PRÉFACE
leurs terribles, l'histoire de notre époque, comme il a fixé, en traits de sang, de fer et de feu, l'histoire de la Rome décadente.
L'Agonie aura le même succès que Byzance, un succès plus grand peut-être, car l'oeuvre est encore plus forte, plus solidement construite, plus tumultueuse, plus variée aussi, et d'un érotisme plus sauvage. Lombard, qui était un laborieux terrible, était aussi un grand chaste, mais il ne reculait pas devant les peintures les plus crues, car il voulait aller jusqu'au bout de la vérité, sans souci de choquer les uns ou de surexciter les autres. Hélas ! il ne sera plus là pour goûter la joie bien méritée du triomphe, et de la lutte il n'aura connu que les angoisses et les heures de lourd découragement.
Ce sont de bien tristes conditions littéraires que celles où se débattent les écrivains d'aujourd'hui... Une presse odieusement mercantile qui a transformé notre production intellectuelle en objets de réclame et qui force le génie pauvre à passer, les mains pleines d'or, à ses comptoirs... une critique indifférente ou enchaînée... un public ignorant qui ne sait vers qui aller et qui, naturellement, instinctivement, va vers tout ce qui est stupide ou abject... C'est plus qu'il n'en faut pour la protection des médiocres, et la défaite des talents... Et puis, il faut bien le dire, les écrivains sont trop nombreux. La mêlée est compacte, dure, égoïste. On n'y entend pas les cris de douleurs, les appels désespérés couverts par le hurlement de tous. Chacun pour soi. On