‹ L'AgranulocytoseChapitre 44 sur 45 · GB M · texte numérisé non relu

GB M

Poly. très diminués.

Thrombopénie. Mort en quinze jours.

AUBERTIN, BLANSCTEIN et LEHMANN. — Femme de 31 ans ayant présenté une roséole syphilitique au début de 1926 pour laquelle elle reçoit onze injections de novar, plus deux injections de cyanure par semaine. En juin, juillet et adût de la même année, une série de douze injections de QUINBY ; en décembre 1926, janvier et février 1927, douze injections de QUINBY jointes, en décembre 1926, à 0,75 de stovarsol trois fois par semaine. En 1928, on fait deux cures de QUINBY de douze injections et deux cures d’acétylarsan &@e dix injections. La dernière injection d’acétylarsan est faite en fin décembre 1928. À «ce moment : lassitude, asthénie, insomnie ; puis, le 26 janvier 1929, angine fébrile qui devient rapidement ulcéro-nécrotique et s'accompagne de subictère, d’hémorragies gingivales et d’un très mauvais état général.

re Sang :.

G. B. 400, dont 7 % de poly. neutrophiles et 4 %

d’éosinophiles.

Temps de saignement : 28 minutes.

Temps de coagulation : 15 minutes.

Mort le 21° jour après le début de l’angine en dépit d’une thérapeutique par transfusions sanguines, irradiations des épiphyses et injections de nucléinate de soude.

AUBERTIN, BLANCSTEIN et LEHMANN. — Homme de 42 ans ayant contracté la syphilis dix-neuf ans auparavant et n’ayant pas reçu d’injections de novar depuis plus de quatre

ans. Agranulocytose bismuthique à début progressif avec anémie modérée (G. R. 3.000.000) et purpura hémorragique.

G. B. 5.200, dont 5 % de poly. neutrophiles (260 par mm3).

Evolution mortelle dix jours après le début des gros accidents.

BOCAGE et FILLIOL. — Homme de 30 ans atteint de syphilis secondaire. Angine agranulocytaire avec purpura et thrombopénie ayant débuté le jour même de la deuxième injection @’une deuxième série de novar. (La dernière injection de la première série avait déjà entraîné l'apparition d’un purpura).

G. B. 1.500 dont 18 % de poly. neutrophiles (270 par mm3).

Temps de saignement : 55 minutes.

Evolution mortelle en huit jours.

KASTLIN. — Femme de 24 ans. À subi, pendant ces deux dernières années, un traitement antisyphiiitique. Le 11 mars on a commencé une sixième série de néo-diarsénol et huit jours plus tard apparaissent des maux de gorge avec tuméfaction des ganglions cervicaux gauches, fièvre, ictère, anorexie, épistaxis légère. L’expectoration est un peu striée de sang. Actuellement la langue est un peu saburrale ; au

niveau de la dernière molaire droite, il y a une ulcération ; les amygdales sont normales. Légère matité du poumon droit. Cœur, foie et rate normaux. Pas de taches hémorragiques sur la peau. Température, 101° F.

Tableau du sang :

Hémoglobine : 64 %.

G. B. 2.500 avec :

6 % poly.

2 % éosino.

74 % lymphos. dont 56 % grands lymphos.

Monocytes : 18 %.

Les granulations sont bien colorées, les noyaux des lymphocytes sont réguliers, la forme des monocytes est parfois irrégulière, quelques-uns ont un noyau bilobé, réaction des oxydases négative ; temps de saignement : 25 minutes ; temps de coagulation : 7 minutes ; hémoculture négative.

Dans la gorge, strepto hémolytique, association fusospirillaire.

Le quatrième jour, des taches purpuriques apparaissent sur l’avant-bras gauche, l’angine augmente et l’ulcération de la bouche gagne en surface. Les G. B. tombent progressivement à 520, en même temps que l’état général s'aggrave, et la malade meurt le huitième jour.

Autopsie. — Pétéchies disséminées sur la peau ; taches hémorragiques sur le péricarde et sur le péritoine ; moelle osseuse jaune rougeâtre dans le tiers inférieur du fémur droit ; la moelle des vertèbres lombaires est graisseuse.

. Histologiquement : Rate ; follicules malpighiens petits, mais bien dessinés dans la pulpe ; prédominance des cellules réticulo-endothéliales sur les lymphocytes. Dans les ganglions lymphatiques du cou, hyperplasie du tissu réticulo-endothélial. Dans la moelle, nombreuses cellules larges avec noyau grand et pâle parsemé de grosses granulations, cytoplasme clair et vacuolaire. Il n’y a pas de polynucléaires, les cellules rouges et les mégacaryocytes sont normaux.

WiDAL et Mme BERTRAND-FONTAINE, in AUBERTIN. — Homme de 30 ans. Syphilis soignée depuis cinq ans (1919).

Une série de novar en 1919, plusieurs séries en 1920. Reprise du traitement en 1924 : une série d’injections hebdomadaires, 0,15 à 0,90. La dernière piqûre, le 31 octobre, s'accompagne de signes d’intolérance passagers. Neuf jours plus tard se développe un syndrome agranulocytaire avec purpura hémorragique et anémie modérée, puis intense.

G. B. 3.400, dont 8 % de poly. neutrophiles (272 par mm3). Thrombopénie. Temps de saignement : 7 minutes. Temps de coagulation très prolongé. Evolution vers la guérison au bout de trois mois.

P.-E. WEIL et IscH-WALL, in AUBERTIN. — femme de 30 ans. Syphilis contractée neuf ans auparavant (1913). Première série de novar en 1921. Vingt jours après la dernière injection, ictère. À la fin de la même année, nouvelle série de novar qui s'accompagne de légers phénomènes. d’intolérance. Au début de 1922, troisième série de novar. Quelques jours plus tard, purpura hémorragique, anémie sévère, puis angine ‘ulcéreuse.

Temps de saignement prolongé. Thrombopénie.

G. B. 1.500, dont 10 % de poly. neutrophiles (150 par mm3). Evolution lente vers la guérison en six mois.

Autopsie. — Dégénérescence graisseuse du foie, pas d’hémorragie des séreuses, pas de lésions intestinales.

LEUCHTENBERGER. — Femme de 18 ans. Antécédents héréditaires : une tante qui souffre de diathèse hémorragique, père hémophile et très nerveux.

Antécédents personnels : Diphtérie, scarlatine, oreillons dans l’enfance, amygdalite depuis l’âge de 10 ans ; ménorrhées abondantes. Epistaxis fréquentes. La dernière menstruation a particulièrement aggravé son.état général. À eu, il y a trois ans, des signes d’anémie très marquée. Un médecin, après une forte épistaxis, avait compté 2.700.000 G. B.

Actuellement, malade de constitution fragile, téguments subictériques, muqueuses pâles, pas de lésions ulcéreuses de la bouche.

Dans le sang :

Hémoglobine : 84 %.

Temps de saignement : 18 minutes. Temps de coagulation normal.

Il y a 17.000 plaquettes, 22 % de polynucléaires.

1 % de poly. baso.

71 % de lymphos.

2 % formes de transition.

4 % monocytes.

L'état général s'aggrave, la température s'élève à 40°. Gingivorragie et douleurs à la déglutition. Le nombre des G. R. et des G. B. diminue. Toutefois, sous l’influente de transfusions, l’état général semble s'améliorer.

Hémoglobine : 38 %.

G. B. 2.200 avec 54 % de polynucléaires.

Le malade meurt avec température à 40°. Il n'y avait plus que 1.900 G. R. avec 1.300 G. B. et 30 % de polynucléaires.

AUBERTIN CAYLA et R. LÉVY, in AUBERTIN. — Homme de 28 ans ayant contracté la syphilis en 1925. Une série de novar en 1925. En 1926, nouvelle série : quelques jours après la septième injection, syndrome infectieux avec angine ulcéreuse et phénomènes hémorragiques.

Sang :

G. B. 1.000, dont 3 % de poly. neutrophiles et 4 % de mastzellen.

Temps de saignement : 20 minutes.

Mort le dix-neuvième jour après la dernière injection de novarsénobenzol.

CLERC, ROBERT LÉVY et VIALARD, in AUBERTIN. — Femme de 24 ans. Syphilis récente. En janvier 1928, première série

de novar interrompue après la troisième injection en raison de purpura. Quelque temps plus tard reprise du traitement : la cinquième injection provoque un malaise intense suivi de purpura ; puis, deux jours plus tard, syndrome toxi-infectieux avec trimus, stomatite nécrotique et hémorragique.

Tableau du sang :

(Es 482 800, dont 2 % de poly. neutrophiles.

Plaquettes : 32.000.

Temps de saignement : 20 minutes. Temps de coagulation: 45 minutes.

Mort le dixième jour malgré tentative thérapeutique par

transfusions sanguines et irradiations des épiphyses.

COMBES, in AUBERTIN. — Homme de 54 ans. Une série de huit injections d’arsénobenzol est bien tolérée ; quatorze jours après la septième injection d’ure série de sulfarsénobenzol : angine agranulocytaire avec purpura, hémorragies et anémie sévère.

Plaquettes : 175.000. G. B. 500, avec absence de polynucléaires. Mort.

GORKE, in AUBERTIN. — Femme de 45 ans, syphilis secondaire. Dix-huit jours après la deuxième injection de novar, angine agranulocytaire avec purpura, hémorragies et anémie à 1.600.000.

Plaquettes : 10.000. G. B. 600, dont 12 % de polynucléaires. Evolution mortelle.

GORKE, in AUBERTIN. — Femme de 33 ans. Huit jours après injection arsenicale, agranulocytose mortelle avec anémie et

purpura hémorragique.

AO

Moore et KEIDEL, în AUBERTIN. — Femme de 50 ans. Sept jours après la neuvième injection d’une série de novar, angine agranulocytaire avec purpura hémorragique et anémie modérée.

Plaquettes : 23.000. G. B. 550, dont 4 % de poly. neutrophiles. Evolution mortelle,

Formes associées

à des états lymphadéniques

JAFFE, in AUBERTIN. — Il s'agissait d’une femme de 36 ans qui présentait depuis quelques années des adénopathies cervicales. Certains paquets ganglionnaires avaient été extirpés. Elle vint à l’hôpitai pour un état de malaise et d’asthénie marqué, et l'examen du sang montrait à ce moment : un taux subnormal de G. R., une leucopénie à 1.000. Pour 100 éléments : un seul polynucléaire neutrophile, 89 lymphocytes et 10 monocytes.

Quelques jours après se développait une légère tuméfaction anale, un abcès se forma qui se fistulisa et pour lequel on dut intervenir, en même temps l’état du sang se modifiait, le nombre des G. B. montait à 3.900, dont 54 % de polynucléaires. L’amélioration clinique et hématologique fut telle que la malade put bientôt rentrer chez elle, mais moins de deux mois plus tard un syndrome agranulocytaire typique se développait avec fièvre, ictère, lésions ulcéreuses buccales, leucopénie à 800 avec disparition totale des polynucléaires. La mort survint en quelques jours.

L’autopsie révèla des lésions granulomateuses avec fibrose au niveau des ganglions, de la rate et d’une surrénale. Il n’y avait pas de polynucléaires neutrophiles, ni d’éosinophiles, mais des cellules de STERNBERG typiques. La moelle osseuse était agranulocytaire. La réaction des oxydases et la réaction des peroxydases étaient négatives dans tous les organes et sur les lames de sang.

CLERC, DESCHAMPS ct STIEFFEL, in AUBERTIN. — Il s’agissait d’un homme de 26 ans qui présenta un état infectieux

grave avec lésions nécrotiques du pharynx évoluant en quelques semaines vers la mort.

Les examens du sang, faits à plusieurs reprises, montrèrent une déglobulisation progressive et assez accentuée, une leucopénie inférieure à 4.000 et qui atteignit une fois même 1.000. Au point de vue qualitatif, il y avait diminution considérable du taux des polynucléaires :

2 à 7 %, mais on trouvait parfois quelques myélocytes neutrophiles :

0 à 7 % et surtout 8 à 17 % des globules blancs étaient des leucoblastes.

L’autopsie montra qu’il n'existait en aucun point de lymphomes proprement dits, ni de production lymphadénique. La moelle costale n’était pas rouge, maïs grasse et son aspect cytologique rappelait celui du sang circulant.

SCHÆFER, in AUBERTIN. — Homme de 46 ans qui, dans un premier stade, présenta un syndrome agranulocytaire d’apparence primitive, avec lésions bucco-pharyngées, anémie modérée, leucopénie à 850 et disparition des granulocytes. Il n’y avait pas d'éléments embryonnaires dans la formule blanche.

En quelques mois la guérison clinique est obtenue avec retour du sang à un état normal.

Un mois plus tard apparaît une leucémie aiguë des plus typiques avec 70.000 G. B., dont 70 % de myéloblastes. La mort survient au bout de quatorze jours.

STOCKE. — Jeune fille de 21 ans. Vers l’âge de 9 ans elle aurait eu une très forte angine.

Depuis vingt-cinq jours, angine avec faiblesse de l’état général et température croissante. Depuis quatre jours la situation s’est aggravée et la malade consulte.

Examen. — Taches pétéchiales aux coudes, foyer pneumonique aux deux bases, foie gros, amygdales grosses avec érosion saignotante et fausses membranes, hémorragie conjonctivale à l'œil gauche. Température, 40°4. Pouls, 130, très faible ; dyspnée moyenne.

Tableau du sang :

Hémoglobine : 50 %.

G. B. 29.600 sans polynucléaires.

Le jour suivant, l’état général est le même ; 40.000 G. B., ce sont uniquement des éléments à un noyau. L’hémoculture est négative et la malade meurt quatre jours après son entrée à l'hôpital, présentant encore une formule agranulocytaire malgré 34.000 G. B.

Autopsie: — Rate volumineuse, à la coupe gris rouge, structure totalement bouleversée. Dégénérescence graisseuse du foie, les ganglions mésentériques et inguinaux sont gros, la moelle du fémur droit a un aspect lymphoïde. Hémorragies punctiformes sur le péricarde et la muqueuse intestinale. Microscopiquement, on ne trouve nulle part de granulocytes ; la réaction des oxydases est négative.

Après la mort on trouve : dans la rate, du streptocoque ; dans la vésicule biliaire, streptocoque et coli-bacille ; dans la moelle osseuse, streptocoque et staphylocoque doré.

Formes frustes

LEUCHTENBERGER. — Femme de 69 ans. Antécédents : rhumatisme à la jambe droite depuis un mois. Depuis ce moment, la malade est fatiguée ; il y a huit jours sont apparues des douleurs intestinales, dont on n’a pas trouvé la cause, avec fièvre à 39°.

On a posé le diagnostic de fièvre typhoïde ou grippe.

Examen. — Température 40° ; malade très fatiguée, muqueuses très pâles, pas d’œdème, ictère, pas d’exanthème, pas de taches hémorragiques. La gorge est légèrement rouge. Signes de bronchite aux poumons, les bruits du cœur sont sourds, le foie et la rate sont normaux.

Dans le sang :

Hémoglobine : 75 %.

G. B. 1.600 avec :

Poly. neutro. : 42 %.

Poly. baso. : 2 ©%.

Mono. : 4 %.

Wassermann négatif. Hémoculture stérile. Dans les urines nombreux leucocytes, cylindres hyalins, coli-bacille et diplocoques. Dans les jours qui suivent, le nombre des leucocytes oscille aux environs de 1.600, tombe une seule fois à 800. Le nombre des poly. neutro. n’est pas descendu au-dessous de 35 %. L’hémoculture a toujours été négative, les sérodiagnostics négatifs aussi.

Malgré des injections d’essence de thérébentine, des irradiations, malgré des injections de collargol, la malade meurt dix-sept jours après son entrée à l'hôpital,

Autopsie. — Pharyngite pseudo-membraneuse, infarctus hémorragique du poumon, plages nécrotiques dans les ganglions lymphatiques. Nécrose miliaire du foie et de la rate. Cholécystite chronique, calculs de la vésicule.

BALTZER, in AUBERTIN. — Femme de 20 ans. Atteinte de syphilis secondaire, angine agranulocytaire pure. G. B. 3.000, dont 22 % de polynucléaires. Mort en six jours.

MooRE et FOLEY, in AUBERTIN. — Femme de 37 ans. Après la cinquième injection d’une série d’arsénobenzol, agranulocytose pure sans angine. G. B. 3.800, dont 10 % de poly. neutro. Guérison.

KRUMBAAR, in AUBERTIN. — Femme de 21 ans. Atteinte de syphilis secondaire. Angine agranulocytaire, post-arsénobenzolique, température 39°6, angine érythémateuse. Prostration légère.

CRE: 3.300, avec 0,50 de poly. et 34 % de myélocytes. Guérison en six semaines.

MOUQUIN et FLEURY. — Homme de 32 ans. En cours de traitement par novar. Début brusque avec température à 39°6, angine érithémateuse. Prostration légère.

Hémoglobine : 70 %.

L’angine disparaît, chute de la température en lysis. Il n’y a aucun signe de diathèse hémorragique, une deuxième numération donne :

12 % de polynucléaires.

1 myélocyte.

53 % de mono.

17 % de lymphos.

Plaquettes très rares.

Au bout de quinze jours, la formule est redevenue normale.

MOUQUIN et FLEURY. — Homme de 28 ans. Chancre il y a quinze mois. Traitement par le novar ; a reçu, depuis quinze jours, quatre injections de bismuth. Il n’y a pas eu de traitement arsenical depuis un an.

Début brusque, température à 40°, prostration, rachialgie, gorge un peu rouge, légère tuméfaction des ganglions cervicaux.

Tableau du sang :

Poly. : 6 %.

Grands mono. : 27 %.

Mono. ordinaires : 65 %.

Lymphocytes : 2 %.

Plaquettes rares. Aucun signe de diathèse hémorragique. Le quatrième jour, la température est tombée à 37° ; il y a 4.560.000 G. R. ; 10.000 G. B. avec 57 % poly. neutro. ; 4 % poly. éosino.

Bock et WIEDE. — Médecin assistant de la radiothérapie. Après un mois de travail intensif dans le laboratoire, les

granulocytes tombent à 34 %. La guérison est très lente.

Bock et WIEDE. — Sœur du Service de la radiothérapie, a travaillé pendant trois semaines au laboratoire. Granulopénie à 46 %.

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