LES ROUTES DK PTOLÉMÉE
nommée: « l’Egypte eu Allemagne ». Elle devait avoir pendant l'âge du bronze sa fonderie et sa part au commerce de l’ambre.
De Cottbus à Massel s’offrent à nous: Gœrlitz, où l’on a trouvé onze cent-vingt-trois médailles d’empereurs romains des trois premiers siècles; — Uegnitz, qui rivalise avec la Maderbaide, — et le Zobtenberg, où se voient de grandes statues grossièrement sculptées, et dont Busching fait le Mons Asciburgicus par excellence, la Forteresse des A ses, qui aurait donné son nom à toute la chaîne des Sudètes. A Massel, un seul archéologue a trouvé dix mille urnes funéraires (d'origine slave?). Massel et Cottbus sont les jalons d’une route de l'ambre que nous allons retrouver dans Ptolémée.
Nous ne dirons que peu de mots de la Germanie de Ptolémée, dont l’étude approfondie nous jetterait dans d’interminables discussions.
Il est fort extraordinaire que ce géographe ne place aucune ville le long de l'Elbe, entre Mesuium ou Magdebourg et Tréva ou Hambourg ; et cependant la vallée de ce fleuve est tonte semée de mégalithes et de tombeaux.
Il parait que la grande route de l’ambre partait des îles Glessaires et de l’embouchure de l’Ems, passait dans la vallée du Weser et se dirigeait sur Calægia ou Halle. De là elle se portait vers Caroonte par la Bohème. Nous la ferons passer parPodmokl, sur le Mies (à l’ouest de Prague), où l’on a trouvé quelques mille monnaies irisées en or (Regenbogenschflsselchen) et où il existe des laveries de ce métal précieux.
Mais des différentes routes de l’ambre qu’on peut suivre sur la carte de Ptolémée, celle qui est pour nous la plus importante et qui nous parait la moins hypothétique, tend de Carnonte à la Baltique en se tenant à l’ouest de la Yistule. Le fleuve qui porte ce nom dans Ptolémée, coule en ligne droite du sud au nord, et il est formé du cours inférieur de la Yistule véritable et du cours supérieur de la Warthe. De Carnonte cette voie de commerce traverse la Moravie, fran-
LE COMMERCE DE I. AMBRE
cliil (par le comté de, Glalz) les Sudètes, et descend (par le Zobtenberg) dans les plaines de la Silésie. Là elle se bifurque. A droite elle suit la fertile vallée de l'Oder où est Lugidugum (Liegnitz)), traverse la Luzace par Gœrlitz ou Colanrorum, et aboutit à la Baltique en face de Rugen (que Ptolémée ne nomme pas). A gauche, elle coupe de biais la Silésie (par Massel) et se dirige vers Calisia, qui est Kaliscli. De là elle ne se porte point vers la Vislule pour aller à K<enigsberg ni même à Danzig chercher l’ambre de la Prusse orientale. Elle se détourne bien au contraire vers l’occident et atteint la Baltique à Rugium, qui est à peu de distance à l’est de l’Oder. Ce port était sans doute la grande échelle, la colonie florissante des insulaires de Rugen.
Les médailles de Gœrlitz, dont les plus anciennes sont de Néron, attestent que les Romains ont fait depuis Carnonle par l’Oder le commerce de l’ambre pendant au moins deux cents ans, probablement jusques aux grandes invasions des (iolhs dans la Pannonie.
Enfin , avant 1ère chrétienne (d'après le témoignage des médailles, p. 132), les colons grecs de la Scythie se sont frayé une voie par le Dnieper et le Pripet vers la région orientale et prussienne de l'ambre. Cette roule est restée ouverte pendant plusieurs siècles, à en juger d’après les monnaies grecques et romaines trouvées à Kiew, les monnaies impériales des marais du Pripet, les monnaies byzantines de la Baltique. C'est par cette voie orientale de l'ambre que des artistes grecs ont apporté aux Slaves la métallurgie antique, et qu’a pénétré chez les sauvages, de race finnoise, de la Livonie, l’art romain de préparer le laiton. Le laiton livonien relie l’antiquité au moyen-âge. Il succède aux magnifiques bronzes du Danemark et du Mecklembourg, et comble dans le nord la lacune qui sépare de l'industrie des Grecs et des Latins celle des Arabes mahométans.
Eu résumé, les routes du commerce de l'ambre dans l’antiquité ont été les suivantes :