‹ L'âge ingrat: comédie en trois actesChapitre 49 sur 96 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

compliment ! c*est fait! Pour le dioery Targenterie, etc..., nous verrons pins tard... je crois que c'est tout...'Ouf! (Il se jette sur do 8iège.)C'est égal, je suis mieux ici qu'à côté... OÙ peut-on être mieux que loin de sa famille!... Pas assez loin ici, c'est dangereux!... voyons, dans une demiheure, mon mal de tête est passé, je rentre, je m*habille, j'attends la nuit... à sept heures, je fais atteler, j'emhrasse ma femme, j'embrasse ma belle-mère !... ma belle-mère aussi... tant pis!... tant pis !... et je pars pour la chasse de Vaugrignon... .très bien I... Arrivé au bas de la côte, je descends, la voiture file sur Paris, et je rentre ici clandestinement avec mon bouquet monstre et le bracelet de Lahirel... Parfait... mais que de complications ! que d'émotions ! que de dangers ! Bah ! c'est ça la vie... la seule vie, la grande vie... la voilà la

vie!... (AperesTant de Saares aisis à l'écart.) Albert! VOUS ici ^

Comment ! je vous laisse à la porte de madame de Sauves et je vous retrouve.. .

DE SAUVES

Savez-vous ce qu'après huit jours de repentir sincère, madame de Sauves a répondu à mes offres loyales?

FONDRBTON, à part.

Désaubiers était là, je m'en doute.

Elle m'a trouvé vieilli.

FONDRBTON.

Vieilli!... mais nous avons le même âge, à quelques années près... Ah! elle vous a... Eh bien! tenez! tant mieux!... Oui, oui, tant mieux pour vous... que diable retourniez-vous faire dans la galère conjugale?... Allons ! voyons, mon commandant, oublions cela ! Laissons cela! c'est six mois de perdus,' voilà tout!... Mettons que vous avez été malade et n'en parlons plus... c'était une... ménagite aiguë! Mais vous voilà guéri, grâce à

ell6, c*est au mieux ! Effaçons tout et recommençons!...

A cette heure, il ne s'agit plus que de s*amaser.

DE SAUTES

Toujours gaie alors la maison?

PONDRBTON, exalté.

Oh ! c'est-à-dire que ce n'est pas une maison, c'est tout ce que vous voudrez... une fabrique de petites fêtes, l'agence des ris et des jeux, les docks de. la galanterie!... Ce n'est pas un monde, c'est un échaniillon de tons les mondes, un terrain vague et neutre, qui tient du salon par l'élégance, de Tatelier par le sans-géne et du passage par l'encombrement... car il en passe! il en passe! des Italiens bruns, des Espagnols bleus, des Indiens jaunes, des Anglais roses, des Américains rouges et des Parisiens verts... Elle a tant voyagé la comtesse!^.. Et des femmes!... depuis la vraie jeune fille à marier, jusqu'à la fausse veuve, depuis la femme honnête, jusqu'à l'honnête femme... et dans un pêle-mêle, des princes et des journalistes, des diplomates et des pionniers, des généraux péruviens et des membres de l'Institut; tout, on invite tout... à la rencontre... ici et là, au hasard, à coups de Bottin, surtout... surtout des gens célèbres... Oh! les gens célèbres!... c'est le dada des étrangers... voilà sept fois que nous invitons Lecocq et quatorze fois M. Renan, mais... ils ne viennent pas!

DE SAUTES

Et elle, la comtesse... elle est toujours belle, n'est-ce pas?

FONDRETON.

Si elle est... Ah! c'est un autre genre de beauté que ma belle-mère... Mais elle est très belle.. .et un entrain... Dieu, et un diable au corps, et un aplomb... elle m'intimide, elle m'éblouit, elle m'abrutit!

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