LES DÉCOUVERTES RÉCENTES
rôle et l'on distingue à cette heure deux catégories de micro-organismes fixant Tazote gazeux. Des champignons peuvent en outre accomplir la même tâche. La présence de l'humus dans la terre facilite et active le travail des agents fixateurs d'azote libre.
D'autre part, l'aération de la couche arable superficielle où pullulent ces agents -est nécessaire à leur vie. La pratique de l'enfouissement des végétaux servant d'engrais verts se trouve ainsi justifiée. L'utilité de la jachère qui permet d'aérer le sol et d'enfouir une végétation spontanée est encore expliquée.
Fréquemment remuée et pulvérisée à sa surface, la terre n'est pas seulement le théâtre d'une nitrification plus active, elle s'enrichit encore en azote libre que fixent les micro-organismes. Le travail superficiel des terres, dont l'efficacité est bien connue, devient une pratique que la biologie du sol justifie. Il y a plus.
Cette fixation d'azote gazeux est favorisée par une dose constante d'humidité, et la pratique des irrigations est éclairée par la* connaissance de ces phénomènes restés si longtemps inconnus.
Les expériences précises d'Hellriegel et de Wilfarlh nous ont encore appris que les plantes de la famille des Légumineuses (pois, lupins, luzernes) fixent l'azote de l'air, grâce à l'intervention de bactéries spéciales — placées sur les racines dans des nodosités.
On a pu inoculer ces bactéries en piquant les racines des légumineuses avec une fine aiguille trempée dans le liquide des nodosités bien développées sur d'autres racines.
Le rôle améliorant reconnu aux plantes de cette famille est désormais expliqué. Ce n'est pas seulement au sol que les légumineuses empruntent l'azote qu'elles réclament et qu'elles renferment. L'air
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leur fournit — gratuitement pour nous — une partie de cette substance.
Jusqu'ici nous avons vu que les micro-organismes agissaient sur Tazote organique qui subissait une transformation et formait de Vammoniaque. L'azote ammoniacal, à son tour, est transformé par oxydation microbienne en azote nitreux, et enfin Tazote nitreox, oxydé par un microbe spécifique, distinct du précédent, devient de Tazote nitrique.
L'action des ferments du sol aboutit en définitive à la production de nitrates qui exercent sur la fertilité des terres une influence décisive.
Ce sont là les transformations utiles des microorganismes transformant l'azote. — D'autres microbes spécifiques agissent en sens inverse et dénitrifient les nitrates pour les ramener à titres de nitrites. L'excès de matières carbonées dans le sol paraît favoriser cette action nuisible. Par suite, l'incorporation de fumier au moment de l'activité des uitrifications dans la terre arable devient nuisible, et Texcès d'bumidité provoque le même phénomène d'arrêt de la nitrification, ou même de dénitrification.
On voit quelle est l'extraordinaire difficulté da rôle de l'agriculteur en présence de tous les phénomènes capables de favoriser ses intérêts, ou de leur nuire, de la façon la plus imprévue. La fertilité du sol est la résultante d'actions combinées d'une variété presque infinie, et la connaissance de la biologie des terres explique la lenteur des progrès de l'art agricole, le plus difficile de tous si l'on songe que l'action de l'homme s'exefce sur des transformations dont les conditions — à peine connues aujourd'hui — peuvent varier sans cesse.
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Cette fertilité du sol — condition même des profils culturaux — nous apparaît jusqu'ici comme une conséquence de l'abondance des aliments de la plante dans la terre arable. La fertilité ne dépendrait-elle pas aussi de la présence ou de Tabsence d'un certain nombre de poisons spéciaux qui nuisent au développement des végétaux?
C'est là une théorie ancienne qu'un chimiste américain, Whitney, vient de renouveler à la suite d'expériences retentissantes.
Nous allons en parler pour compléter ce chapitre.