‹ L'agriculture moderne: (8. mille)Chapitre 58 sur 81 · LA STATISTIQUE DE LA PRODUCTION LES PRODUITS COLONIAUX · texte numérisé non relu

LA STATISTIQUE DE LA PRODUCTION LES PRODUITS COLONIAUX

Nous ayons passé en revue, dans la première partie de cet ouvrage, les principales questions techniques qui se rapportent aux transformations et au développement de rAgricuIlure moderne.

Quel est le résultat économique obtenu?

Le plus saillant, le plus important, est, à coup sûr, Taccroissement de* la valeur produite, correspondant la plupart du temps aux augmentations des quantités. Sans avoir recours à de longues citations de chiiTres, il est possible de marquer, à Taide de quelques traits précis, le sens et Tampleur du progrès agricole.

Depuis un siècle la productivité de TAgriculture française a quadruplé, si nous tenons compte des valeurs créées par elle et représentées par son produit brut.

« Ce produit brut », selon l'heureuse et juste définition donnée par L. de Lavergne* et par Lavoisier, est la somme exprimée en francs, qui correspond

1 . Il est nécessaire de préciser la définition du produit brut pour être bien compris. Voici comment L. db Lavergnb, dans son ouvrage sur V Economie rurale de l'Angleterre (p. 72), s'explique à ce sujet :

a Les statistiques les mieux faites et les plus officielles contiennent des doubles emplois. Ainsi, dans la Statistique de la France, le produit des animaux figure trois fois ; d'abord comme revenu des prés et pâturages, ensuite comme revenu des animaux vivants, enfin comme revenu des animaux abattus. Ces trois n'en forment qu'un : c'est le revenu des animaux abattus qu'il faut prendre, en ajoutant la valeur du laitage pour les vaches, celle de la laine pour les moutons, et le prix des chevaux élevés jusqu'à l'âge où ils se vendent d'ordinaire, c'est-àdire vers trois ans. Tout le reste n'est qu'une série de moyens de production qui s'enchaînent pour arriver au produit réel, c'està-dire à ce qui sert à la consommation humaine, soit dans la ferme elle-même, soit au dehors. Il n'est pas plus rationnel de porter en compte la quantité qui sert à renouveler les semences ; les semences ne sont pas un produit, mais un capital ; la terre les rend après les avoir reçues.

« Enfin, il est impossible de compter, comme le font quelques statistiques, les valeurs des pailles et des fumiers ; les fumiers sont bien évidemment, sauf une exception importante, un moyen de production; et, quant aux pailles, elles ne constituent un produit qu'autant qu'elles servent hors de la ferme, par exemple, à nourrir les chevaux employés à d'autres usages/

« Tout ce qui ^e consonmie dans la ferme ell^môme pour obtenir la production, comme la nourriture des animaux de travail et môme des animaux en général, les litières, les fumiers, les semences, doit figurer dans les moyens de production et non dans les produits.

« // n'y a de véritables produits que ce qui peut être vendu ou donné en salaires, »

Il faut ajouter même que les aliments achetés ou les engrais importés sont des moyens de production dont la valeur doit être retranchée du produit brut apparent. Le prix des animaux maigres revendus gras doit aussi être déduit.

Le produit brut est la êomme dei paieurs créées dam l'exploit tation rurale.

au total des produits vendus ou susceptibles d^être venduSj déduction faite des moyens de production tels que les fourrages consommés par les animaux y les semences y les engrais achetés au dehors et (es aliments fournis par Vindustrie à l* Agriculture.

Au début du xix° siècle, la masse de tous les produits agricoles vendus, ou susceptibles d'être vendus, représentait 3 milliards de francs*. En 1850, ce chiffre peut être porté à 5 milliards, et à 7 milliards, vers 1870 ; en 1890, il s'élève à 11 milliards, et depuis le commencement du xx** siècle, la hausse rapide des prix Ta porté sans doute à plus de 12 milliards. En cent ans, la valeur de la production agricole a donc quadruplé.

Ce ne sont là, il est vrai, que des « valeurs » dépendant, par suite, des variations des prix.

Il importe surtout de connaître Faugmentation des quantités. Rien de plus facile que de mettre en relief le développement de la production envisagée à ce dernier point de vue.

Voici par exemple quelles ont été les récoltes annuelles de céréales depuis 1834 jusqu'à 1905 ^ :

Récoltes des céréales en France.

Hoyennnes décennales en millions d'hectolitres.

Froment. . .

Méleil. . . .

Soigle. . . .

Orge ....

Avoine . . .

Sarrazin. . .

Millet, inaïf?.

i. D'après Léonce de Lavergne.

2. Voir à ce sujet notre ouvrage : ie Blé et les Céréalos, p. 23 et seq. Paris, chez Dohi. 1909, 1 vol.

L AGRICULTURB MODERNE

CerteSy est visible que les quantités totales se sokI accrues, mais en examinant ce tableau on voit que

Béoolteê du blé «n France.

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