‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 20 sur 254 · AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFRIQUE

eux-mêmes. Plusieurs d’entre eux, tels que les Mandingues, les Corigues d'Angola, les Cafres du Zambèse, exploitent euxmêmes leurs mines de fer, qui sont fort riches. Les procédés de la fonte sont d’une très-grande simplicité : les fourneaux sont de simples fosses, de simples creux, où l’on étend paT couches alternatives le charbon et de menues parcelles de minérai de fer; le feu est attisé avec des sacs faisant l’office de soufflets; le métal en fusion coule dans des moules de terre, ou dans des creux ménagés à la surface même, du sol. Cette même pratique se retrouve de nos jours non-seulement en Asie chez les nations Tartares, mais en Europe, dans les Alpes orientales, chez les Carinthiens qui ont remplacé les Noriques, célèbres jadis par leurs excellentes épées en fer, et il est fort probable que, dans les trois continents, les indigènes ont inventé spontanément et sans maîtres étrangers un art aussi primitif et grossier.

Les Hottentots brisent leur fer fondu en morceaux , exposent ces fragments au feu, les martellent avec des cailloux et en font ainsi de petites armes. Mais tous les forgerons africains ne sont pas aussi pauvres en outils, et il en est qui fabriquent des épées et diverses espèces d'ustensiles ou d’ornements. Leurs épées, dont la lame n’est pas aciérée, se courbe sous le moindre effort, comme celles des Gaulois. Leurs sabres, dans les contrées orientales, ont la forme de ceux des Templiers. Leurs fers de lances et de javelots, leurs pointes de flèches, dans cette même région, ont une grandeur inusitée. Ils livrent en outre au commerce des couteaux, des faucilles, des rasoirs, des doux, des anneaux, des clochettes.

L’art du forgeron paraît être aujourd'hui encore en Afrique, comme jadis en Grèce et dans l'Europe transalpine, le monopole de certaines tribus ou familles qui inspirent au vulgaire une crainte superstitieuse. Les ouvriers en fer passent pour des sorciers dans la majeure partie de ce continent, môme dans l’Abyssinie, toute chrétienne qu’elle est, où la peuplade des Falaschas est seule en possession des mystérieux procédés de la métallurgie.

Les Africains sont-ils parvenus au fer par la voie normale du cuivre? Nous ne le pensons pas ; car l’industrie du cuivre est aussi rare dans leur continent que celle du fer y est générale. Il parait que la seule contrée où l’on exploite aujourd'hui le cuivre, est le Kazembé, au cœur de l’Afrique, au sud du lac Tanganjika, et l’on n’emploie ce métal que pour des ornements dont le prix est trés-élevé *.

Il est impossible de dire à quelle date remonte en Afrique l'art de forger le fer. Il venait de pénétrer chez les Cafres Bachapins lorsque Burchell les visita; mais Kolbe l’avait déjà trouvé chez les Hottentots. S'il est d’origine indigène, il peut incontestablement remonter à une haute antiquité; car chez les peuples stationnaires dans leur barbarie comme les Africains, il n’est pas de raison pour rapporter une découverte quelconque à telle époque plutôt qu’à telle autre. Mais nous croyons que des étrangers plus civilisés ont exercé une influence puissante sur les aborigènes, et que cette influence a rayonné de trois centres sur tout le continent. 1° Les Libyens ou Berbers ont certainement été les disciples des Phérésiens, des Phéniciens, des Romains, et leur action se sera étendue sur les peuples du Sénégal, de la Gambie, du Joliha, du lac Tchad. 2" Les Sémites de l’Abyssinie ont formé sur leurs hauts plateaux un autre foyer de civilisation et d’industrie, avec lequel les ouvriers en métaux du Congo se tiennent en relation, et d'où les Cafres ont reçu certaines de leurs traditions. Enfin 3“ la côte orientale a été fréquentée depuis la mer, sinon par les Phéniciens, au moins par les Grecs d’Alexandrie, par les Arabes de l’Oman, par les Indiens du Décan. L’Agisvmba de Ptolémèe est le Zimbaoè des Portugais dans une contrée très-riche en or, que plus d’un savant a dite être l'Ophir des Hébreux. Au dixième

1 Nous notons en outre : les mines de cuivre de Cliieowa à l'ouest du Sofala sur lesquelles on ne possède pas de renseignements récents ; les Kopperberge du Cap, à l ouest des Karroo, dont les indigènes ne paraissent pas avoir jamais exploité les richesses; les mines de cuivre de Tegidda, entre Aghadès et Gogo, célèbres à la (in du moyen Age. aujourd'hui oubliées.

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