PREFACE
Dans la belle préface dont il a orné l'édition nouvelle de Byzance, M. Paul Margueritte a dit, de Jean Lombard, en des pages fortes et serrées, tout ce qu'il fallait dire. Avec l'émotion de l'ami et la perspicacité du critique, il nous a montré ce qu'était l'homme, en Jean Lombard, ce qu'était aussi l'écrivain. J'aurai donc peu de choses à ajouter.
D'origine ouvrière, Jean Lombard s'était fait tout seul. Je veux constater, en passant, une vérité. Plus nous allons, et plus tout ce qui émerge de l'universelle médiocrité, tout ce qui contient une force, force pensante, force artiste, force sociale, vient du peuple. C'est dans le peuple, encore vierge, malgré les corruptions de toute sorte où on l'entraîne, que se conservent, çà et là, les antiques vigueurs de notre race. Toutes les aristocraties sont mortes. Nos bourgeoisies, épuisées de luxe, dévorées d'appétits énervants, ne poussent plus que de débiles rejetons, inaptes au travail et à l'effort Jean Lombard avait gardé de son origine prolétarienne affinée par un prodigieux labeur intellectuel, la foi carrée du peuple, son enthousiasme robuste, son entêtement