtaigniers sont noirs sous les feux de Tété, La maison resplendit dans le soleil, les vignes Sont belles sur le fond de neiges argentines.

Comprends enfin la joie immense d'exister, Lorsqu'en sortant du bain toute ta chair vermeille Sent, sur elle, couler l'eau fraîche qui ruisselle.

LE VERGER 235

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