PREFACE
Pendant le voyage scientifique que j’entrepris l’année 1891 en Sibérie, j’eus l’occasion de visiter la ville de Minoussinsk, célèbre par son musée et ses environs si riches en kourganes et autres monuments d’un âge passé.
J’avais pensé y rester une semaine, mais déjà après ma première visite au musée je résolus de changer mon plan de voyage et y rester le temps nécessaire pour en étudier les grandioses collections, qui avec la plus grande amabilité furent mises à ma disposition par Nicolas Mikhaïlovitch Martianov, l’âme du musée dont il est l’illustre fondateur. C’est uniquement à son infatigable énergie, que la ville de Minoussinsk doit un musée, dont plus d’une métropole européenne pourrait être jalouse, un musée, qui en tout ce qui concerne les antiquités de la Sibérie, est unique au monde. Nulle part dans les grands musées de Russie, que ce soit à S:t Pétersbourg ou à Moscou, on ne peut se faire une idée aussi nette de l’âge du bronze de la Sibérie qu’à la petite ville au bord du Jénisséi.
Avec un rare intérêt pour la science, les protecteurs généreux du musée ont, il y a quelques années, fait publier en russe son inventaire complété d'un atlas qui, quelques mérités qu il eût au moment de sa publication, ne réponds plus aux progrès rapides, que le musée a fait depuis. Les expéditions finnoises, qui dans les dernières années ont visité la ville, ont phothographié certaines parties des collections du musée, mais n’en ont rien publié.
Je découvris bientôt parmi les collections de l’âge du bronze tant de nouveau et tant d’intéréssant qu’il me sembla impossible de quitter Minoussinsk avant qu’au moins les types les plus importants n’eussent été reproduits d’une façon satisfaisante.
En ce but j’ai étudié tous les objets, et après en avoir fait mon choix, je les ai groupé et photographié, travail qui m’a coûté un mois et demi. Originairement ces photographies étaient destinées pour un ouvrage projété sur l’âge du bronze de l’Asie centrale. Mais à mon retour on m’a conseillé de plusieurs côtés de publier sans retard ces matériaux dans l’état où ils se trouvaient. En suivant ces conseils il m’importe que le lecteur ne cesse pas de se rappeler le but primitif de ces planches. Le texte que j’y ai ajouté n’est destiné qu’à contenir les renseignements les plus nécessaires. Comme on ne possède pas encore d’analyses des métaux, j’ai suivi les indications que m’a donné à ce sujet M. Martianov.
Enfin j’ai le devoir agréable d’adresser mes remerciements à M. Ch. Westphal pour l’excellente manière dont il a reproduit mes négatifs en héliotypie.
Stockholm le 28 Janvier 1893.
F.- R. Martin.
Table des Planches,
Carte de la partie méridionale du Gouv. de Jénisséisk.