ÉCOLES DES BEAUX-ARTS ET INDUSTRIELLES
Nationale de dessin et peinture
Provinciale de musique et déclamation . .
— de commerce
— d'agronomie .......
Nationale des mines
— de commerce
— d'agronomie
— séminaires conciliaires ....
— militaire
— navale
En totalité, 2,031 établissements d'éducation
élèves.
avec 127,036
Culte.
Liberté des cultes entière ; mais toute la population nationale est catholique. Les cultes dissidents n'ont de prosélytes que parmi les Anglais, les Allemands et les Suisse? établis dans la République. La circonscription ecclésiastique comprend l'archevêché de Buenos-Ayres et ses suffragants : — les évêchés du Littoral, siège : Parana; de Gordova; de Cuyo, siège : San-Juan et de Salta. L'État accorde des subventions aux évêchés et aux séminaires; les' fidèles pourvoient aux autres frais du culte. Fort peu nombreux, le clergé régulier est composé de quelques pères jésuites, franciscains, dominicains, augustins et pères de la Merci. Des missions sont établies sur la frontière indienne. Il y a des couvents de femmes à Buenos-Ayres, Gordova, Mendoza et Salta; des sœurs*
de charité dans les principaux hôpitaux et dans plusieurs écoles de filles.
La langue nationale est l'espagnol. Il n'existe aucun patois; mais on parle trois langues indiennes d'origine ancienne et remontant à la conquête, toutes trois plus ou moins imprégnées d'espagnol : le guarani, usité dans la province de Corrientes, dans la république du Paraguay et dans les provinces brésiliennes de Paijana et de Saint-Paul ; — le quichua, ancienne langue des Incas, employé dans la province argentine de Santiago-del-Estero, et sur quelques plateaux et hautes vallées de Jujuy, Salta, Catamarca et la Rioja; — enfin, l'araucan, dont font usage les Indiens du sud et que quelques Argentins des frontières comprennent très-bien. Ces trois langues indiennes ont des grammaires et des dictionnaires dus aux missionnaires jésuites des xvn° et xviii 6 siècles.
Dlvi»l«»a provinciale.
La République Argentine est divisée en quatorze provinces, souveraines pour leur administration intérieure et ayant chacune leur législature, leur cour de justice ou cour nationale, et un gouverneur nommé pour deux, trois ou quatre ans, assisté d'un ou de deux ministres, selon l'importance des États.
Ces provinces, désignées généralement par le nom de leur capitale, sont : Buenos-Ayres, Santa-Fé, Entre-Rios, Gorrientes, Cordova, San-Luis, Mendoza, San- Juan, la Rioja, Catamarca, Santiago-del-Estero, Tucuman, Salta et Jujuy. On compte en outre quatre territoires : celui des missions, le territoire indien du nord ou Ghaco, le territoire indien du sud ou région des Pampas et le territoire de la Patagonie, où sur les bords du Chubut une colonie est déjà fondée.
La population de chaque province et dos quatre territoires
selon le recensement de 1869, présentait la proportion suivante :
Buenos-Ayres 495,107
Entre-Rios. ...... 134,271
Gorrientes 129,023
Santa-Fé 89,117
Cordova 210,518
San-Luis 33,294
Mendoza 65,413
San-Juan 60,319
LaRioja 48,746
Catamarca 79,962
Santiago 132,8'J8
Tucuman 108,953
Salta 88,933
Jujuy 40,379
Chaco (territoire) 45,291
Missions (territoire]. . . . 3,000
Pampas (territoire). . . . 21,000
Patagonie (territoire) . . . 24,000
, Armée au Paraguay . . . 6,276
Absents 41,000
Total en 1869. . . 1,877,490
Aujourd'hui la population est estimée à 2,400,000 âme-.
On compte parmi les villes principales : Buenos-Ayres, grande cité de 200,000 âmes au moins, tout à fait européenne par sa laborieuse activité, son esprit d'entreprise, le nombre de ses établissements utiles de tous genres : ses collèges, ses écoles, ses musées, ses bibliothèques, ses six théâtres, dont un français et deux pour opéras, ses huit hôpitaux, ses asiles d'aliénés, son établissement pénitentiaire, sa bourse, ses sociétés de secours mutuels et ses associations de charité pour les femmes et les enfants, font de Buenos-Ayres la première ville de l'Amérique espagnole. — Viennent ensuite : Rosario, sur le Parana, le port principal après Buenos-Ayres, entrepôt du commerce avec les provinces, 30,000 habitants; — Cordova, belle ville, à 110 lieues du Rio-Parana, peuplée de 35,000 âmes, et le centre du commerce de l'intérieur; — Tu-
<suman, ville active et industrieuse, de 15,000 âmes; — Salta, centre des affaires avec la Bolivie, à 400 lieues de Rosario; — - Mendoza, complètement renversée par le tremblement de terre de 1861, qui fit périr 12,000 habitants; mais elle se relève rapidement de ses ruines et redevient l'entrepôt du commerce de l'intérieur avec le Chili, comme Salta l'est des transactions avec la Bolivie. — Dans la région des fleuves, on compte sur le Rio-Parana : Santa-Fé, la plus ancienne ville du pays, rendue florissante par les colonies agricoles dont elle est entourée; — Bajada del Parana, capitale de la Confédération pendant huit années, siège de Tévôché du littoral; — Goya, dans le sud de la province de Corrientes; Gorrientes, ville de 25,000 âmes, admirablement située, à 300 lieues de l'Océan, sur la rive gauche de l'immense Parana, presque en face des bouches du Rio-Paraguay; cette dernière rivière est navigable comme le fleuve qui la reçoit, pour les navires d'outre-mer, jusqu'à. l'Assomption, autre capitale de 20,000 âmes, dans la république du Paraguay. — La Plata, le Parana et le Rio-Paraguay forment ainsi une ligne fluviale non interrompue de 370 lieues marines, accessible aux navires transatlantiques ne calant pas plus de 4 mètres d'eau.
Le Rio-Uruguay possède les ports de Gualeguaychu, Conception de l'Uruguay et Goncordia, groupes de 8,000 âmes chacun, dans la province d'Entre-Rios, et sièges d'un commerce considérable d'importations européennes et d'exportations de produits en laines, cuirs, viandes salées, etc. Sur le Haut-Uruguay, la ville de la Restauration, située sous le 30° degré de latitude, dans la province de Corrientes, centralise entièrement tout le commerce du territoire des Missions, et surtout l'exportation de la yerba-maté, article de première nécessité dans le bassin de la Plata.
Indépendamment de ces principaux centres de population, il en surgit chaque jour de nouveaux, principalement dans la région du littoral, à cause de la facilité des communications fluviales par l'Uruguay, le Parana, le Gualeguay et d'autres rivières affluentes. L'esprit pratique des propriétaires du sol se tourne vers les entreprises agricoles, et l'on a compris tout l'avantage des colonisations ayant pour but le travail de la terre et l'organisation des cultures industrielles : (co-
ton, tabac, arachide, plantes tinctoriales, cochenillées), (pie le climat favorise d'une manière spéciale.
Ces industries restreindront celles du bétail; mais elles contribueront à l'accroissement de la population, à l'essor de la civilisation générale et au développement indéfini des richesses d'un pays où la nature a déposé, d'une main si libérale, tant d'éléments d'expansion et tant de germes de fécondité.
Paris. — Imp. polyglotte de L. HUGON1S, 56, rue N.-D.-de-Lorette. #
Exposition Universelle db Paris