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CHAPITRE XII L'action de rbomme sur la plante

La Terre^ comme nous Tavons dit, n'est'pas le seul agent de transformation et de production agricoles. Il nous faut parler maintenant du second de ces agents, c'est-à-dire de la Plante.

Le végétal cultivé a pour fonction propre d'élaborer les produits utiles que l'homme se propose de recueillir et qui constituent eux-mêmes, soit des denrées alimentaires, telles que les légumes ou les fruits, soit des matières premières telles que les fourrages destinés aux animaux.

Or, dans un même sol, sous un même climat, placées dans les mêmes conditions de vie et de développement, toutes les espèces ou toutes les variétés végétales ne donnent pas la même quantité de matières utiles. Certaines plantes ont la faculté de « travailler » à notre profit avec plus de puissance et de faire un meilleur usage, par conséquent, des aliments puisés dans le soi.

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Un exemple curieux des différences observées à cet égard nous est fourni par les expériences de Dehérain sur les blés à grands rendements.

« J'ai eu, dit-il *j en 1885, la preuve que le choix de la variété exerce une influence décisive sur l'abondance des récoltes ; persuadé, dès cette époque, où les prix étaient tombée très bas, que la seule chance de lutter Tictorieusement contre leur avilissement était Taugmentation des rendements, je recherchai tout d*abord les variétés à paille assez rigide pour supporter de fortes fumures sans verser, et je mis en comparaison les variétés les plus renommées comme résistance à la verse.

« Le « Rouge d'Ecosse » ne put supporter la fumure excessive que j'avais donnée précisément pour connaître la puissance de résistance de ces variétés; les autres blés restèrent debout, mais les rendements furent bien différents : tandis que le blé à épi carré donna la valeur de 40 quintaux métriques de grains à l'hectare, correspondant à 50 hectolitres, le blé bleu de Noé ne fournit que 30 quintaux : or, la fumure, l'exposition, la ûature du sol, étant identiques, la différence était due exclusivement à la nature de la variété semée.

« A cette même époque, un grand industriel du Pas-de-Calais, M. Porion, passionné pour la culture, persuadé comme moi qu'il fallait élever les rendements, me pria de l'aider de mes conseils; il avait reconnu comme moi les avantages du blé à épi carré, et d'un commun accord nous portâmes tous nos efforts sur cette variété. Elle est admirablement appropriée à la région septentrionale et y donna dès cette époque

1. P.-P. DïHÉRAm. Les Plantes de grande culture. Paris, chef Naud, 1893, 1 vol. in-8«.

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des rendements qui parurent fabuleux : on obtint en 1886 dans plusieurs pièces dépassant un hectare, au delà de 45 quintaux, correspondant à 60 hectolitres.

« Ces résultats furent publiés. M. Porion vendit la plus grande partie de sa récolte comme blé de semence, et pour savoir si cette variété était capable de donner, dans des terres peut-être moins fertiles que celles du Pas-de-Calais, et dans des climats différents, des récoltes aussi abondantes, nous adressâmes aux acheteurs du blé de semence un questionnaire; les réponses ne se firent pas attendre, les résultats étaient ou défavorables ou peu avantageux dans la région méridionale; dans la France centrale, ils étaient déjà meilleurs. Cependant à Grignon (S.-et-O.) je ne récoltai en moyenne que 33,4 quintaux au lieu des 40 de Tannée précédente ; dans le Nord et le Pasde-Calais au contraire, on obtint du blé à épi carré des résultats admirables : 40 et 45 quintaux. »

Deux conclusions également intéressantes se dégagent de ces faits.

!• Les différences de variétés des végétaux exercent une influence certaine sur leur productivité ;

2* Cette productivité est elle-même liée à d'autres influences, de telle sorte que la solution du problème agricole varie avec la nature des sols, avec les climats, etc.

En d'autres termes, cette solution n'est pas unique; on n'a pas trouvé, par exemple, comme l'a observé Dehérain, une variété de blé supérieure aux autres dans tous les cas.

La difficulté des recherches est ainsi accrue, de même que la lenteur des progrès agricoles devient explicable. Cette difficulté est même extrême quand on envisage toutes les qualités que doit pçsséder une espèce végétale pour donner satisfaction au cultiva-

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teur. Il faut, par exemple, que le blé choisi puisse être semé à Tépoque imposée par renlèvement de la recolle précédente, que le blé profite dans de bonnes conditions des fumures nécessaires à la plante cultivée avant lui, qu41 soit assez précoce ou tardif pour ne pas souffrir d'un climat spécial...

L'adaptation d'une variété à toutes ces circonstances variables est une œuvre des plus délicates. Nous venons de voir cependant que Ton pouvait accomplir cette tâche. L'exemple du succès obtenu dans le Pasde-Calais par Tusage du blé à épi carré démontre la possibilité de réussir.

Dans d'autres régions, d'autres variétés de froment ont été choisies, modifiées, et, en fin de compte, adoptées définitivement parce qu'elles présentaient des avantages analogues. L'accroissement incontestable des rendements du blé dans (a France entière est dû partiellement au choix des semences. Ce progrès peut même être attribué, non pas à l'emploi d'une seule variété parfaitement adaptée aux circonstances locales, mais à l'usage d'un mélange qui permet de compenser, selon les influences climatériques différentes chaque année, les chances bonnes ou mauvaises.

Dans un excellent travail * sur « le choir des variétés de plantes cultivées », M. Brétignière, pr<yfesseur à l'Ecole de Grignon, dit très judicieusement: « Il e^* reconnu actuellement qu'en général les blés mélangés sont supérieurs aux blés purs : leur emploi conduit aux meilleurs rendements. On signale, il est vrai, des rendements considérables obtenus avec un blé pur et méticuleusement sélectionné ; mais, pour que ce blé

1. Mémoire couronné par la Société d'Agriculture de S^^-^eet-Oise. Paris, chez Amat, 1912.

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donne dans un lieu déterminé un très haut rendement, dans tous les cas supérieur à celui qui serait obtenu avec n'importe quel mélange, il est absolument indispensable que cette variété (représentant en l'espèce un organisme très exigeant) rencontre, comme sol et comme climat, les conditions idéales de développement. 11 faut que le sol soit suffisamment riche pour que la plante y puise les éléments nécessaires à sa constitution, ceux-ci étant dans un état d'équilibre correspondant à la composition normale de la plante Il faut enfin' que la pluie soit assez abondante, que la. température soit régulière, qu'il n'y ait pas de périodes de sécheresse ni d'humidité excessives, pas de craintes de gelées ni de coups de soleil, etc.

« En dehors de ces situations excessivement rares, tout au moins dans la région parisienne (et même ailleurs) comme un blé déterminé peut avoir à souffrir à un moment donné de l'une.de ces intempéries^ il y a toujours un type très voisin, deux types même^ qui sont presque aussi bien adaptés^ mais qui diffèrent légèrement par le degré de résistance au froid, à la rouille, à l'échaudage, etc., etc., et de cette association de risques, naît une plus grande sécurité pour l'agriculteur, c'est-à-dire un fort rendement. »

En fait, l'observation attentive des réalités a depuis longtemps instruit les cultivateurs et déterminé leur choix. L'amélioration de la plante est donc un des progrès les plus marqués que l'on ait constatés à propos de la culture du blé. l\ en est de même pour les autres céréales, et nous allons montrer que les plantes industrielles ont été l'objet des mêmes soiûs.

Ainsi la culture des pommes de terre avait fait, en France, de grands progrès durant la première moitié

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du XIX* siècle. Plus tard, de 1852 à 1862, la production a même doublé.

Ce développement paraissait suspendu à partir de 1870, et l'on constatait en particulier que les rendements à l'hectare n'augmentaient pas d'une façon sensible. Lors de l'enquête agricole décennale de 1882, l'étendue consacrée aux pommes de terre était de 1.300.000 hectares environ; la production s'élevait à 100 millions de quintaux, et le rendement moyen ne dépassait pas 7.500 kilogrammes à l'hectare. Sans doute celle moyenne était fort trompeuse et il ne faudrait pas croire que dans toutes les régions de la France on ne recueillît pas plus de 75 quintaux par unité de surface. Le rendement s'élevait à 100 quintaux dans une vingtaine de départements et beaucoup de cultivateurs habiles avaient dépassé ce chiffre dans leurs exploitations.

Il n'en était pas moins vrai que la récolte moyenne était, en Belgique, de 12.000 kilogrammes, par hectare, en Angleterre, de près de 15.000 kilogrammes, tandis que dans certaines parties de l'Allemagne, elle dépassait normalement 20.000 kilogrammes, ou 200 quintaux. Etait-il possible d'augmenter la production française? Pouvait-on accroître ainsi la masse d'une denrée si précieuse, si fréquemment employée pour des usages industriels ?

M. Aimé Girard, dont les beaux travaux sont restés classiques, a étudié le problème et l'a résolu non seulement avec succès, mais encore, on peut le dire, avec éclat. Il a prouvé que la grande culture peut obtenir aujourd'hui des rendements de 30.000 à 40.000 kilogrammes de tubercules à l'hectare. Une s'agit pas en effet d'essais pratiqués dans un champ d'expériences, sur quelques ares, ou dans un jardin. Les chiffres si remarquables que nous venons de citer se

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rapportent à des surfaces étendues ; ce sont des praticiens qui les ont constatés^ et, les exploitations dans lesquelles ils ont été obtenus sont, en outre, situées dans des régions différentes.

Comme Ta dit avec raison M. A. Girard, il semble permis de considérer comme résolue la question de la culture de la pomme de terre industrielle et fourragère en France. A la suite de quelles recherches M. Girard a-t-il obtenu les résultats cités plus haut? Nous allons le voir, il' s'agit précisément du choix des variétés, et par suite de Tamélioration de cet agent de transformation qui se nomme : la Plante.

Les premiers essais institués par Féminent agronome ont eu pour but de rechercher s'il était possible d'obtenir en France, sur des terres et dans des climats différents, les rendements élevés que la- culture de quelques variétés choisies assurait aux agriculteurs de TAllemagne.

Entreprises en 1886, ces expériences donnèrent des résultats décisifs. Quatre variétés de plants venus de Saxe et semés dans les champ d'expériences de Clichysous-Bois et de Joinville, donnèrent des récoltes non seulement égales mais encore supérieures à celles que Je producteur allemand avait annoncées.

Une autre série d'expériences, instituées en même temps sur les mêmes terres, montrait que certaines variétés françaises à grands rendements permettaient d'obtenir un poids de tubercules presque aussi élevé et variant, par exemple, de 25.000 à 37.000 kilogrammes par hectare, alors que la moyenne obtenue en France ne dépassait 7.500 kilogrammes.

Ces premiers résultats étaient déjà intéressants, mais il fallait évidemment continuer toutes les expériences comparatives, augmenter les surfaces cultivées, et voir, notamment, si les plants d'origine

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allemande avaient transmis à leurs descendants la fécondité qui les distinguait.

En 1887, malgré des circonstances climatériques défavorables, ce dernier problème paraissait résolu. Les rendements obtenus d'une part, au moyen de la culture des plants venus directement d'Allemagne, et d'autre part, en faisant usage des plants Issus des variétés importées l'année précédente, prouvèrent qu'il était possible de conserver aux variétés allemandes la productivité dont elles jouissaient dans leur pays d'origine.

En outre une culture plus étendue permit de constater la supériorité des variétés d'origine allemande et celle des meilleurs plants français, sur les espèces généralement cultivées dans notre pays.

Malgré les conditions défavorables de la culture en 1887, les rendements obtenus par M. Girard furent généralement triples ou même quadruples de ceux dont se contentaient trop souvent les agriculteurs français.

Les expériences de 1888, instituées dans des conditions nouvelles se rapprochant davantage de celles de la grande culture, confirmèrent les observations précédentes et servirent de base solide aux conclusions que M. Girard crut pouvoir en tirer.

Non content d'accroître le poids des tubercules récoltés et de constater la supériorité considérable des rendements obtenus sur ceux de la culture ordinaire, il se proposa, en outre, de déterminer la richesse en fécule des différentes variétés. Cette richesse exerce, en effet, une influence décisive sur la. valeur marchande de la pomme de terre industrielle, qui est précisément utilisée pour la fabrication de la fécule. Il fut alors possible de désigner les variétés qui — toutes choses égales d'ailleurs — fournissaient ^^ plus grand poids de fécule à l'hectare.

Un second problème était désormais résolu et c'était bien toujours la transformation de cette « machine vivante », la Plante qui était ainsi réalisée.

11 ne faut pas croire d'ailleurs que les progrès dont nous venons de parler aient été obtenus en utilisant simplement des variétés productives, sans s'inquiéter des conditions diverses qui exercent une influence sur les récoltes, et conservent aux variétés sélectionnées la supériorité productive qu'elles ont une fois révélée. Ces conditions culturales doivent être au contraire déterminées soigneusement, et M. Girard les a précisément étudiées avec une habileté et une rigueur scientifiques qui donnent à ses remarquables travaux une valeur aussi bien qu'une portée considérables.

L'observation des règles ainsi tracées est délicate, elle suppose des connaissances, elle entraîne des frais. Ceci explique la lenteur des progrès généraux et démontre encore la dépendance étroite des transformations culturales par rapport au développement de l'épargne, puisque l'accroissement des avances faites par le cultivateur, sous forme de fumures ou tie travaux, comporte l'augmentation parallèle de soa capital d'exploitation.

Qu'il s'agisse de l'amélioration de la plante ou de celle du sol, on voit ainsi que le problème économique est inséparable du problème technique. Le premier doit être résolu pour permettre la solution du second.

Un exemple plus frappant encore de la transformation de la plante nous est fourni par l'amélioratioa des variétés de betteraves à sucre. .

Les conditions industrielles de la fabricatioa du

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sucre en France ont été modifiées le jour où Ton a compris qu'il était possible d'augmenter la richesse en sucre des racines produites avec les semences de variétés améliorées. Toute notre législation fiscale sur les sucres a reposé précisément, de 1884 à 1903, sur la possibilité reconnue et désirée d'accroître le rendement en sucre d'une tonne de betterave.

Cette question vaut d'être exposée avec quelques détails pour montrer la portée des faits d'ordre technique dont nous nous occupons dans ce chapitre.

La loi du 24 juillet 1884 a transformé dans notre pays la législation sucrière. Indiquons rapidement les principes nouveaux qu'elle consacre.

C'est le principe de la taxation des matières premières, c'est-à-dire de la betterave, qui constitue l'innovation importante de la loi de 1884. — Le dégrèvement opéré en 1880 sur les sucres ayant donné de mauvais résultats au point de vue budgétaire, on éleva au contraire la taxe de conso mmation portée de 40 francs à 50 francs par quintal de sucre raffiné; mais ce droit fut perçu si^r la betterave d'après un rendement légal qui devait être de 5 à 6 kilogrammes par quintal de racines pendant les trois campagnes 1884-85, 1885-86, 1886-87 et selon les procédés d'extraction employés dans les fabriques.

Ce rendement légal de 5 à 6 "/« de sucre était inférieur au rendement réel. Il était donc à prévoir que la sucrerie indigène réussissant à extraire 7 ou 8 «/o de sucre recevrait, comme bonij 2 •/o de sucre indemne. Ces deux kilos de sucre vendus dans les mêmes conditions de prix que les sucres ayant effectivement acquitté la taxe de 50 francs par 100 kilogrammes, devaient constituer une prime de fabrication^ ou au besoin une prime d'exportation.

Dans la pensée du législateur, cette prime devait

également servir à compenser les dépenses occasionnées par le perfectionnement de l'outillage industriel, et contribuer à élever le prix d'achat des betteraves riches que le cultivateur s'efforcerait désormais de substituer aux betteraves relativement pauvres qu'il fournissait autrefois.

On pensait concilier de cette façon, et les intérêts de la sucrerie, et ceux des cultivateurs de betteraves. Le relèvement du droit de consommation servait en outre à atténuer les sacrifices du Trésor et à grossir ses recettes.

Il est juste de reconnaître, et nous n'hésitons pas un instant à dire que la double transformation imposée à la culture dans les régions betteravières, et à la sucrerie indigène, fut accomplie avec une extrême rapidité.

Les agriculteurs ne tardèrent pas à substituer des graines de betteraves riches aux semences qu'ils avaient employées jusque-là. — Ils modifièrent, également l'écartement de leurs semis, les façons culturales et les fumures pour obtenir les racines que la sucrerie exigeait d'eux et qu'elle pouvait seules traiter désormais.

En même temps les fabriques transformaient leur outillage. En 1885, on ne comptait que 204 usines possédant des appareils à diffusion. Cinq ans après il en existait 359.

Le rendement moyen en sucre par tonne de betterave augmentait aussi :

Rendement en sucre par tonne de betteraves.

Kilogrammes.

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En sept ans, le rendement des betteraves passait de 5,5 Vo à 10 Vo? augmentant de 81 °/o.

La transformation qu'avait prévue la loi de 1884 a donc été réalisée avec autant de rapidité que d'intelligence. Nos exportations s'accroissaient en même temps que nos importations diminuaient.

11 semblait donc que la question des sucres fût définitivement résolue.

La période de prospérité, de développement et de satisfaction devait être malheureusement fort courte. Déjà en 1895, onze ans seulement après la mise en vigueur de la loi nouvelle, des signes de malaise s'observaient. Au mois de janvier 1897 la crise devenait si grave que le Parlement discutait les mesures propres à l'atténuer, et notam*ment l'attribution de primes d'exportation, seul remède .assez énergique, paraît-il, pour sauver l'industrie sucrière dans notre pays.

Il n'en est pas moins vrai que les progrès accomplis dans la culture sont dus presque exclusivement & l'emploi de betteraves riches en sucre, et que de 1883 à 1890, par exemple, cette richesse a doublé. C'est ce que prouve clairement le tableau dressé plus haut à propos du rendement en sucre par tonne de betteraves traitées*

Les Allemands nous avaient précédés dans cette voie. Avant 1884, pendant que nous tirions de 5 à 6 ^/o de sucre des betteraves de variétés ordinaires, TAllemagne obtenait 8 «/o et améliorait progressivement ses rendements de la façon suivante :

En 1871-1872. ... 8,2 «/o de sucre brut.

Sans doute, dans l'un et l'autre pays, les méthodes

d'extraction se sont perfectionnées et les progrès des rendements en sucre par tonne de betteraves résulte également de cette transformation.

L'accroissement de la richesse saccharine de la racine est cependant certaine.

A l'heure actuelle, l'amélioration de la betterave a été généralisée dans l'Europe entière et l'on peut deviner sans peine la portée économique de celte transformation.

L'augmentation ou le maintien de la richesse des betteraves est d'ailleurs une œuvre qui se poursuit et doit être poursuivie sous peine d'échec avec patience.

Le cultivateur lutte ici contre les lois de la vie.

Dans un travail excellent sur la Variation et là Sélection chez les plantes agricoles^j M. Pierre Berthaull écrivait dernièrement:

a Pour la betterave, la sélection portant sur la richesse saccharine de la racine et sur son poids a été poursuivie et n'a pas donné de formes fixées. Qu'on transporte dans de mauvaises conditions de sol nos betteraves les plus riches, qu'on les y multiplie plusieurs années âans choisir, à chaque plantation de porte-graines, les individus les plus modifiés dans le sens de l'amélioration, et le retour aux types pauvres et de mauvaise forme se fera rapidement.

« Toutes ces améliorations de caractères fluctuants sont sous la dépendance des procédés culturaux: l'écartement des semis, les binages, la richesse et la fertilisation du sol, permettent l'exagération ou la diminution des caractères fluctuants. Plus cette amélioration aura été longue et suivie, plus le caractère fluctuant persistera, mais jamais il ne se maintiendra; toujours, au bout de quelques années, si avec la

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