‹ L'agent de change, ou, Une fin de mois drame en trois actesChapitre 4 sur 38 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

DARMANCOURT , GUSTAVE.

darmancourt , à Gustave, f/ui regarde Eugénie sortir. Ma présence semble vous gêner, Gustave; ce salon n'a-l-il plus de charmes pour vous, quand vous n'y trouvez plus que moi ?

GUSTAVE

0 mon père ! peuvez-vous penser? ....

DARMANCOURT.

La conversation d'Eugénie

GUSTAVE

Ne peut me faire oublier l'agrément de la vôtre ; et j'ai souvent sacrifié son amabilité à vos conseils. Il est vrai , je l'avoue , je recherche avec empressement toutes les occasions qui me ramènent auprès d'elle ; et je crois qu'Eugénie ne trouve aucun motif pour s'éloigner de moi.

DARMaNCCURT.

Cette aimable confiance de l'innocence n'autorise point à lui manquer.

GUSTAVE

Moi! lui manquer! mon père!

DARMANCOURT.

Oui, mon fils; c'est lui manquer que de vous montrer à ses yeux cîins ce négligé, pane qu'elle ignore le danger, ou vous estime assez pour n'en point craindre avec vous; est-ce une raison d'oublier ce que vous devez à son sexe, à son âge, à son état ?

GUSTAVE

Je ne vais point chrz elle ainsi. Ce salon nous est commun ; nous y avons toujours étudié le matin. . . . quand on demeure ensemble. . . Mais, mon père, jusqu'à présent vous ne m'avez rien dit Est - ce M. uerneviile qui a fait cette remarque ?

DARMA1VCOIRT.

Son oncle ? Non , mon ami Aussi simple qu'honnête,

Cerneville ne suppose jamais le mal où il ne le voit pas ; mais tout occupé de ses affaires, en vous recevant dans sa maison, il a dû s'en rapportera moi sur les senlimens d'honneur et de délicatesse que j'avais mis dans votre cœur ; et il a dû penser que son Eugénie, malgré la familiarité qui existe entre vous, était , suffisamment garantie par les soins que j'ai pris de votre éducation, i

GUSTAVE

Eh quoi ! mon père, vous pourriez supposer!

DARMANCOURT.

Eugénie n'est plus un enfant, mon fils; et ces familiarités

d'autrefois !

Gustave , un peu déconcerté.

J'espère ne jamais oublier ce que je lui dois , et lui montrer toujours autant de respect que je renferme pour elle d'attachement dans mon cœur.

DARMANCOURT.

Pourquoi le renfermer, s il n'est que raisonnable? Mais si cet attachement avait un caractère plus sérieux, c'est alors que vous auriez besoin d'observer votre conduite ; c'est lorsque vous la trouve/, seule , mon fils, qu'il faut la respecter. La première punition de celui qui manque à la retenue, est d'en perdre bientôt le goût : une faille en amène une autre ; elles s'accumulent ; le cœur ^e déprave ; on ne sent plus le frein de l'honnêteté que pour s'aimer contre lui; on commence par être faible, on finit par être coupable.

Gustave , déconcerté.

Mon père , ai-je donc mérité une réprimande aussi sévère; ?

DARMANCOURT, d' Un ton plus doUX.

Des avis ne sont point des .reproches. Allez, mon fiis ; mais n'oubliez jamais que la nièce de votre ami , du bienfaiteur de

voire père, doit être sacrée pour vous; souvenez-vous qu'elle n4a point de mère qui veille à sa sfireté. Songez que mon honneur et le votre doivent être ici les appuis de son innocence et de sa réputation. Rendez-vous au bureau. ( C us/ace sort, j

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