‹ L'âge difficile; comédie en trois actesChapitre 3 sur 81 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Non. Je connais ton oncle; il aime bien l'avoir ù lui lout seul.

JEANNE

Bon parrain !

MARTIGNY

C'est vrai, je ne t'ai jamais comme je voudrais. Le jour c'est l'usine...

JEANNE

Ou Paris. Tu y vas presque tous les jours.

MARTIGNY, continuant.

Après diner, ton oncle t'accapare pour son piquet, pendant que je bâille sur les journaux... Enfin, il me semble que j'ai une belle-mère.

JEANNE

C'est plus vrai que tu ne crois. Il est pour moi une maman.

MARTIGNY

Oncle, parrain, maman... c'est trop.

JEANNE

Sois gentil. Il est si bon, et nous lui devons tant ! Et puis, songe, il serait tout seul sans nous.

MARTIGNY

En revanche, nous serions tous deux sans lui.

JEANNE

Ne grogne pas... Tu as tes vieux meubles pour te distraire, depuis que M. de Montaille t'a communiqué sa manie...

MARTI G N'Y, riant faux.

C'est vrai, on ne voit plus que moi à l'hôtel des ventes et chez les brocanteurs de la rue de Châteaudun.

JEANNE

C'est donc amusant?

MARTIGNY, sans conviction.

C'est passionnant.

JEANNE

Et tu t'y connais ?

MARTIGNY

Je commence.

JEANNE

Tu sais qu'ils sont affreux?

MARTIGNY

Quoi?

JEANNE

Tes vieux meubles.

MARTIGNY

I ce qui en l'ait le prix.

Et c'est bien encombrant.

MARTIGNY, Involonl.iii vnirnl .

Ob oui! (scroiimpiini.) Mais que wu\ lu .' <> im passionne.

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