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LHYPERPOLYANDRIE ET LA VITALITÉ DES RACES

relativement peu nombreuses. Et, le fait est si manifeste qu'il a amené les Australiens, chez qui alors Thyperpolyandrie est considérable, à la pratique courante sur une portion des individus mâles, d'une de ces mutilations ethniques si fréquentes chez les races non civilisées. Cette fois, par exemple, le seul but de cette mutilation spéciale est de rendre ceux qui l'ont subie impropres à la fécondation, et par suite do les empêcher d'immobiliser à leur seul bénéfice, sans aucun profit pour la communauté, les femmes qui autrement eussent été grosses de leurs œuvres.

Cette coutume extraordinaire, quiapour objet de limiter le nombre des sujets reproducteurs dans la population mâle, a reçu le nom de la mika opération. Elle consiste, nous dit Zaborowski, « dans l'incision de la paroi inférieure de l'urèthre, de l'orifice au scrotum, en sorte que le pénis, dépourvu de canal fermé, ne présente plus qu'une large rigole : dans l'état d'érection, la verge opérée doit être très large et plate, et dans l'éjaculation, le sperme doit s'écouler en

dehors du vagin * ». Au surplus, quand l'on constate Ténorme hyperpolyandrie des Australiens chez qui, ainsi que Ta constaté M. W.-K. Brooks, professeur à l'université John Hopkins, à Baltimore, le total des femmes est à peine moitié de celui des hommes, de semblables précautions paraissent moins extraordinaires.

Les Maoris, ou indigènes de la Nouvelle-Zélande, qui, eux aussi, disparaissent rapidement devant la tache d'huile anglaise, — ils ne sont plus guère aujourd'hui que 30 ou 40,000 pour un total de près de 600,000 étrangers, — présentent pareillement une hyperpolyandrie considérable.

Les Canaques de la Nouvelle-Calédonie ont peu de femmes (116,2 hommes pour 100 femmes) ; même observation aux îles Marquises (111,7 hommes pour 100 femmes) ; à Tahiti et à Moréa (112,5 hommes pour 100 femmes) ; aux îlesTuamotu (H8,5 hommes pour 100 femmes) ; aux îles Gambier où la proportion est plus énorme

4 Zaborowski, d'après Micklucho-Macklay, Revue d'Anthropologie, 15 janvier 1882, p. 181.

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encore (185,8 hommes pour 100 femmes) ', etc., etc. Or, les voyageurs et les anthropologistes sont unanimes à constater la décadence constante de ces diverses populations.

En Europe, nous rencontrons encore plusieurs exemples de semblable nature. Dans la Russie centrale, principalement dans le gouvernement de Kazan, il existe, en dehors de la population russe, une importante agglomération d'individus appartenant à diverses peuplades, Tchouvaches, Tchérémisses , Mordvines, Yotiakes, Tatares, Metcheriakes. Or, toutes ces races sont aujourd'hui en voie d'extinction, ainsi que le prouvent, du reste, le relevé des dénombrements.

De 1865 à 1884, en effet, d'après les statistiques officielles 2 , les Tatares ont diminué de 0,64 p. 100, les Tchouvaches de 0,59 p. 100, les Tchérémisses de 0,30 p. 100, les Mordvines

4 Tous ces chiffres sont empruntés aux statistiques coloniales françaises publiées par les soins du ministère de la Marine et des Colonies et du ministère du Commerce, de l'Industrie et des Colonies.

* Calendrier du gouvernement de Kazan, 1885, chez Klutchnikoff à Kazan, in-8% p. 50.

de 0,24 p. 100, tandis que, durant le même laps de temps, la population total s'augmentait dans l'énorme proportion de 30,8 p. 100. Ici encore, les femmes sont relativemeut peu abondantes, et, cela est si vrai que chez les Tatares, dont les mœurs admettent la polygamie et aussi l'existence de nombreuses concubines en dehors des épouses légitimes, la monogamie est devenue, aujourd'hui, la règle générale. Même dans la classe riche, où le mari n'a point à arguer, pour n'avoir qu'une seule femme, des difficultés do l'existence, l'observance est la même. La coutume consacrée par un ancien usage a dû céder devant l'exigence des faits.

Les Roumains nous fournissent encore un exemple européen de la décadence d'une race.

Chez eux, pareillement, l'hyperpolyandrie est forte. En Yalachie, où beaucoup de districts ont un chiffre insignifiant de juifs, la différence entre le nombre des naissances masculines et celui des naissances féminines est très grande (1 .444 pour 1.000), soit 114,4 pour 100.

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Du reste, en Valachie ainsi qu'en Moldavie, la prédominance masculine sur le sexe féminin est constante aussi bien dans la population générale de ces pays qui est Roumaine que dans la population juive.

Chez les Juifs, où l'hyperpolyandrie exagérée est relevée régulièrement par tous les démographes, il est logique d'admettre qu'elle traduit une même situation que dans les autres races, c'està-dire qu'elle indique un état de décadence.

C'est justement ce que nous démontre d'une manière irréfutable l'examen attentif des statistiques.

En France, de 1861 à 1866, l'accroissement annuel de la population juive, accroissement très notablement supérieur à celui du reste de la population, a été de 2,27 p. 100 par an.

Dans la période suivante, de 1866 à 1872, nous voyons ce total s'abaisser à une moyenne de 1,89 p. 100 par an, c'est-à-dire subir cet affaissement considérable de 0,38 p. 100 et par an.

Et, ce n'estj? as en France seulement que l'on

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du monde juif en France, nous pouvons noter encore de nombreuses indications intéressantes.

Ainsi, dans un numéro daté de 1866 de ce journal, nous trouvons, rapporté d'après le North China Herald au 7 avril de la même année, des renseignements sur une colonie juive en pleine décadence et située àHonan, à 470 milles de Caïfong-Fou, renseignements recueillis par le docteur Martin au cours d'un voyage de Pékin à Shangaï.

La connaissance de la langue hébraïque est perdue^ La synagogue a été démolie, et, dit l'auteur, t dans l'espace d'une génération, ils auront probablement cessé d'exister comme société distincte ».

Il y avait de trois cents à quatre cents juifs au total.

Le rabbin est mort depuis cinquante ou soixante ans et depuis on ne circoncit plus.

Tous ces gens sont très pauvres et sont sur le point d'être absorbés par les musulmans qui les entourent. Du reste, leur nombre diminue de jour en jour.

On imaginerait difficilement un tableau plus

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lamentable que celui qui est ainsi tracé par le journal israélite.

Mais, au surplus, sans remonter à une époque aussi éloignée, pouvons-nous rencontrer, toujours dans la même feuille, de nouvelles preuves de la décadence juive.

Rien qu'en ces derniers temps, les Archives en enregistrent plusieurs cas manifestes. En voici un premier relatif à une communauté judaïque installée au nord de la Palestine, à Nabloux (l'ancienne Sichen), communauté en voie de disparition complète, et qui appartient â la secte des Samaritains.

Un pasteur protestant, le docteur Hurst, écrit le rédacteur des Archives, a visité récemment les derniers représentants de cette secte. Ils sont encore cent cinquante ; mais comme ils ne se marient qu'entre eux, on peut prévoir dans combien de temps les Samaritains ne seront plus qu'un nom *.

Et cet autre, à propos de la mort du rabbin de

1 Archives Israélites. — Une secte qui finit, n° du 7 novembre 1889, t. L de la collection, p. 362.

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