Voir , i!. Block, Statistique de la France, t
2. Chiflre empranlé à lEnquête agricole de 1882, introdac- U^, p. 227.
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Le progrès est donc caractéristique, surtout pour les jeunes. Il est clair que ce fait prouve Tamélioration continue de notre bétail et, d'autre part, Taccroissement notable de nos effectifs durant la rhème période est plus grand qu'il ne parait, puisque chaque unité pèse plus que Tunité correspondante du troupeau dénombré en 1840. On observe d'ailleurs les mômes progrès à l'étranger. Enfin, les augmentations du poids individuel correspondent la plupart du temps à un meilleur rendement en viande nette.
Les animaux améliorés se distinguent par la supériorité des masses musculaires comestibles et non pas par le développement du squelette ou des parties du eorps qui doivent être considérées comme des déchets industriels.
Un bœuf ordinaire fournit 50 **/o de son poids brut en viande netle. Le même animal de boucherie appartenant à une race ou variété améliorée en donne 70 «/o».
Tout le monde connaît — au moins de nom — la variété anglaise améliorée de bovidés désignée sous le nom de Durharriy ou courtes-cornes, créée, on peut le dire, à l'aide d'une sélection attentive et grâce à des soins intelligents, par deux éleveurs, les frères Charles et Robert Colling. Cette variété avait précisément acquis toutes les qualités dont nous avons parlé plus haut : précocité, poids individuel très élevé, rendements considérables en viande nette.
Les résultats remarquables obtenus par les Anglais ont mis en lumière les avantages d'une méthode. Nos i éleveurs français l'ont appliquée; ils ont élevé eal France, nvec un succès éclatant, des animaux de laJ même variété dont les qualités ne le cèdent en rien i
^1. Voir à ce sujet : Sanson, loc. cit., t. IV, p. 127.
celles qui distinguent les Durham anglais. Bien mieux, ils ont amélioré par la même méthode les autres variétés de notre pays et les ont transformées sans avoir recours au croisement.
Le môme exemple a été suivi en Europe et aux Etats» Unis. A cette heure, les étables des bons éleveurs de TAmérique du Nord renferment des animaux qui sont aussi parfaits que les meilleurs types de France ou (l'Angleterre.
Les progrès réalisés dans l'élevage des bovidés ont été accomplis pour les autres animaux de boucherie, porcs et moutons. La précocité, l'augmentation du poids individuel et des rendements en viande ne sont pas moins remarquables pour cette partie de notre troupeau, et à l'étranger on a suivi la même voie. Les Anglais nous avaient même donné l'exemple en créant pour les moutons et les porcs d'admirables variétés dont les qualités transmises par le' croisement ont exercé une influence heureuse sur l'élevage dans le monde entier.
Pour le cheval, voire môme pour le mulet, des progrès analogues ont été réalisés. La fonction économique spéciale de ces animaux consiste à produire de la force et à servir de moteurs animés. Les circonstances dans lesquelles cette fonction s'exerce varient évidemment avec les besoins de la culture, de l'industrie, ou môme de l'armée. Il a donc fallu adapter les races ou variétés aux besoins à satisfaire.
En France, aussi bien (si ce n'est mieux encore; qu'en Belgique, en Angleterre, en Allemagne, etc., etc., nous avons précisément réalisé les transformations nécessaires. Nos races du Percbe, de la Bretagne, du Boulonnais, etc., etc., constituent des types remarquables du cheval de gros trait ou de trait léger, et les meilleurs résultats ont été obtenus
par nos éleveurs, grâce à l'emploi des méthodes qui avaient permis d'améliorer notre bétail. L'Etat n'est même intervenu que pour produire certains types nécessaires à la remonte de notre cavalerie, et son influence ne s'est pas fait sentir en ce qui concerne le cheval de trait ordinaire appartenant aux meilleures variétés comme celle du Perche*.
Dans un pays comme le nôtre, Télevage d'un auxiliaire aussi précieux que le mulet a même été l'objet de progrès notables, et les produits obtenus par les éleveurs du Poitou ou du Dauphiné sont estimés aussi bien qu'exportés dans le monde entier.
EnOn, la fonction économique des animaux de bassecour a été améliorée par les méthodes ordinaires de sélection non seulement en France mais chez tous les peuples civilisés.
Ce sont là des observations générales qui doivent être complétées et en quelque sorte illustrées par des exemples. Nous ne pouvons mieux faire qu'en montrant comment la sélection zootechnique exerce son influence sur la machine animale.
A cet égard, les sociétés de contrôle laitier qui fonctionnent très heureusement au Danemark et que l'on vient de constituer en Normandie, ont rendu des services efûcaces. En décrivant leur mode d'action, H. René Berge, président de la Société de contrôle du Normand Cauchois, a mérité notre gratitude.
D'après lui, le but du contrôle laitier est de préciser
1. L'opportunité de l'intervention de l'Etat par l'intenhédiaire des Haras est fort discutable et discutée. Voir Sânson, Traité de zootechnie, t. III, p. 259.
exactement les aptitudes laitières et beurrières des vaches, aOn d'arriver, par rélimination de celles qui ne donnent qu'un faible produit, à constituer un troupeau donnant le rendement le plus élevé possible.
« Le contrôle laitier, ajoute M. Berge ^, est le seul moyen absolument sûr et efficace dont puissent se servir les éleveurs'' pour augmenter rapidement les produits et la valeur de leurs animaux par la sélection. Ce merveilleux instrument de progrès a fait ses preuves depuis nombre d'années à l'étranger, et les Danois, en particulier, qui ont entièrement supplanté les Français, il y a une quinzaine d'années, pour l'approvisionnement en beurre du marché anglais, s'en sont servis avec un succès éclatant. »
Les Sociétés de contrôle laitier sont, paraît-il, fort nombreuses en Suisse, en Allemagne, en Suède, en Norvège, et rendent partout des services importants.
Quel est le principe général appliqué et dont la fécondité semble bien établie?
Pour que la production du lait donne des profits aussi élevés que possible, il est nécessaire de nourrir des animaux bien choisis, utilisant par suite, dans les meilleures conditions /înanciére*, les aliments qui leur sont donnés. Certes, la composition de la ration est intéressante à connaître et à régler, mais une bonne alimentation ne donne de bons effets qu'à la condition d'être utilisée par des animaux bien sélectionnés. L'individualité est un élément du plus haut intérêt dans le succès des spéculations de laiterie.
La vache laitière, dit M. Berge, est une machine qui transforme en lait une partie des aliments qu'elle reçoit. Or, pour qu'une machine ait un bon rendement, il