‹ L'agriculture en Canada [microforme]Chapitre 17 sur 17 · IL · texte numérisé non relu

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rier, le rhododendror: et l’if prospèrent à côté du pommier, du poirier, du prunier et du cerisier, et dans quelques districts le pêcher. Dans la partie de la province entre la chaîne de la côte et les monts Rocheux il y a un grand nombre de belles vallées dans lesquelles l’agriculture et l’industrie des ranches ont plus ou moins pris pied. Dans quelques-unes la chute de pluie n’est pas suffisante pour que les cultures puissent réussir sans irrigation. Il y a toutefois ie nombreux cours d’eau de montagnes que l’on peut utiliser à cette fin, et dans quelques-uns des ranches on obtient de belles récoltes de grain et d'excellents fruits, surtout des pommes, des prunes et quelquefois des poires.

Bien que le climat du district de la côte, surtout prés du bord de la mer, ressemble beaucoup à celui du nord de l'Angleterre, il change graduellement à mesure que l’on s'éloigne de la côte vers l’est : l'été devient plus chaud et l'hiver un peu plus froid suivant la distance de l’océan. La précipitation annuelle à Agassiz, qui est à environ 70 milles de Vancouver, est de 67 pouces. Dans la vallée du fleuve Fraser et dans le delta à l'embouchure de ce fleuve, il y a des étendues de terrain considérables propres à la culture et où une grande partie de la population s'occupe du travail du sol. Les principales récoltes sont celles de foin, d’avoine, de plantes-racines et de pommes de terre ; celles d’orge et de blé sont moins importantes. Le houblon réussit très bien, ainsi que le lin, dont la fibre est dans ce climat d’une excellente qualité. Il y 2 un nombre limité de bêtes à cornes, de brebis et de pores ; il y a aussi quelques bons troupeaux laitiers dans différentes sections de la province, et plusieurs beurreries sont exploitées avec succès.

Grande capacité de Production fruitière.

Les conditions climatologiques de la côte sont remarquablement bien adaptées pour la production fruitière, Les pomiiers, les poiriers, les pruniers et les cerisiers croissent bien et fructifient profusément, et, comme ces arbres réussissent mieux dans les terrains en terraces et dans les petits morceaux de terrain cultivés sur les pentes

des montagnes qu'ils ne font dans les terrains g lus plats des vallées, la superficie totale qu’on peut consacrer à la culture fruitière dans cette province est pratiquement illimitée. Les pruniers produisent énormément avec très peu d'effort, et les framboisiers, les ronces, les groseilliers et les fraisiers donnent tous des récoltes très satisfaisantes. Les étés sont si tempérés qu’il n’y a ordinairement pas une somme totale de chaleur suffisante pour mûrir en plein air les raisins des meilleures variétés nou plus que les tomates ; mais dans l’intérieur du pays, qui est plus sec, les étés sont plus chauds, et les tomates et beaucoup de variétés de raisins y mûrissent bien ; 1à cù l'irrigation est possible on peut produire à peu près tous les fruits cultivés sur ‘1 côte, et dans un petit nombre de localités on récolte de bi5 ’êches.

CLSERVATIONS GÉNÉRALES.

Les progrès que fait l’igriculture en Canada se voient de bien des manières. De 1881 à 1891 (date du dernier recensement), l'augmentation dans la superficie cultivée a été de 4,702,542 acres. En 1891 l’étendue de terrain défrichée et cultivée était de 28,537,242 acres, dont près de 20 millions étaient en céréales. Depuis lors la superficie cultivée a été considérablement augmentée. Outre cette augmentation il y a eu une sensible amélioration dans les méthodes agricoles : on s'efforce davantage ac maintenir la fertilité du sol et de le travailler de manière à ce qu’il soit en bonne condition pour les cultures. On met davantage de soin dans le choix des semences, on tâche de se procurer pour les semer les variétés que l’expérience a fait connaître comme les plus productives. Autrefois le Canada exportait en quantités les céréales autres que le blé ; maintenant on en donne de beaucoup la plus grande partie aux animaux sur la ferme même; c’est ainsi qu'on utilise plus des neuf dixièmes de ces grains produits dans ce pays.

Valeur des Produits agricoles exportés.

La valeur totale des produits agricoles exportés, y compris toutes les espèces de grains, de graines et de

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fruits a été en 1899 de près de 23 millions de dollars, dont le blé et la farine ont formé la plus forte partie, près de 11 millions. Dix ans auparavant, en 1889, ces exportations s’élevaient presque à 13 millions %. On verra par là que, malgré la grande augmentation dans la superficie cultivée, les exportations de grains autres que le blé et de fourrages unt relativement beaucoup diminué. Ceci a toutefois été plus que compensé par l'augmentation considérale en exportations d’animaux et de produits des animaux. La valeur de ceux-c1 s'élevait en 1889 à $23,894,/07; en 189g elle était de #46,743,130. L'augmentation dans les expo: cations de produits de laiterie a été surprenante. En 1889 il avait été exporté pour $8,915,684 de fromage ; dix ans plus tard, en 1899, 1: chiffre s’est élevé 4 $16,776,765; en même temps les expo-tations de beurre se sont accrues de #331,958 en 1889, à #3,7 0.873 en 1899. Cette extension de l’exploitation laitière a donné lieu à un raride développement de l’industrie des porcs. Il s’est établi des maisons de salaison de porcs dans beaucoup de parties du pays, et les cultivateurs donnent maintenant beaucoup d’attention à l'élevage des races de porcs qui donnent du bacon de la meilleure qualité. Les exportations de bacon et de jambons se sont élevées d’une valeur de #$381,293 en 1889, à $10,416,478 en 1399. En exportant les animaux et leurs produits au lieu d’exporter les grains, les éléments de fertilité enlevés au sol par les grains lui sont restitués en grande partie dans le fumier des animaux, et l’on maintient ainsi la fertilité du sol.

Secours à l'Agriculture en Canada.

En Canada, tant les gouvernements des provinces que le gouvernement fédéral viennent en aide à l’agriculture par des mesures spéciales. Dans les provinces de l'Ontario, de Québec et de la Nouvelle-Écosse il y a des écoles ou collèges d'agriculture spéciaux pour l'éducation des jeunes hommes dans les travaux agricoles ; il y a aussi des écoles d'industrie laitière dans la plupart des provinces. D’autres moyens de diffusion des connaissances sont les instituts agrico.es, les laiteries ambu-

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lantes, les associations d'éleveurs d'animaux, les associations pomologiques et les sociétés agricoles et horticoles. Ces institutions sont toutes maintenues ou aidées par les différentes provinces, et une partie des comptes rendus des transactions ainsi que ceux des conférences pratiques données aux réunions les plus importantes de ces associations sont publiés par les gouvernements des provinces et distribués gratuitement aux cultivateurs qui désirent les posséder. Il y a aussi d'importants concours agricoles annuels, qui ont lieu dans les grandes villes en automne 2t où sont exposées en concours les améliorations en rapport avec les produits agricoles et horticoles, les animaux de ferme, les machines aratoires, etc. Ces concours sont visités par des milliers de cultivateurs, et ainsi sont disséminées beaucoup de connaissances d’une utilité pratique. Les principes de l’agriculture sont aussi enseignés jusqu’à un certaiu point dans les écoles de la plupart des provinces,

Entrepôts froids et Compartiments- Refrigérateurs.

Le gouvernement fédéral est venu en aide à l’exportation des produits de laiterie et des fruits en établissant un service d’entrepôt et de transport à basse température afin de faire parvenir ces produits dans la meilleure condition possible depuis le lieu de la production jusque sur les marchés de la Grande-Bretagne.

Fermes expérimentales de l'État.

Les progrès de l’agriculture en Canada ont aussi reçu une impulsion marquée par l’organisation et le maintien des cinq fermes expérimentales du gouvernement fédéral. Ces fermes ont été établies en 1887, dans différentes parties du Canada, et placées de manière à être d’un secours réel aux cultivateurs des districts où la population agricole est le plus dense, et cela dans les climatures et autres conditions de culture les plus variées possible, La ferme expérimentale centrale est située à Ottawa près de la limite entre les provinces de Québec et de l'Ontario, où elle est en aide à l’agriculture dans ces

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deux provinces. Une des quatre fermes succursales a été établie à Nappan (Nouvelle-Ecosse), près de la limite du Nouveau-Brunswick, en vue de servir pour les cultivateurs des trois provinces maritimes. Une deuxième ferme expérimentale succursale est située à Brandon, en Manitoba ; une troisième à Indian-Head, dans l’est de l’Assiniboine, l’un des territoires du Nord-Ouest; et la quatrième à Agassiz, dans le climat de la côte de la Colombie- Anglaise.

Travail expérimental.

A toutes ces fermes il se fait des expériences dont le but est l'acquisition de renseignements quant aux meilleures méthodes de préparation du terrain pour les cultures et de maintien de la fertilité du sol, quant aux plantes les plus utiles et les plus avantageuses à cultiver, et quant aux moyens de disposer avec le plus de profit possible des divers produits agricoles. Au nombre de ces expériences sont celles d’alimentation du bétail, des moutons et des porcs pour la production de la viande, d'alimentation des vaches pour la p:1duction du lait, et de la volaille pour celle de la viande et des œufs. D'autres expériences ont pour but de déterminer les mérites de variétés nouvelles et non encore essayées de céréales et d’autres plantes agricoles, de graminées et autres plantes fourragères, de fruits, de légumes, de plantes et d'arbres; il est aussi distribué en quantités considérables, pour essais par les cultivateurs, des échantillons, la plupart des variétés de céréales les plus promettantes, afin de les introduire rapidement dans la culture générale.

Rapports, Correspondance, etc.

Les rapports annuels des fermes expérimentales et de temps en temps des bulietins présentant aussi les résultats de ces travaux, sont distribués en grands nombres.

Les cultivateurs sont invités à visiter ces fermes, et les officiers des fermes sont en correspondance active avec ceux qui s'intéressent à l’agriculture dans toutes les parties du Canada et qui sont invités à demander en tout temps conseils et renseignements.

L'Avenir du Canada.

Si ie progrès de l’agriculture en Canada a été grand dans le passé, il sera selon toutes les probabilités bien plus grand dans l’avenir. La quantité de terrain en culture dans ce pays, bien qu’elle soit grande comparativement au nombre des habitants, est très petite comparativement à la vaste étendue de terres riches et fertiles encore inoccupées, et sans nul doute le Canada deviendra avant longtemps l’un des premiers pays du monde pour la production des denrées alimentaires. Les échantillons de ses céréales et de leurs produits présentés à l’Exposition de Paris dans le bâtiment des colonies, et la collection variée de fruits exposée dans le bâtiment consacré à l'horticulture sont des preuves convaincantes de la fertilité du sol et des conditions favorables de son climat. La Confédération du Canada dans la plus grande partie de son vaste territoire est caractérisée par une plus grande chaleur en été et une température plus basse en hiver que ce n’est le cas dans les latitudes correspondantes en Europe ; mais la rigueur de l’hiver ne peut être justement appréciée d’après l'observation du thermomètre à elle seule. En raison de l’atmosphère sèche et fortifiante et du ciel serein, pendant la plus grande partie de l’hiver, la sensation produite par les basses températures est beaucoup moins vive que celle qu’on éprouve par un temps plus doux accompagné de vents froids et de brouillards humides. Généralement le temps pendant l’hiver en Canada est excellent pour la santé et parfaitement agréable,

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