‹ L'age du bronze ou Les sémites en OccidentChapitre 27 sur 254 · PLAINES DE LA NORD-AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

PLAINES DE LA NORD-AMÉRIQUE

recours non point au choc, mais à la pression, et c'est ainsi que les Mexicains façonnent l’obsidienne V Ces mêmes Esquimaux abattent avec le marteau les angles de masses de fer météorique et font divers usages de ces fragments sans les façonner.

Les Indiens de l’Amérique du Nord, qui cultivent le maïs, non-seulement ont des couteaux et des pointes de flèches en obsidienne, mais fabriquent en cuivre des hachettes et des bracelets. Ce cuivre, ils le trouvent vers le lac Supérieur et vers la baie de Hudson, à la surface du sol, en blocs qui pèsent jusques à 3,000 et même 13,000 livres. Comme il est d'une extrême pureté, ils le mettent immédiatement en œuvre sans le passer par le feu et en le battant simplement entre deux pierres. Le cuivre n'est donc pour eux que l’équivalent du silex, et l’usage qu’ils en font, ne les a point conduits à découvrir l’art de le fondre et de le forger. Ils sont restés à cet égard au-dessous des Cafres et des Nègres, et, tandis que les Polynésiens s’étaient élevés sans les métaux à un assez haut degré de civilisation , les Peaux Rouges n’ont tiré aucun avantage de la possession du cuivre.

Cependant les ancêtres ou les prédécesseurs des Peaux Rouges ont laissé sur le sol d’innombrables preuves d’une civilisation bien supérieure à la leur. Le long de la côte méridionale du lac Supérieur, sur une zone de 100 à 150 milles anglais d’étendue, sont d’antiques mines de cuivre que recouvre un sol formé de plusieurs générations d’arbres. Ce sont des excavations qui ont jusques à 30 pieds de profondeur, avec des haches de pierre, et des marteaux, de pierre aussi, dont quelques-uns ne pouvaient être mis en mouvement que par plusieurs hommes. Le métal était, d’ailleurs, alors comme aujourd’hui, martelé et aplati sans être fondu. Des ouvriers, d'une race inconnue, en fabriquaient sans doute les haches et les ciseaux, les anneaux et les bracelets qu’on retrouve en très-grande quantité dans les myriades de tumulus qui couvrent le bassin du Mississipi.

1 Lubboek, p. 79.

Cinq mille villages ruinés et déserts sont semés le long des rives de ce fleuve et de ses affluents orientaux. Ces villages sont le plus nombreux dans la vallée de l’Ohio. Plusieurs d’entre eux étaient entourés de remparts en terre et en pierres. D’autres enceintes, circulaires Jou carrées, isolées ou groupées, semblent être celles de témènes ou lieux sacrés ; au moins le fossé, au lieu d’entourer extérieurement et de protéger la levée de terre, en suit-il le pied intérieur. Des collines artificielles, dont les côtés sont par degrés, comme celles de la Polynésie et comme les téocallis, supportaient sans doute les temples des dieux et les maisons des chefs comme c'était le cas chez les Natchez. Elles ont la forme ronde, ovale, octogone, oblongue, mesurent jusques à 90 pieds de hauteur et sont le plus nombreuses vers le golfe du Mexique. Les tumulus, dont l’élévation varie de 0 h 80 pieds, contiennent d’ordinaire des urnes, qui attestent l’usage prédominant de l’incinération. Plusieurs ne recouvrent qu’un seul corps; d’autres en renferment des milliers selon la coutume actuelle des Peaux Rouges. Certaines collines recèlent dans leur sein la demeure même du défunt qui était devenue son tombeau, et qui est reconnaissable à la pierre du foyer.

Ces tumulus et ces ruines ont livré à l’archéologie , outre les outils et les bracelets en cuivre susnommés* : quelques objets en argent, ce métal provenant comme le cuivre du lac Supérieur et n'ayant point été fondu; une grande quantité de galène sans le moindre indice qu’on ait jamais fait usage du plomb ; des hachettes en pierre, perforées sans l’aide d'un outil en métal ; des ornements en coquilles et en cuivre sans le moindre grain de verroterie ni d’ambre ; des vases d’une argile très-pure et très-fine, rivalisant d’élégance et de fini avec les plus beaux types péruviens, façonnés d'ailleurs A la main et sans la roue du potier; des pipes d'argile imitant avec assez de bonheur les tètes de toute espèce d’a-

1 Quelques archéologues parlent d'objets en fer, dont les autres ne disent pas un mot, et que je liasse sous silence.

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